Elizabethtown
Paramount Home Entertainment

Réalisateur: Cameron Crowe
Année: 2005
Classification: PG
Durée: 123 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 21
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Catherine Nguyen
13 janvier 2006

La frontière est mince entre l'amour et la haine. Tout comme elle peut être très mince entre le succès et l'échec, entre la vie et la mort. Le réalisateur Cameron Crowe a tenté d'exploiter le contraste entre ces situations contraires dans son plus récent film, "Elizabethtown".

Le film raconte l'histoire de Drew Baylor (Orlando Bloom), un homme bien ordinaire. Il est designer et vient de créer une chaussure de sport Mercury, dont la critique annonce que ce sera un flop total, engendrant des pertes atteignant le milliard de dollars. C'est plus qu'il ne peut en prendre et alors qu'il est chez lui, confortablement installé sur un vélo stationnaire sur lequel il a installé un couteau dans le but de s'y empaler, Drew reçoit un appel de sa soeur qui lui apprend le décès de leur père. Étant le membre de la famille le plus "responsable" (sa soeur est complètement affolée et sa mère a sombré dans un état de confusion), il met sa tentative de suicide en attente et s'envole vers le Kentucky pour s'occuper des funérailles de son père. Lors de son vol sur un avion où il est pratiquement le seul passager, il se fait aborder par une hôtesse de l'air plutôt excentrique: Claire Colburn (Kirsten Dunst) l'invite à s'installer en première classe, s'assoit avec lui et lui fera la conversation durant toute la durée du vol. Elle lui dessinera une carte pour lui fournir les directions jusqu'à Elizabethtown, dans le Kentucky.

L'épisode du vélo n'est qu'une des situations parmi tant d'autres qui nous questionnent sur la finalité de ce film. On est étonné, tantôt perplexe, tantôt charmé, par les événements bizarres du film. Lorsque Drew arrive dans le Kentucky, il doit faire face aux habitants de la ville d'Elizabethtown qui font leur deuil de son père d'une manière avec laquelle il n'est pas prêt à composer: des affiches tapissent la ville entière de messages d'hommages et d'adieu. Pour l'aider à contrer toute la folie entourant ce triste événement de sa vie, Claire apparaît comme une bouffée d'air frais. Elle et Drew auront une conversation téléphonique qui durera toute la nuit, et qui se terminera par une rencontre en voiture, afin d'admirer ensemble à mi-chemin, un magnifique lever de soleil. C'est ce genre d'ambiance magique que Crowe réussit à intégrer au film, des moments magiques où on voudrait tous être à leur place. Toutefois, ces quelques scènes romantiques ne réussissent pas à combler le manque de continuité dans le film. On se demande sans cesse ce qui se passe, où tous ces beaux et mauvais moments vont nous mener. Or, le film n'aboutit jamais. Les dernières séquences montrent Drew qui entreprend un "road-trip" à travers le pays, suivant des cartes illustrées par Claire, tout en écoutant une bande sonore qu'elle a regroupée pour lui. En somme, il s'agit d'un film très lent, rythmé par quelques scènes touchantes, mais qui ensemble, ne forment guère un tout. La performance de Bloom et Dunst est irréprochable et n'a rien à voir avec ce qui m'a déplue dans ce film. Mentionnons également la présence de Susan Sarandon, qui interprète la mère de Drew: elle débarque vers la fin du film dans la ville d'Elizabethtown pour faire un discours au service commémoratif de son mari.

Au niveau des suppléments, c'est assez bref. Nous avons droit à deux scènes retranchées qui représentent d'autres "bons moments qui n'ont pas trop rapport dans le film", ensuite deux documentaires intitulés "Training Wheels" et "Meeting the Crew" (à propos des membres des équipes de tournage et de production), qui ne nous en apprennent pas tellement plus. Il y a également une galerie de photos, deux bandes-annonces du film ainsi que celles de Ferris Bueller's Day Off, Charmed, Yours, Mine & Ours et Æon Flux. Il aurait été intéressant d'avoir une piste de commentaires du réalisateur, particulièrement puisque le film est inspiré directement de la vie de Cameron Crowe, dont le père est décédé lors d'une visite familiale au Kentucky.

La qualité de cette édition DVD est excellente, tant du côté audio que vidéo. Visuellement, nous avons droit à un transfert anamorphique impeccable, dont les couleurs sont très bien rendues. L'image est dénuée de grains et les contrastes sont parfaitement ajustés. Le film accorde une grande importance à la trame sonore, qui nous imprègne très bien dans l'ambiance du film: celle-ci est bien mise en évidence avec une piste audio très dynamique qui balance bien les dialogues, la musique et les effets sonores.

"Elizabethtown" rassemblait quelques bons éléments, mais j'ai trouvé le résultat un peu déroutant. Le film a subi des coupures totalisant une vingtaine de minutes depuis la première présentée au Festival du film à Toronto, mais il semble que dans un ou l'autre des cas, cela ne parvient pas à donner une ligne directrice suffisamment cohérente au film. Ce n'est pas mauvais, mais on a déjà vu mieux de la part d'un réalisateur comme Cameron Crowe.


Cotes

Film6
Présentation8
Suppléments5
Vidéo10
Audio9