Les jeux de rôles fascinent des milliers, sinon des millions de jeunes et de moins jeunes à travers le monde. Ils consistent à se réunir en groupe et d'incarner des personnages fantastiques en quête d'aventures. Le plaisir n'est limité que par l'imagination des joueurs et du "maître de jeu" qui coordonne tout ce qui se déroules dans ces soirées. J'ai même eu la chance de partager de belles expériences pendant des années avec certains des meilleurs amis que j'ai pu me faire. Le premier jeu de ce type qui a tout déclenché s'appelle "Dungeons and Dragons". De ce jeu ont été dérivés des centaines de produits : jeux de société et vidéo, livres, accessoires, figurines, magazines, série télévisée… Ce n'était qu'une question de temps avant qu'un film soit produit à partir de ce concept. Connaissant déjà le produit, c'est avec grand intérêt que je me suis installé pour visionner le DVD…
Dans le royaume d'Izmer, l'infâme Profion essaye de prendre le contrôle d'un sceptre magique qui contrôle les dragons rouges pour détrôner l'impératrice Savina. Il tombera sur les épaules de jeunes héros, les voleurs Snails et Ridley et la magicienne Marina de contrer les plans du mégalomane en utilisant toutes leurs ressources physiques et magiques, ce qui ne sera pas une mince tâche, vu l'ennemi qui sera toujours sur leurs talons. Avec les épreuves, Ridley acquérera le courage et les objets magiques nécessaires pour pouvoir confronter Profion et permettre à la bonne impératrice de conserver son trône, tout cela sur une bataille aérienne finale entre dragons rouges et dragons or.
Malgré cette petite description prometteuse, quelle déception! Je m'attendais à une film de grande qualité, surtout considérant la réputation de la franchise et la présence de noms connus comme celui de Jeremy Irons qui est le "méchant" principal. Malheureusement, le résultat de cette production est un manque flagrant d'originalité, avec un scénario que des joueurs débutants au jeu auraient pu imaginer au début de leur adolescence, des péripéties s'inspirant beaucoup trop des sagas Star Wars et Indiana Jones, un jeu des acteurs parfois exagéré qui a beaucoup manqué de direction, des effets spéciaux dont les effets par ordinateur étaient beaucoup trop apparents (par manque de budget, il faut avouer)… Fiou! Il est peu commun pour moi de critiquer si durement un film, mais j'ai des difficultés à trouver des points positifs au film. Même les représentations des différentes races fantastiques ne cadraient pas à ce que je pouvais m'imaginer, malgré que chacun a bien le droit de les représenter de la façon qu'il le veut.
Pour donner un petit crédit au film, il est vrai qu'au moment de visionner ce long métrage, j'avais déjà vu les deux premiers volets du Seigneur des anneaux au grand écran et avec ses budgets faramineux… La différence est frappante. Je suppose qu'il s'agit d'un effort louable, mais on ne peut cacher le fait que le réalisateur n'en était qu'à son premier film et qu'on apprend dans les suppléments qu'il n'a pas eu de formation officielle en cinéma. C'est tout à notre malheur comme cinéphiles…
Le menu du DVD s'ouvre sur animation inspirée d'une séquence du film et l'on choisit les options comme sur une carte au trésor. Il y a une musique d'ambiance un peu féerique qui accompagne les menus. Des transitions nous amènent vers les sous-menus incluant une plus élaborée s'inspirant d'une course à obstacles que l'on voit dans le film. La qualité visuelle est un autre élément qui m'a déçu. En plus des quelques saletés ici et là, malgré que le film ne date que de peu, certains des noirs montrent des dégradés pixelisés de façon assez marquée pour que mon œil peu expérimenté dans ce domaine le remarque. La trame sonore, quant à elle, manque vraiment de puissance et de profondeur : les effets ambiophoniques ont plutôt une allure stéréo, les graves sont manquent de puissance et il n'y a que la musique que l'on entend bien sur tous les haut-parleurs, mais elle reste trop timide à mon avis. Les dialogues restent clairs, mais j'ai remarqué par ailleurs que les sous-titres manquent certaines courtes répliques des personnages.
Parlons maintenant des suppléments :
Le court documentaire "Let the Games Begin" nous présente une brève historique des origines du jeu de rôle "Dungeons and Dragons" en plus qu'on partage avec quelques personnes de l'industrie du jeu leurs propres expériences passées à jouer différents personnages. L'intérêt pour les néophytes est d'en apprendre un peu sur l'enthousiasme que peut créer ce jeu et pour ceux qui connaissent cet univers, il est intéressant de voir quelques jeunes dirigeants de la compagnie Wizards of the Coast qui détient les droits sur le jeu et tous les livres dérivés de celui-ci. Suit un documentaire sur la production qui s'axe beaucoup sur les effets par ordinateur et les impressions du réalisateur sur les différentes étapes du tournage. On voit effectivement qu'ils ont fait leur possible pour que le tout soit réaliste, mais je suis resté sur mon appétit.
La première piste de commentaires inclut le réalisateur Courtney Solomon, l'acteur Justin Whalin et un des créateurs du jeu de rôle, Dave Arneson. Les commentaires sont surtout anecdotiques et le réalisateur ainsi que Whalin montrent qu'ils sont hyper fier de leurs accomplissement. J'ai rarement vu deux personnes autant se bidonner sur une piste de commentaires. Ce qui est sympathique au début et nous fait presque apprécier le film devient fatigant et nous tombe sur les nerfs à la longue par les rires bizarres des deux compères. Les commentaires de Dave Arneson sont enregistrés à part, il parle du jeu, ses commentaires sont très peu informatifs et n'ont pas de liens avec les scènes montrées à l'écran. La seconde piste de commentaires est encore animée par le réalisateur accompagné cette fois-ci du directeur de la photographie, Doug Milsome et enregistré séparément, nous entendons d'autres commentaires un peu hors contexte de Dave Arneson, bien qu'il soit un peu plus intéressant que sur la première piste. Les anecdotes sont plus techniques, mais l'emphase revient souvent autour des détails de l'éclairage, ce qui revient redondant, en plus d'entendre certaines anecdotes déjà mentionnées dans le documentaire de production ainsi que dans la première piste.
Il est possible de visionner onze scènes retranchées avec ou sans commentaires du réalisateur. La plupart de ces scènes sont peu utiles, sauf effectivement deux très pertinentes, mais qui n'ont pas été complétées faute de budget pour les effets spéciaux. Le réalisateur espère terminer ces scènes dans une version "Director's Cut" de son film… Il est optimiste! Il y aussi une fin alterne que j'ai préférée à celle du film qui nous laisse à mon avis trop intrigués. On peut aussi regarder quatre scènes dans différents stages du montage des effets spéciaux. Peu informatif. On termine les suppléments par la bande-annonce du film.
Pour l'instant, les meilleurs scénarios de Dungeons and Dragons se déroulent encore autour de tables dans des sous-sols entre de bons amis avec papier, crayons et dés. Il faut donner crédit aux créateurs de nous avoir fourni quelques suppléments nous faisant voir le rêve qu'ils ont essayé, avec un succès très mitigé, de réaliser. On finit par presque partager leur enthousiasme.
| Film | 4 |
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| Vidéo | 6 |
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