Dark Blue Almost Black
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Daniel Sánchez Arévalo
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 105 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
14 janvier 2008

La nécessité de suivre sa propre voie est l'adage au cœur de "Azul Oscuro Casi Negro" ("Bleu foncé presque noir" en français et "Dark Blue Almost Black" en anglais), une comédie dramatique issue de l'Espagne... et qui ressemble beaucoup à un opus de Pedro Almodovar.

Une famille vit son lot d'incertitudes. Jorge (Quim Gutierrez), qui a abandonné ses études pour s'occuper de son grincheux de père malade (Hector Colome), doit remonter le moral à son meilleur ami (Raul Arevalo) qui se pose des questions sur la sexualité de son propre paternel, tout en reconquérant son ancienne flamme (Eva Pallaares). Un nouveau problème atterrit dans l'existence de Jorge lorsque son propre frère (Antonio de la Torre), blessé en prison, lui demande de faire un enfant à son amie de cœur (Marta Etura) pour la sortir du pétrin.

Ce premier long métrage de Daniel Sanchez Arevalo ne semble rien casser, mais il faut pourtant lui laisser une chance. La réalisation est maîtrisée, les plans se succèdent en suivant une logique implacable et malgré la prévisibilité de l'entreprise, le récit se laisse regarder avec beaucoup de bonheur. Tout cela grâce au charme des personnages. Ils sont généralement développés et attendrissants, et les comédiens qui défendent les différents rôles leur amènent beaucoup de vigueur et de sincérité. Le spectateur se soucie donc très rapidement de leur sort, ce qui créer de la tension dès le début de l'œuvre.

Ces relations bizarres entre les gens, ces rires qui servent souvent d'exutoires et ces situations ludiques naviguent souvent dans les mêmes eaux que l'univers haut en couleur du cinéaste de Volver. En effet, les relations familiales sont soignées, et cette fois c'est le rôle du père qui est scruté à la loupe. Il n'y a heureusement pas trop d'emprunt, car Arevalo est capable de développer son propre fil conducteur. Même s'il ne convainc pas totalement lors des premières scènes charnelles (cela ressemble parfois à une annonce de shampoing), quelques séquences ne tardent pas à être extrêmement poétiques.

Les images épousent à la lettre le titre du film en s'avérant souvent froides, flirtant allègrement avec le bleu, le vert et le noir. Les contrastes, sans être parfaits, sont toutefois plus que potables. Le traitement est réaliste, plusieurs éclairages donnent une nouvelle profondeur aux champs et le blocage s'avère pratiquement inexistant. Quant à elle, la musique est très (trop?) présente, collant parfaitement aux actions, compensant ses airs de déjà entendus par des élans très mélodieux. La piste sonore espagnole en Dolby Digital 2.0 utilise peu les enceintes situées sur les côtés. La richesse de la langue originale est toutefois la bienvenue et les sous-titres blancs en anglais et en français ne font pas trop forcer les yeux.

La pochette est particulièrement efficace. Deux acteurs nus en position du lotus s'embrassent langoureusement. Le fond est dans différents tons de vert qui personnifie l'espoir et l'évasion. Après une publicité du film Away From Her, le menu principal apparaît en montrant une image statique des visages de deux protagonistes. La musique sera cependant trop populaire et poussive pour certaines oreilles. Entre visionner le tout, incorporer des sous-titres et choisir une scène en particulier, il n'y a malheureusement pas grand-chose de plus à faire.

"Bleu foncé presque noir" est une petite œuvre gentille et mignonne, peuplée de personnages vrais et authentiques. Il ne s'y passe rien de particulièrement nouveau ou de transcendant, sauf que les liens qui se dressent entre les êtres intéressent grandement. Un film frais et léger, parfait pour surprendre les cinéphiles (et les autres) et pour leur montrer que l'Espagne ne se limite pas toujours aux mêmes deux ou trois réalisateurs.


Cotes

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