Split Decision
First Run Features

Réalisateur: Marcy Garriott
Année: 2002
Classification: NR
Durée: 58 / 72 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 10
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
20 mars 2004

Gagnant du prix de meilleur documentaire au CineFestival de San Antonio, "Split Decision", le premier film de Marcy Garriott, nous offre un portrait touchant et convainquant de Gabriel Jesus Sandoval Chavez, un jeune boxeur courageux et déterminé à la poursuite de la rédemption, du rêve américain et de sa propre identité.

Sa famille ayant immigré illégalement aux États-Unis quand il était encore tout jeune, Jesus a grandi comme un Américain dans une banlieue pauvre de Chicago. Pas mauvais à l'école, il travaille au McDo, découvre la boxe à laquelle il excelle et joint un gang de rues pour se faire des amis. En septembre 1990, impliqué dans un vol à main armée dans une épicerie, Jesus est arrêté et condamné à trois ans et demi de prison. Il a dix-sept ans. À sa sortie, pour se mettre à l'abri des mauvaises fréquentations, Jesus s'établit à Austin au Texas où il recommence à boxer sous la tutelle de Richard Lord. Doté d'un talent exceptionnel, il passe chez les pros après seulement deux combats amateurs et défait tous les adversaires auxquels il est confronté. En moins de deux ans, Jesus "El Matador" Chavez conquiert le titre des super-plumes de la NABF (North American Boxing Federation). Jesus a maintenant l'oeil sur le titre mondial.

Sauf qu'il y a un problème. Jesus est né au Mexique et est toujours immigrant illégal. Et en 1996, le Congrès passe deux lois très sévères et applicables rétroactivement qui rendent quasi impossible, même pour un immigrant légal, de demeurer aux États-Unis s'il possède un dossier criminel. En 1997, Jesus est donc déporté au Mexique, laissant derrière lui la nouvelle vie qu'il s'était bâtie à force de travail et de volonté. Habitant chez ses grands-parents à Chihuahua, Jesus a de la difficulté à se faire accepter dans son pays natal. Il est perçu comme un étranger, un "pocho" (Mexicain né aux États-Unis) avec un accent étrange. Il continue à s'entraîner et à combattre, mais ne trouve pas au Mexique d'adversaires à sa mesure ce qui rend difficile son acceptation par la presse et les amateurs de boxe mexicains. Il demeure optimiste quant à son retour aux États-Unis, mais son seul recours demeure un pardon du gouverneur de l'état de l'Illinois. Il aura finalement l'occasion de se mettre en valeur lorsqu'il accepte un combat à Mexico contre le favori et champion national Julio Alvarez. L'avenir de Jesus dépendra donc de deux décisions cruciales: celle du gouverneur sur sa requête de pardon et celle des juges hostiles et partisans de son prochain combat.

Pour "Split Decision" Marcy Garriott utilise le format assez standard du documentaire, comprenant entrevues contrôlées (avec la famille de Jesus, entraîneurs, promoteurs, et agents du "Immigration and Naturalization Service"), montage musical, films d'archives, et Jesus dans différents environnements. Du texte explicatif est également intercalé entre les séquences. Elle réussit avec succès à aborder plusieurs thèmes comme la famille, la quête d'identité, le contraste entre les valeurs américaines et mexicaines, le rêve américain et l'ironie d'un homme entièrement réhabilité qui n'a pas le droit à une deuxième chance.

Filmé à la caméra digitale et par la suite transféré en 35 mm, "Split Decision" présente une image claire, des couleurs vibrantes et un contraste adéquat. Très bon transfert pour un documentaire. La piste sonore en Dolby Digital stéréo est également à point, et autant les dialogues que la musique envoûtante aux accents latins sont rendus de façon claire sans distorsion apparente. Les arrières sont peu mis à contribution, mais la séparation des canaux avant est nette et offre une bonne spatialité. Bizarrement, le film est offert en deux versions. Une en anglais d'une durée de 58 minutes et une autre en espagnol d'une durée de 72 minutes. Dans la version anglaise, les dialogues en espagnol sont sous-titrés en anglais. Ceux-ci sont faciles à lire et la traduction (basé sur mon espagnol un brin rouillé) semble excellente. Les menus sont statiques, accompagnés de musique et de navigation aisée.

Les extras sont peu nombreux, mais le premier est essentiel. Dans "Epilogue: The Return of El Matador" qui fait dix minutes, on retrouve Jesus à Austin fin 2003 (donc deux ans après le tournage du film) et on apprend avec joie que tout se déroule plutôt bien pour lui et sa carrière. Il est devenu champion du monde de la WBC (World Boxing Council). Quant à lui, "Interview With Director Marcy Garriott" nous présente une entrevue d'une durée de cinq minutes avec la réalisatrice, diffusée à la télé d'Austin. Trop court pour y aller en profondeur, on ne fait ici qu'effleurer divers sujets, dont le tournage et les lois de l'immigration. Quatre bandes-annonces de films disponibles chez First Run features complètent les suppléments.

"Split Decision" capture admirablement le portrait d'un jeune homme intelligent et attachant, qui parviendra à force de persévérance et de courage à vaincre les obstacles autant humains que sociaux qui se dressent devant ses ambitions de pugiliste et sa quête d'identité.

Pour les amateurs de boxe, "El Matador" a malheureusement perdu son titre de champion du monde des super-plumes de la WBC le 28 février dernier contre l'excellent Eric "El Terrible" Morales.


Cotes

Film8
Menu6
Suppléments6
Vidéo7
Audio7