Ancienne vedette de Saturday Night Live, la carrière d'Eddie Murphy a connu presque autant de hauts que de bas. Dans les années 1980, il alliait efficacement humour et action dans plusieurs films réussis dont 48 Hrs. et Beverly Hills Cop. Lors de la décennie suivante, mis à part le fulgurant succès de "The Nutty Professor", les échecs étaient presque toujours de la partie. Au 21e siècle, malgré des désastres financiers et des navets, le comédien a réussi à sauver sa carrière en participant à Shrek et au drame musical Dreamgirls.
Le récent coffret intitulé "Eddie Murphy : Comedy Collection" réuni sur deux disques quatre de ses comédies qui sont sorties au courant des années 1990 dans des productions d'Universal. Malgré les titres et les histoires qui changent, plusieurs similitudes ressortent de ces œuvres. Sur le plan de la créativité, l'acteur n'était pas au sommet de son art et il forçait souvent la dose en offrant beaucoup plus de mimiques que le client ne le demandait. Les différents longs-métrages accumulaient souvent les clichés sur les Afro-Américain, rendant la progression hasardeuse, à la limite même du racisme. Voici les différents titres réunis dans cette édition :
Le plus connu du lot est certainement "The Nutty Professor", immense succès au box-office en 1996. Dans ce remake du célèbre classique de Jerry Lewis, Murphy endosse le rôle de différents personnages, dont un gentil professeur grassouillet qui trouve une potion miracle lui permettant de devenir mince et de charmer toutes les filles sur son passage. Grâce à la réalisation éclairée de Tom Shadyac, le récit finit par faire sourire en ne se prenant pas trop au sérieux. Les gags enfantins, sans réinventer le genre, s'avèrent généralement efficaces...
Tout le contraire de sa suite qui porte le nom de "The Nutty Professor : The Klumps" et qui a pris l'affiche en 2000. Cette fois, c'est Peter Segal qui se trouve derrière la caméra et il ne possède pas le même talent comique de son prédécesseur. En effet, pour le cinéaste de 50 First Dates, un gag réussi passe par une séance de pets entre membres de la même famille. L'histoire ne change guère, seule la qualité des blagues pointe drastiquement vers le bas avec une vedette au cabotinage rapidement énervant.
En revanche, "Bowfinger" (1999) est l'opus le plus ambitieux du coffret. Dans ce film de Franz Oz écrit et interprété par Steve Martin, le système hollywoodien en prend pour son rhume lorsqu'un cinéaste déchu décide de filmer une vedette à son insu. Si la critique n'a pas toujours le mordant voulu, la distribution décontractée (qui comprend également Jamie Kennedy, Heather Graham, Terence Stamp et Robert Downey Jr.) fait rapidement des flammèches et Eddie Murphy prouve qu'il est au sommet de son art lorsqu'il se transforme en homme vil et imbu de lui-même.
Pour sa part, "Life" n'arrive pas toujours à bien façonner ses deux facettes. Dans la première demi-heure, le rire se veut généralement peu présent au sein de ces deux hommes (Murphy et Martin Lawrence) qui se retrouvent dans le pétrin. Par la suite, le drame n'arrive pas totalement à prendre forme lorsque les comparses ennemis se retrouvent en prison avec comme toile de fond une voix hors champs à la Shawshank Redemption. Si le scénario manque de nuance, le duo se veut particulièrement truculent. Il s'agit toutefois d'une des œuvres les plus engagées de l'artiste.
Des pistes sonores francophones et anglophones en Dolby Digital 5.1 sont disponibles pour les quatre longs-métrages. Les enceintes sont cependant rarement exploitées pleinement. Généralement, il n'y a que des bruits de foule qui ressortent des enceintes. Les chansons utilisées, loin de marquer les esprits, explorent les genres en demeurant au niveau populaire et hip-hop. Bien que les voix s'entendent parfaitement, mieux vaut parfois insérer des sous-titres en anglais, car les traductions dans la langue de Molière sont loin d'être convaincantes.
Les images demeurent très agréables à regarder. Les couleurs sont précises et représentatives de la réalité. Les contrastes homogènes offrent plusieurs niveaux de noir et mis à part du blocage qui peut s'avérer envahissant, il n'y a rien qui ressort réellement de l'ordinaire. Au sein de "Life", le noir et blanc et l'utilisation d'archives amènent même un certain vent de fraîcheur.
Tous les films figurent dans un simple boîtier : une énorme économie de place qui fera plaisir aux collectionneurs. L'image sur la pochette est toutefois loin d'attirer l'attention. Six personnages incarnés par Eddie Murphy y figurent dans des poses plus pathétiques que sympathiques. Les différents menus principaux des DVD ne sont guère élaborés. Il n'y a qu'une image statique des longs-métrages. Les absents sont nombreux. Le premier est la musique et le second, les bonus.
Obtenir quatre œuvres à un prix dérisoire est une aubaine pour les amateurs d'Eddie Murphy. Si les vrais fans préféreront se procurer les éditions originales comportant des suppléments, les autres se contenteront simplement des produits finaux. Bien qu'inégaux, les récits divertissent à coup sûr, surtout "Bowfinger" qui offre une version désopilante d'Hollywood. Une bonne idée de cadeau pour la Fête des Pères.
| Film | 6/3/7/5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |