Elizabeth
Spotlight Series
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Shekhar Kapur
Année: 1998
Classification: 14A
Durée: 124 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
25 septembre 2007

C'est uniquement pour souligner la sortie du deuxième volet Elizabeth : The Golden Age en octobre prochain que le premier volume simplement intitulé "Elizabeth" a pu bénéficier d'une nouvelle vie sur le marché DVD. En attendant de voir la suite, place à l'original, un récit mouvementé et haletant sur une des figures les plus importantes de la Grande-Bretagne.

En 1554, l'Angleterre est divisée. La reine catholique Mary I (Kathy Burke) se meure et elle n'a pas d'héritier. Malgré les conseils du Duc de Norfolk (Christopher Eccleston), elle n'a pas signé l'arrêt de mort de sa demi-sœur protestante Elizabeth (Cate Blanchett) qui accèdera bientôt au trône. Sur les conseils de Sir William Cecil (Richard Attenborough) et de Sir Francis Walsingham (Geoffrey Rush), la nouvelle dirigeante résistera tant bien que mal à l'insatisfaction d'une partie du peuple et aux alliances pas toujours fructueuses avec l'Espagne et la France. La jeune femme devra toutefois se méfier de son cœur qui bat pour Lord Robert Dudley (Joseph Fiennes), car les sentiments ne peuvent que nuire au pouvoir.

En 1998, la course aux Oscars s'annonçait mémorable. Dans la catégorie du meilleur film, il n'y avait presque des chefs-d'œuvres : le classique The Thin Red Line, l'excellent Saving Private Ryan, le trop triste La vie est belle, le solide "Elizabeth" et le très léger Shakespeare in Love. Contre toute attente, c'est ce dernier qui a remporté le prix le plus prestigieux. Pourtant, toutes les autres productions possédaient des avantages absolus sur le plan du scénario, de l'interprétation et de la mise en scène.

L'œuvre la plus sous-évaluée du lot était bien entendue "Elizabeth" de Shekhar Kapur. Loin des biographies usuelles ou des petites tranches de vie finalement peu révélatrices comme dans le surestimé The Queen, le cinéaste indien offre un récit éblouissant au lyrisme puissant, à la réalisation énergique et aux émotions plus que satisfaisantes. Malgré les erreurs historiques, le traitement de l'histoire captive, et le scénario oscille parfaitement entre le sentimentalisme amoureux un peu désuet et la rigueur raisonnée des figures d'autorité qui doivent se sacrifier pour le peuple.

Sans ses fameux comédiens, le résultat final n'aurait pas eu la même vigueur. C'est dans ce rôle exigeant que Cate Blanchett a connu la gloire et l'actrice n'aura jamais été aussi convaincante qu'en portant la couronne. Sa blancheur immaculée se combine parfaitement à sa froideur impériale, offrant la symbiose voulue entre le masculin et le féminin. Autour d'elle, que des comédiens très bien utilisés. Le charme certain de Fiennes, la prestance d'Attenborough, la méchanceté d'Eccleston, le regard un peu obsédé de Rush... Et rajoutez à cela un méchant Daniel Craig, une Fanny Ardant allumée et un Vincent Cassel à contre-emploi et vous obtenez une distribution de rêve, aussi solide que jolie.

Tout est également très beau au niveau technique. Les images sont resplendissantes, baignées dans des reflets tout à fait au point et des couleurs plus que satisfaisantes. La nature est verdoyante, équilibrant les touches plus réalistes ornant le palais royal. Même les contrastes ne manquent jamais de profondeur. Au contraire, lorsque le noir s'accapare de la majorité de l'écran, il est toujours possible de voir les moindres petits détails. Il n'y a finalement qu'une seule scène extérieure un peu plus problématique, où le grain est omniprésent. C'est bien peu et c'est tant mieux.

La musique très orchestrale presque grandiloquente épouse parfaitement le sujet. Elle est discrète lors des séquences intimistes et de tous les instants quand la tension l'exige. Les mélodies ensevelissent malheureusement un peu trop les voix. De très visibles sous-titres blancs en français, en anglais et en espagnol sont toutefois disponibles pour ne pas trop faire rager les voisins. La seule piste audio présente - dans la langue de Shakespeare et en Dolby Digital. 5.1 - est d'excellente qualité, recréant une atmosphère où les bruits de flamme, d'église et d'éclairs font sursauter.

La pochette dorée montre une dangereuse Cate Blanchett magnifiquement vêtue. Le menu principal du DVD reprend cette pose en y superposant une pièce musicale entraînante. C'est dommage que la navigation soit statique et sans surprise. Les suppléments manquent un peu de tonus. La galerie de photos ne marque pas les esprits, tout comme cette bande-annonce originale et ce court segment sur la reine qui ressemble seulement à un résumé rapide de l'histoire. Déjà, du côté du documentaire sur la production, les acteurs parlent des personnages et du contexte historique, en s'attardant sur l'aura bien précise d'Elizabeth. Il y a cependant trop d'extraits pour remplir les nombreux trous. Une longue bande-annonce de six minutes présente le deuxième volet. Le climat de guerre de navires et la future romance avec Clive Owen ne convainquent pourtant pas totalement. Il ne reste donc que la piste de commentaires du réalisateur qui, de sa voix monocorde et de son ton terre-à-terre, décrit ce qui se déroule à l'écran. Intéressant pour certains et endormant pour d'autres.

Depuis "Elizabeth", Kapur a perdu de nombreuses plumes dans l'aventure peu significative de The Four Feathers en 2002. Après cet échec critique et populaire, le cinéaste s'est tu pendant de nombreuses années. Il va toutefois faire parler de lui avec la suite Elizabeth : The Golden Age, une des œuvres les plus attendues en préparation des prochains Oscars. Espérons seulement que le film réserve plus de surprises que l'ordinaire bande-annonce.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments4
Vidéo9
Audio8