Dépoussiérant un des plus vieux sujets du septième art, "Elle s'appelait Sarah" le fait avec subtilité, soin et tact. Un film sensible et touchant qui rappelle l'importance de bien connaître son histoire.
Julia (Kristin Scott Thomas) est une journaliste qui prépare un article sur des déportations de familles juives pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle s'intéresse particulièrement au récit de Sarah (Mélusine Mayance), une fillette qui a caché son petit frère dans un placard avant d'être arrêtée. À force de questionner le passé, la mère de famille risque de découvrir un secret qui se terre dans l'ombre depuis des décennies.
Pas un autre long-métrage sur la Deuxième Guerre mondiale? Eh oui! Cette adaptation du roman de Tatiana de Rosnay est cependant nettement plus digeste que le récent La rafle. La manipulation des sentiments est beaucoup moins perceptible et le réalisateur Gilles Paquet-Brenner dresse un portrait honnête de la situation. Sa mise en scène qui alterne entre les époques est souple, le propos qui en ressort se suit avec intérêt malgré quelques baises de régime longtemps avant la fin et l'interprétation est de tout premier ordre. La superbe Kristin Scott Thomas domine une distribution impeccable de son jeu franc et distinct. Elle est la bougie d'allumage de cet essai un peu longuet qui sait rendre les yeux tristes aux bons endroits tout en rappelant la nécessité de connaître ses racines.
La très belle partition musicale de Max Richter amène son lot d'émotions. La piste sonore en Dolby Digital 5.1 alterne entre le français et l'anglais (tout dépendant des personnages et des situations), recourant habilement aux enceintes pour y faire ressortir des bruits de pleurs de bébés, de cris, de voitures et de pluie. Les voix demeurent compréhensibles et il est possible d'insérer de très visibles sous-titres blancs. Malgré des images réalistes aux couleurs précises et aux contrastes dans le ton, la qualité vidéo laisse à désirer. Le grain et le blocage sont beaucoup trop présents, détournant parfois l'attention inutilement.
La pochette composée d'un montage pas toujours au point entre une femme qui regarde la mer et la présence presque angélique de Kristin Scott Thomas qui semble émaner du ciel peut faire rire involontairement. Le menu principal du DVD a l'esprit de plutôt miser sur le visage et surtout les yeux d'une enfant. Le tout y est statique, bercé par une douce mélodie. Les seuls suppléments disponibles sont une série de bandes-annonces, ce qui est trop peu.
"Elle s'appelait Sarah" est un effort de mémoire qui a ses vertus, surtout à une époque où il est si facile de faire table rase avec le passé. Sans être une grande fresque, il s'agit tout de même d'un mélodrame bien fait et satisfaisant, où se démarque encore une fois la grande Kristin Scott Thomas.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 7 |