À l'occasion du trentième anniversaire de la mort d'Elvis Presley, survenue le 16 août 1977, de nombreux studios sortent de nouvelles éditions de plusieurs titres que le King a tournés durant sa "période" hollywoodienne, soit de 1956 à 1969. Au fil des ans, les droits des 31 films tournés par Elvis se sont dispersés parmi les différents studios, que les achats et rachats entre eux ont parfois réunis. Cette année, Paramount nous propose un coffret intéressant de huit films qui couvrent la période de 1958 à 1967.
Il faut bien l'avouer, la carrière cinématographique d'Elvis n'est pas exactement celle d'un formidable acteur. Ce coffret renferme donc des œuvres de qualité plutôt moyenne dans l'ensemble. Malgré tout, on y retrouve peut-être le meilleur film du chanteur, "King Creole". Les autres titres, de par leur provenance étalée dans le temps, permettent plus de découvrir l'évolution, si je peux dire, de l'acteur. Ce sont par ailleurs toutes des productions de Hal Wallis qui a été le premier à donner sa chance au chanteur, qui ne voulait pas, d'ailleurs, être aussi un chanteur dans ses films.
Le film raconte l'histoire du jeune Danny Fisher (Elvis Presley), qui le dernier jour de classe se trouve mêlé à des histoires qui lui valent sa réussite scolaire. Contre l'avis de son père, il rêve de devenir chanteur dans un des nombreux cabarets de la Nouvelle-Orléans. Son rêve se réalise et un patron de boîte, Maxie Fields (Walter Matthau) le veut. Danny refuse, mais ce n'est pas la réponse que Maxie veut entendre.
Sorti en noir et blanc, ce film, qui regroupe également Carolyn Jones (Morticia de The Addams Family), mélange plutôt bien la chanson et le monde interlope. Parmi les pièces musicales, notons le célèbre "Trouble", qui trouve ici une place de choix dans un contexte parfaitement adapté et bien entendu "King Creole". D'une durée de près de deux heures, nous avons là un bon film du genre, qui malgré les chansons, comporte plusieurs scènes dramatiques et de bons jeux d'acteurs. Le film est réalisé par Michael Curtiz, à qui l'on doit surtout Casablanca, mais aussi plus de 170 autres œuvres.
Quatre amis, soldats américains cantonnés en Allemagne, projettent d'ouvrir une boîte de nuit dès qu'ils vont quitter les drapeaux. Parmi eux, le séducteur et chanteur Tulsa McLean (Elvis Presley). Suite à un pari avec l'un d'eux, il se retrouve pris au jeu et tombe amoureux de la danseuse Lili (Juliet Prowse - déjà excellente dans un rôle semblable dans Can-Can). Tulsa risque de perdre son pari et par le même fait, ses rêves.
On ne manquera pas l'anecdote où un soldat, lassé d'entendre McLean chanter sur la scène, va mettre une chanson dans le juke-box, en l'occurrence "Blue Suede Shoes" d'un certain Elvis Presley (avec un bon gros plan sur l'étiquette). Et le soldat de répondre "Je voulais juste entendre l'original"! Le film, en partie tourné en Allemagne, permet aussi de découvrir de beaux paysages locaux. Pour le reste, il s'agit d'un simple divertissement que le superbe sourire de Juliet Prowse a même du mal à sauver.
Le service militaire est terminé et Chadwick Gates (Elvis Presley) est de retour chez lui, sur son île d'Hawaii. Il sait très bien que sa mère Sarah Lee (Angela Lansbury) souhaite qu'il reprenne la plantation familiale d'ananas. Mais Chad a d'autres projets, moins contraignants, tels que profiter de la vie de vacances perpétuelles sur l'île et d'être près de son amie Maile Duval (Joan Blackman). Mais cette existence ne sera pas de tout repos.
On regretterait presque que notre chère Jessica Fletcher (Lansbury) soit mêlée à cette production qui malheureusement ne s'élève jamais bien haut. On peut se contenter par quelques belles scènes hawaiiennes, car même les chansons laissent à désirer. Si encore l'image était de meilleure qualité. À noter dans la bande musicale, la très belle chanson "Can't Help Falling in Love".
Avec une histoire un peu plus solide et surtout la présence de la grande Barbara Stanwyck, ce film possède un certain atout. Certes le jeu de Presley laisse toujours à désirer, mais les autres acteurs l'aident bien. Parmi les anecdotes, citons la présence d'une toute jeune Raquel Welch parmi les figurants, ainsi que le fait que c'est bien Elvis Presley qui chute en moto.
Ross Carpenter (Elvis Presley) est certainement un jeune homme comblé. Il vit avec ses deux passions : la mer et les filles. Mais quand son patron décide de partir vivre dans le désert, Ross doit faire le nécessaire pour garder ses habitudes quotidiennes et surtout le bateau qu'il a bâti avec son père. D'un autre côté, sa passion pour les femmes ne l'aidera pas non plus, alors qu'il devra décider s'il reste avec la chanteuse de cabaret Robin Gantner (Stella Stevens) ou la femme du monde Laurel Dodge (Laurel Goodwin).
À part quelques scènes intéressantes de bord de mer et de pêche au gros, il n'y a malheureusement pas grand-chose d'autre à se mettre sous la dent si on est affamé. Par contre, un divertissement honnête peut être trouvé là. Dommage, encore une fois, que l'image ne soit pas meilleure.
Mike Windgren (Elvis Presley) est employé sur le yatch d'un riche homme d'affaires. Mais quand il remet à sa place la jeune fille, elle s'arrange pour qu'il soit mis à la porte alors qu'ils se trouvent à Acapulco. Mike n'a plus qu'à se trouver un autre travail. Il rencontre alors le jeune Raoul (Larry Domasin), qui malgré son très jeune âge, sait très bien se débrouiller. Il fait engager Mike au grand hôtel du coin. Mais ce dernier a des exigences étranges qui ressurgissent de son passé d'acrobate. Il devra alors prouver sa bravoure en faisant un plongeon dangereux.
Malgré une interprétation quelconque, l'histoire de ce film nous permet de rester devant notre écran pour connaître la suite. La présence d'Ursula Andress ne gâche rien non plus, alors qu'elle est encore dans toutes les têtes avec Dr. No. Alors que plusieurs scènes du film ont bel et bien été tournées à Acapulco, Elvis Presley n'y a jamais mis les pieds. C'est une doublure qui est utilisée pour les scènes en plan large sur place. Malgré tout, l'ambiance est plaisante et les pièces musicales entraînantes.
Le pilote d'avion Rick Richards (Elvis Presley) retourne chez lui à Hawaii après avoir causé un accident d'avion pour lequel il se dit innocent. Dès son arrivée, il monte le projet d'ouvrir une compagnie de vols touristiques en hélicoptères avec son ami Danny Kohana (James Shigeta). Mais Danny connaît le caractère un peu imprévu et volage de Rick et doute de son sérieux. Ce dernier utilisera d'ailleurs ses nombreuses connaissances féminines sur les îles pour construire son réseau. Mais plusieurs petits incidents rendront la tâche plus difficile et demanderont à Rick de murir un peu.
Même si le film n'a pas énormément de substance, je l'ai bien apprécié surtout en raison de son côté "carte postale". Les nombreuses séquences aériennes au-dessus des plages et des volcans hawaïens sont magnifiques, et les diverses danses et prestations musicales traditionnelles donnent envie d'y aller faire un tour. Seule la qualité plutôt médiocre des images vient gâcher le plaisir. À noter la présence de Donna Butterworth (The Family Jewels avec Jerry Lewis) comme partenaire de Presley dans le film. Ce sera le deuxième et dernier film au grand écran pour la jeune Donna, alors âgée de 10 ans.
Ted Jackson (Elvis Presley) est lieutenant dans la marine américaine et il est aussi un plongeur reconnu. Un jour il pense avoir découvert une épave qui pourrait renfermer un trésor. Mais il n'est pas le seul sur le coup. Il va devoir s'allier avec de drôles de personnages pour arriver à contrer ses adversaires tenaces.
Avec ce film, on hésite à le qualifier de comédie ou d'aventure. La réalisation chancelante et un montage perturbant ne permettent pas de s'accrocher à l'histoire, qui a malgré tout certaines bonnes attaches. Ne pas manquer dans ce film la présence d'une icône du cinéma en la personne d'Elsa Lanchester qui joua surtout dans The Bride of Frankestein en 1935, et dans près de 100 autres productions. Les pièces musicales sont parfois comme un cheveu sur la soupe, sauf "Yoga Is As Yoga Does" que j'ai trouvé amusante et bien pensée.
Ce qui attire avec ce coffret, c'est principalement son apparence, puisque nous avons une belle petite boîte recouverte de faux suède bleu (je vous laisse apprécier la connotation) avec un superbe ELVIS en petits points argentés collés par-dessus. À l'intérieur, les huit films sont sur huit disques, disposés deux par deux dans des boîtiers minces à deux logements. Les quatre premiers films sont uniquement en anglais, avec une piste remixée en Dolby 5.1 et la piste originale, souvent mono. Les quatre derniers films possèdent en plus une piste sonore en français mono. Pour ces derniers, les boîtiers sont bilingues. Des sous-titres anglais sont disponibles pour les huit films. Ils sont tous présentés en format panoramique anamorphique. Les pages de menu se limitent à une image fixe non sonorisée. Il n'y a pas de supplément, si ce n'est quelques bandes-annonces avec les films uniquement en anglais. Enfin, dans l'ensemble, la qualité de l'image n'est pas très bonne, manquant beaucoup de contraste et de saturation dans les couleurs.
Malgré un niveau technique peu élevé, j'apprécie ce coffret, car il renferme tout de même le quart des films tournés par Elvis Presley, quelle que soit la qualité de son jeu scénique. De plus, pouvoir entendre d'autres chansons que les titres très connus est aussi bien apprécié. Enfin, la présentation bien pensée du coffret ravira aussi les collectionneurs.
| Film | 8/5/5/6/6/7/7/6 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7/6/7/7/6/7/6/8 |
| Audio | 7 |