Le titre du film "The Dying Gaul" fait référence à une célèbre statue de l'antiquité montrant un soldat gaulois blessé à mort sur un champ de bataille et qui regarde fixement sa blessure sanglante, comme s'il pouvait voir réellement la vie s'échapper de lui. Dans le film, il s'agit également du titre du manuscrit qu'un jeune auteur, Robert (Peter Saarsgard, comme toujours très juste) fait parvenir à un producteur d'Hollywood, Jeffrey Tishop (Campbell Scott, troublant et pathétique). Le script de Robert raconte les derniers moments d'un couple homosexuel aux prises avec le sida. En fait, il s'agit d'un film autobiographique, l'amant de Robert étant lui-même décédé depuis peu. Tishop accepte de produire le film à la condition que Robert accepte de modifier son scénario en faisant en sorte que le couple soit un couple hétérosexuel. Malgré la promesse qu'il avait faite à son amant de raconter leur histoire, Robert, qui a bien besoin du million que Tishop lui a promis, accepte de réécrire son scénario.
Il découvre bientôt que Jeffrey est bisexuel et qu'il a insisté pour travailler avec lui dans le but de le séduire. Ils deviennent bientôt amants. La femme de Jeffrey, Elaine (Patricia Clarkson, très bien) est fascinée par Robert. Elle devient donc son amie et sa confidente. Bientôt, elle se fait passer pour un homme et clavarde avec Robert. Lorsqu'elle découvre que son mari et son "amant virtuel" ont une relation, elle est très troublée et poursuit les séances de clavardage avec Robert, mais en se faisant passer pour Malcolm, l'amant décédé du scénariste. Je n'ai pas bien saisi comment Elaine est parvenue à apprendre tous les détails de la vie de Malcolm et de Robert pour rendre sa supercherie crédible et ça m'a un peu agacé. Finalement, Elaine devient de plus en plus obsédée par cette étrange relation à trois (qui se passe à l'insu des deux hommes) et elle prend une décision qui aura de tragiques conséquences...
Le scénariste et réalisateur Craig Lucas a beaucoup de talent et je crois qu'il est promis à un bel avenir. En fait, "The Dying Gaul" est un bon film. Il débute même très bien, mais bientôt, il s'enlise dans les méandres d'un scénario un peu complexe. De même, il faut bien l'avouer, les longues séances de clavardage ne sont jamais très payantes au cinéma. Elles distillent rapidement l'ennui, et c'est dommage. De plus, le personnage d'Elaine est un peu trop difficile à cerner. Ses motivations ne sont jamais très claires, et au bout d'un certain temps, cela devient franchement agaçant.
Ce qui fait indéniablement la force de ce film, c'est l'interprétation. Les trois acteurs principaux livrent tous de parfaites performances. Saasgard, qui était spectaculaire dans Jarhead sera indéniablement un acteur marquant (s'il choisit les bons films).
En guise de suppléments, on nous offre une fin alternative, de même que trois scènes coupées au montage. Personnellement j'aurais préféré que le réalisateur opte pour la fin alternative, qui explique plusieurs éléments que la fin réelle laisse dans l'ombre. Quant aux scènes sacrifiées, elles n'ajoutent rien de primordial au récit.
"The Dying Gaul" vaut la peine d'être vu, ne serait-ce que pour les acteurs. Certaines scènes sont également fort bien réalisées. Lucas imagine certaines images comme si elles étaient des tableaux. De même, la musique est très bien choisie et elle contribue énormément à l'intérêt de l'ensemble. Par contre, on constate souvent du blocage et des arrière-plans flous (en particulier durant les séances de clavardage), ce qui à la longue peut finir par agacer.
| Film | 6 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 9 |