Comme c'est maintenant la norme, Fox nous présente ici l'édition étoffée du DVD d'"Elektra". Le film est basé sur un personnage du comics "Daredevil" et est une création du célèbre scénariste Frank Miller (auteur, entre autres, de "Sin City"). Afin d'éviter la redondance, le détail des inspirations du film par rapport au comic est présenté dans la critique du DVD de la version dite normale du film. À première vue, l'intérêt principal de cette édition est la version "director" du film. On verra que ce n'est malheureusement qu'un leurre. Cependant, de par la présence de deux disques, les suppléments y sont abondants et différents, et justifient ainsi la nouvelle version (quoique le fait de ne pas avoir inclus ces suppléments dans la première version n'est pas justifié!).
Il est aussi important de préciser que le présent film se veut plus ou moins une suite du film Daredevil de 2003, où Elektra, d'ailleurs interprétée par la même actrice (Jennifer Garner), y jouait un des rôles principaux. Le film reprend donc l'histoire là où "Daredevil" l'avait laissée, c'est-à-dire à partir de sa résurrection par Stick (Terence Stamp), un puissant maître Ninja. Après avoir longuement été sous la tutelle de celui-ci, Elektra est renvoyée et, en quête d'identité, devient un redoutable assassin. Un de ses contrats l'amène à devoir éliminer un père (Goran Visnjic) et sa jeune fille (Kirsten Prout); bien que son professionnalisme la pousse à compléter son engagement, sa morale l'empêche d'obtempérer. Elle se prend donc d'amitié avec ceux-ci, et va jusqu'à les protéger lorsque d'autres assassins tentent de terminer le travail qu'elle n'a pas fait. Évidemment, la jeune fille et son père ne s'avèrent pas être tout à fait ce qu'ils prétendent...
Pour cette nouvelle version du film, pas moins de deux minutes supplémentaires sont ajoutées. On est tout de même loin des versions de la trilogie de Lord of the Rings, ou même, plus près d'Elektra, de la version du réalisateur de Daredevil. Les ajouts sont épars: principalement, ce sont de brèves scènes permettant d'approfondir les personnages et des plans des scènes de combat qui avaient été retranchés afin de satisfaire aux conditions de classement du film (la présente version est d'ailleurs "unrated"). Bref, bien que le film est un peu mieux que la version présentée au cinéma, les différences ne sont pas assez majeures pour justifier une seconde écoute au public en général (et même aux fans, d'ailleurs).
Du côté technique, cette nouvelle version est très similaire à la première. Visuellement, la qualité est légèrement améliorée, surtout pour ce qui est des tons de noirs et contrastes. Les pistes sonores sont, quant à elles, pratiquement identiques: bon usage de l'ambiophonie, bon support des basses fréquences, dialogues clairs et effets spéciaux percutants.
Sur le premier disque, on nous propose tout d'abord une piste de commentaires faite par Kevin Stitt et par Rob Bowman. Ce qui est peut-être le plus grand intérêt de cette piste est le fait de pouvoir cerner facilement les endroits qui ont été modifiés; le reste est plutôt descriptif. Deux bandes-annonces sont aussi incluses. Le second disque, uniquement voué aux suppléments, est séparé en deux sections. La première, intitulée "The Film", porte, comme son nom l'indique, sur le film. On y retrouve tout d'abord un très exhaustif documentaire sur la production du film, séparé en deux parties. La première porte sur le tournage alors que la seconde sur la postproduction. Il est, au mieux, lassant d'écouter ce documentaire: à entendre parler les intervenants, Elektra est le meilleur film de tous les temps, et tous ceux qui y ont travaillé sont les meilleurs, et que personne d'autre qu'eux n'aurait pu faire le travail. Bref, pendant tout le documentaire, on a droit à de l'auto-congratulation excessive. Il est aussi étrange d'entendre Rob Bowman expliquer sa relation avec Garner, de même que la vision qu'elle avait du film. Autant dans le premier DVD on tentait de nous cacher qu'elle n'avait pas aimé faire le film par d'habiles montages, dans celui-ci, par le biais du réalisateur, on tente de transformer sa mauvaise expérience en simples inquiétudes et appréhensions. D'ailleurs, celle-ci intervient beaucoup moins souvent que pour les suppléments du premier film...
Toujours dans la première partie de ce second disque, on retrouve une version multi-angles de la bataille finale du film. Comme c'est souvent le cas avec ce type de supplément, le visionnement est momentanément intéressant. Plusieurs scènes retranchées ou modifiées sont aussi présentées, avec la possibilité d'avoir les commentaires de Rob Bowman. Finalement, on retrouve une série de galeries de photos, regroupées en cinq thématiques: costumes, dessins de production, armes, photographies de la production et scénarimages.
La seconde partie de ce disque, "The Mythology", a pour sujet le mythe d'Elektra. Deux documentaires y sont présentés; le premier relate ses différentes incarnations dans le monde du comic, sur les commentaires des principaux artisans. Les plus intéressants sont certainement Frank Miller, Greg Rucka et Brian Bendis, trois des plus célèbres scénaristes qui ont abordé le personnage. Notons que ce documentaire est certainement la chose la plus intéressante de ce DVD. Le second documentaire porte sur le personnage de la littérature grecque, la fille du roi Agamemnon. Une professeure d'université nous y présente les trois différents récits qu'on retrouve: Aeschylus, Sophocle et Euripides. La mise en contexte et la présentation des différences entre les trois versions sont très intéressantes. Le DVD vient aussi avec un comics de 22 pages, "Elektra: On the Rise", écrit par Jimmy Palmiotti et Justin Gray, et dessiné par Rick Leonardi et Palmiotti. L'histoire présentée fait le pont entre la fin de "Daredevil" et le présent film. Soulignons finalement l'effort fait pour la création des menus; ils sont jolis, efficaces et clairs.
À la suite de cette deuxième écoute, le film semble moins désastreux (et ce n'est certainement pas à cause de la nouvelle version du réalisateur). Cependant, on demeure très loin des gros succès comme Batman et Spider-Man. En terminant, un détail anodin est intéressant à souligner: Stan Lee ne fait pas d'apparition éclaire (cameo) dans le film. Bien que la raison de cette absence est probablement le fait qu'Elektra ne soit pas l'une de ses créations, l'idée qu'il trouvait peut-être le film mauvais traverse aussi l'esprit...
| Film | 6 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |