Comédie flamande qui n'a presque rien à voir le réalisme criant des frères Dardenne, la légère fantaisie d'Eldorado ou l'humour noir sardonique de Louise-Michel, "Moscow, Belgium" est un délicieux "feel-good movie" qui amène beaucoup de bonheur dans le cinéma belge.
Matty (Barbara Sarafian), 41 ans, doit élever seule ses trois enfants après que son mari l'ait quitté pour une femme plus jeune. Un jour, elle fait la rencontre de Johnny (Jurgen Delnaet), 29 ans, un camionneur qui doit apprendre à vivre sans la femme de sa vie. Leur première rencontre, houleuse et orageuse, devient rapidement relique du passé lorsqu'un flirt gagne les deux célibataires. Mais pendant combien de temps? La pression du quotidien est tellement forte que tout semble les diviser, les contraignant à retourner dans leur routine.
Le titre évoque peut-être le classique Paris, Texas de Wenders, mais le film n'a pas cette prétention des grands espaces. Il s'agit plutôt d'une production sympathique, qui alterne entre légèreté et gravité dans sa mignonne description d'une passion amoureuse, et qui s'avère nettement plus convaincant que les décevants Le grand départ et Les grandes chaleurs. Ainsi, l'être humain a droit à une seconde chance, il peut revivre en reconnectant avec l'amour et sa sexualité, ce qui donne des scènes d'une drôlerie irrésistible, à la fois simples et décalées, qui savent rapidement mettre de bonne humeur.
Bien plus que pour la réalisation aérée et maîtrisée de Christophe Van Rompaey qui signe-là son premier long-métrage (qui a été présenté à Cannes en 2008), l'ensemble s'avère un baume sur les plaies grâce au succulent duo principal. Barbara Sarafian en impose en héroïne un peu brusque qui peut être à la fois impitoyable et rayonnante. À tel point que Jurgen Delnaet doit être alerte afin de rivaliser avec sa partenaire de jeu, ce qu'il réussit sans broncher. La distribution secondaire, presque aussi importante, est composée de comédiens qui savent donner une profondeur certaine aux personnages.
L'excellente musique entraînante de Tuur Florizoone rappelle le travail de Yann Tiersen. Il y a du piano et de l'accordéon qui font des merveilles, titillant l'émotion, faisait ressentir cette mélancolie dissimulée un peu partout. La piste sonore flamande, sobre dans sa façon de recourir aux différentes enceintes, n'entrave jamais les dialogues, qui peuvent être compris en y insérant de très potables sous-titres blancs en français ou en anglais. Les images à saveur naturalistes et réalistes offrent un intéressant niveau de détails, de solides couleurs sans éclat et des contrastes légèrement imparfaits qui donnent toutefois de la teneur aux ombres. De quoi oublier ce blocage et ce léger grain qui peuvent survenir en de rares occasions.
La pochette jaune est ornée d'un cœur et des visages des deux protagonistes. Le menu principal du DVD s'inspire de cette photographie. Si l'ensemble est statique, une joyeuse mélodie se fait rapidement entendre. Ce n'est toutefois pas suffisant pour ne pas remarquer l'absence totale de suppléments.
"Moscow, Belgium" est un gentil petit film, attendrissant et attachant, qui fait beaucoup de bien à regarder. Pas surprenant qu'il ait beaucoup voyagé dans les festivals, obtenant sans cesse une cote de sympathie auprès du public. Dommage qu'aucun bonus ne soit présent, et que le boîtier, chiche en informations, ne mentionne même pas le nom des acteurs et, insulte suprême, celui du cinéaste. Au moins, le résultat final donne ce sourire qui se fait si rare au sein des comédies.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |