Michael James Vijencio Gubitosi mieux connu sous le nom de Robert Blake est né au New Jersey en 1933 et il a goûté au cinéma dès son très jeune âge. Il interpréta Mickey, un des jeunes de la bande de la série Our Gang dont le chef était le célèbre Alfalfa. Devenu adulte, sa carrière piétina jusqu'au film In Cold Blood dans lequel il incarne Perry Smith, un jeune délinquant qui sera impliqué dans un double meurtre crapuleux. D'ailleurs, Anthony Hopkins s'inspira de la performance de Robert Blake pour calquer son personnage de Hannibal Lecter. Puis Robert Blake sombra dans la drogue et plusieurs problèmes personnels plus tard, il fut condamné pour le meurtre de sa femme en 2001. Mais pendant sa période faste entre 1967 et 1976, il s'impliqua dans quelques productions dont un petit film policier intitulé "Electra Glide in Blue" qui sut tirer son épingle du jeu lors de quelques festivals.
Réalisé par James Williams Guercio, ce film raconte l'histoire de John Wintergreen (Robert Blake), policier affecté à la division des motocyclettes (Harley Davidson modèle Electra Glide) et qui sillonne les routes de l'Arizona pour y appliquer la loi. Il aspire à devenir inspecteur, mais sa petite taille semble lui causer préjudice auprès de ses supérieurs. Il arrivera sur les lieux d'un suicide apparent, mais il sera convaincu que ce drame cache en fait un meurtre. L'inspecteur chargé de l'enquête remarquera son flair et l'embauchera comme adjoint pour mener son enquête. Il réalisera rapidement que derrière les apparences de la justice se cache un monde profondément cruel et parfois corrompu qui remettra en question son cheminement de carrière.
Ce film est bien plus une étude de mœurs qu'un film d'action même si c'est de cette façon qu'il a été publicisé. On cherche à nous dépeindre les différents comportements que peuvent engendrer l'autorité et le pouvoir. Si le policier Wintergreen agit avec une éthique professionnelle très juste, ses compères ajustent le manuel du parfait policier à leur façon ce qui fait en sorte qu'aucune synergie n'émane de ce milieu rongé par des forces qui s'opposent. Fait d'une facture minimaliste, ce film réussit quand même à nous garder relativement captifs par son intrigue qui comporte tout de même quelques longueurs où on a l'impression que le réalisateur en ajoute volontairement pour faire passer son message. Le cinématographe Conrad Hall réussit à reproduire merveilleusement bien le panorama que nous offre "Monument Valley" en Arizona. Ah, oui, si vous vous demandez ce que font certains membres du groupe Chicago dans ce film, et bien sachez que le réalisateur fut aussi le producteur de ce groupe pendant quelques années.
L'image du film est d'une surprenante qualité quand on considère l'âge du film. Les couleurs sont encore bien vives et naturelles et la pellicule est exempte de saletés. La trame sonore montre par contre des signes de fatigue. Tout se passe sur les enceintes avant et malgré quelques effets stéréophoniques agréables, le tout demeure coincé. Les voix sont claires, mais les bruits de coups de fusil demeurent sourds. Un menu statique et peu inspiré manque nettement d'originalité. Quant aux suppléments, nous avons droit à une trame de commentaires faite par le réalisateur. Il commence les différentes scènes de son film en y apportant beaucoup d'information, mais je dois admettre que son ton monocorde et les temps morts enlèvent beaucoup d'intérêt à son écoute. Nous pouvons également nous faire introduire le film par le cinéaste qui est également le compositeur et le producteur de cet opus. Il nous explique les étapes qui l'ont amené à faire "Electra Glide in Blue". La bande-annonce du film complète le tout.
Ce petit film a réussi à séduire le jury lors du Festival de Cannes en 1973 en obtenant une nomination pour la fameuse palme d'or, prix remporté conjointement par les films Scarecrow et The Hireling. Sans redéfinir le genre policier et offrir aux spectateurs de l'action de bout en bout, ce film prend néanmoins le temps de pénétrer dans la peau d'un policier et de nous faire partager ses rêves et ses désillusions, phénomène que peu de films policiers tirés d'Hollywood arrivent à faire de nos jours. Je vous recommande de passer par votre club vidéo pour en faire sa location, car ce film mérite qu'on s'y attarde, ne serais qu'une fois.
| Film | 7 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |