Starbucking
Heretic Films

Réalisateur: Bill Tangeman
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 73 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue:
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 11
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Catherine Nguyen
22 avril 2007

Je n'avais jamais compris le phénomène Starbucks avant de me rendre à New York cet hiver pour un contrat de travail d'une semaine, où je suis littéralement tombée dans le café Starbucks. Les gens vivent un rythme de vie tellement effréné que c'est le café qui les tient en vie: je me souviens d'ailleurs la première fois que nous sommes entrés dans un Starbucks, nous regardions le menu pour décider quoi commander et arrivés à la caisse, nous nous faisions regarder bizarrement parce nous n'avions pas commandé à l'intérieur des trois secondes allouées pour nous servir... Bref, Starbucks n'est plus seulement un stand à café aux États-Unis, c'est vraiment un mode de vie qui s'implante maintenant partout dans le monde.

Ça ne m'étonne pas qu'un homme ait décidé d'entreprendre une telle aventure que de se rendre dans tous les Starbucks des États-Unis, et qu'un documentaire relate son projet des dix dernières années... Cet homme, qui a légalement changé son nom pour Winter, fait l'objet du documentaire "Starbucking", réalisé par un homme originaire du Nebraska, Bill Tangeman. Bien que le sujet soit cocasse et qu'il soit amusant de regarder Winter se promener d'un endroit à l'autre, on se rend rapidement compte que quelque chose ne tourne pas rond chez lui. Dès le début du film, on montre Winters comme étant le sujet d'une étude dans un département de psychologie d'une université et les étudiants témoignent des signes manifestés chez le sujet, notamment la possibilité de bipolarité ou de narcissisme. Winters nous confie lui même qu'il eut une période de sa vie où il était très dépressif et qu'il avait des problèmes émotionnels. Il avait la ferme conviction qu'il ne vivrait pas passé l'âge de 30 ans... Bref, je ne suis pas certaine qu'il soit nécessairement très sain d'esprit (ingurgiter 20 cafés par jour ne doit certainement pas aider!), mais son parcours est respectable.

Le documentaire devient un peu répétitif après qu'on ait vu Winters visiter quelques Starbucks: entrecoupé d'entrevues avec différents intervenants, on constate que le documentaire aborde davantage le personnage de Winters (en tant que célébrité de classe B!) que le phénomène Starbucks. On aborde les multiples interventions policières dont Winters a fait l'objet après qu'il ait commencé à dormir dans sa voiture, sa rencontre avec un compatriote, Jason Alan Pfaff, dont le but est de visiter tous les restaurants Denny d'ici sa mort. Ce dernier avoue lui-même avoir un petit côté d'obsessif compulsif... Notre coureur de Starbucks admet quant à lui ne pas s'y connaître du tout en café, et que les gens croient souvent qu'il est un spécialiste en la matière: or, il se promène de succursale en succursale en ne prenant qu'un échantillon de café qu'il utilise pour remplir le même verre de café qu'il sirote toute la journée. Starbucks innove en sortant sans cesse de nouveaux produits que ce dernier n'a même jamais goûtés, car il ne boit que du café bien traditionnel! Il aurait certainement été intéressant que le documentaire en profite pour éduquer le spectateur sur cette chaîne de cafés qui a réussi à accomplir: plus de 13 000 succursales dans plus de 39 pays à travers le monde, tout en maintenant une culture d'entreprise tout à fait remarquable et en gardant une saine réputation.

Du côté des suppléments, on retrouve une piste de commentaires avec le réalisateur et Winter: celle-ci est plus ou moins dynamique, l'un pose des questions à l'autre et ils se relatent des événements liés à chaque personnage qui apparaît à l'écran, sans vraiment aller en profondeur. Ils se moquent de certains intervenants et font des blagues ici et là. Tangerman émet quelques commentaires à saveur plus technique, mais visiblement, aucun des deux n'a d'expérience dans ce genre de chose et on a l'impression d'entendre deux amis qui parlent du film qu'ils viennent d'écouter dans leur salon. Quelques bandes-annonces sont disponibles sur le DVD, en plus d'une série de scènes retranchées qui rendent la personne de Winters encore plus bizarre: on l'aperçoit dans sa voiture dans des moments de rage au volant et on nous le présente également chez lui avec sa collection de verres de carton ainsi que son garde-robe composé quasi exclusivement de t-shirt Starbucks...Bref, l'homme dédie réellement sa vie à cette chaîne, non pas par amour du café, ni par conviction, mais simplement par concours de circonstances.

Au niveau technique, il faut tenir compte du fait que ce documentaire a été tourné de façon quelque peu amateur, notamment lorsqu'on voit de nombreuses scènes où Winter parle à la caméra depuis sa voiture. Malgré tout, la qualité de l'image reste relativement constante, avec peu d'artéfacts visibles. Du côté de la piste audio, on a droit à une piste stéréo bien ordinaire, mais qui accomplit sa tâche.

Ce documentaire me semblait original par son sujet, mais malheureusement, il n'est pas question de Starbucks, mais bien d'un homme un peu dérangé qui a poussé son passe-temps à l'extrême: si vous voulez voir de l'obsession compulsion de façon plus éducative, louez plutôt Super Size Me. Au moins, Morgan Spurlock a une morale derrière son documentaire! Pour ceux que ça intéresse, Winter tient un blogue qui peut être lu à l'adresse starbuckseverywhere.net/ . Alors que je termine cette critique sur ces lignes, j'ai une franche envie d'aller me chercher un Mocha Chocolat Blanc avec crème fouettée au Starbucks du coin!


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments5
Vidéo6
Audio6