Chiens, chats et de nombreux animaux unissent leurs efforts pour sauver la fête dans "Rusty: The Great Rescue", un film où seuls les enfants en très bas âges risquent d'éprouver du plaisir. Lorsque les bêtes sont plus convaincantes que les adultes, il y a quelque chose qui cloche.
Rusty est un sympathique beagle qui habite sur une ferme. Tout en écoutant ses parents, il prend soin de ses frères et sœurs inexpérimentés. Lorsqu'il sort à l'extérieur de la grange, il peut gambader au sein des poules, parler à une chèvre ou même déblatérer avec un éléphant! Sinon, il aime bien s'amuser à courir après un chat en prenant soin de ne pas écraser les deux tortues tordues. Un jour, il sent une menace planer sur sa famille humaine. Alors que Boyd (Hal Holbrook) et sa femme Edna (Rue McClanahan) peinent à payer leurs dettes, deux méchants cousins les menacent de leur soutirer leurs enfants adoptifs. Prêt à tout pour causer du trouble, ce duo machiavélique va jusqu'à kidnapper des chiots pour récolter de l'argent. Devant le désarroi de leurs maîtres, Rusty et ses amis s'embarquent dans une odyssée extraordinaire pour secourir des petits êtres mignons et inoffensifs.
La vague des films mettant en vedette des animaux ne semble jamais vouloir se terminer. Après les succès mérités du premier volet de Free Willy au début des années 1990, des suites et des ersatz se sont accumulés à la vitesse de l'éclair. En 1997, un nouveau rejeton prénommé "Rusty: The Great Rescue" se joignait à la danse. Comme les Rintintin, Benji et Lassie avant lui, notre héro à quatre pattes est un chien courageux qui pourra parcourir la terre entière si on lui en fait la requête. Et comme les animaux du supérieur Homeward Bound, le beagle et ses compatriotes sont dotés d'une voix. Les interactions verbales entre ses bêtes amènent les meilleurs moments du long métrage. Les poules se chamaillent pour un œuf, un serpent cherche toujours à mordre son entourage et les conversations entre les deux tortues sont plutôt tordantes. Les personnes doublant ces animaux s'en donnent à cœur joie tout en longeant la ligne de l'acceptabilité au niveau du langage. Ce film étant destiné à priori aux très jeunes personnes, il ne faudra pas troubler de chastes oreilles.
En dehors de cette ferme qui s'active, les autres éléments s'avèrent d'une banalité hallucinante. La réalisation a peut-être été confiée à Shuki Levy, plus connu pour son travail sur Turbo: A Power Rangers Movie, mais ce n'est pas une raison pour suivre le schéma du film de chiens à la lettre. Dès l'ouverture ou la simple lecture du synopsis, on peut tout deviner à l'avance. Ces personnes seront méchantes, celles-ci plus gentilles, avec la morale aux endroits convenus et son lot de gags prédigérés. Un animal qui traverse une ville en planche à roulettes, cela peut peut-être faire sourire trois secondes. Lorsque c'est la meilleure trouvaille comique (avec ce patron méprisant qui n'écoute jamais ses employés), il y a un sérieux problème. Surtout que les comédiens engagés ne sont nullement crédibles. Leurs mimiques sont fausses, ils ont tendance à trop en mettre et les dialogues qui sortent de leur bouche sont d'une naïveté sans égal.
L'abus de chansons risque également d'en horripiler plus d'un. Il y en a beaucoup trop et leur intérêt est des plus quelconque. En revanche, la trame sonore est assez rythmée et entraînante. Plusieurs mélodies classiques ont été retenues et elles mettent de l'entrain lors de séquences de poursuites. Les deux pistes audio sont peut-être du niveau Dolby 2.0, mais elles ne sont pas désagréables. Les sons et les bruits sortent sans difficulté, donnant une ambiance correcte. Les voix sont toujours très audibles, rien ne vient les brimer. Tout aussi satisfaisant est le rendu vidéo. Si le plein écran fait perdre quelques détails, il est tout de même potable. Les couleurs sont belles à défaut d'être extraordinaires, alors que les sous-titres blancs n'entravent en aucun moment la lecture. Dommage que les contours soient trop accentués et que le blocage fasse sentir sa présence par moment.
La pochette est extrêmement colorée et représente parfaitement le film. Le boîtier rouge orange est orné d'une image de la ferme, avec Rusty au premier plan, quelques animaux à sa droite et des enfants humains à sa gauche. Distrayant, attirant, toujours agréable pour les plus jeunes. Cette bonne impression est reléguée aux oubliettes à la vue des menus, particulièrement fades, statiques et sans musique. Un montage sommaire de photographies constitue les différents fonds. Si les icônes sont suffisamment grosses pour être identifiables au premier regard, la faible qualité des suppléments ne satisfera jamais les amateurs. Cinq bandes-annonces des prochaines sorties de 20th Century Fox, c'est un peu mince.
Autant les voix des différents animaux s'avèrent assez tordantes, autant "Rusty: The Great Rescue" est un clone des films du même genre. Seul la race de chien change. À quoi bon toujours écouter le même long métrage s'il n'y a rien de nouveau qui en ressort?
| Film | 4 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |