Carlos: The Jackal [Blu-ray]
Collector's Blu-ray + DVD Pack
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Olivier Assayas
Année: 2010
Classification: 18A
Durée: 330 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Français / Alemand / Anglais, Espagnol, Arabe (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 629159045832

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
20 mars 2011

Le cinéaste Olivier Assayas ne fait jamais rien comme les autres. Au lieu de se contenter d'un simple film de fiction sur un des terroristes les plus célèbres du 20e siècle, il propose deux versions très différentes de "Carlos" qui sont disponibles uniquement en format Blu-ray. Tout d'abord un long-métrage de 160 minutes qui fait un tour rapide de la question, puis une série de 330 minutes beaucoup plus exhaustive qui, elle, vaut véritablement le détour.

Carlos (Edgar Ramirez) est un mythe, une des figures les plus connues du terrorisme mondial. Dans son désir de faire reconnaître les droits d'une organisation palestinienne, il a commis de nombreux attentats en France, en Angleterre et dans plusieurs autres pays européens. Pris en grippe par les forces de l'ordre après le meurtre de quelques policiers, l'homme polyglotte aux nombreux contacts s'est amusé à voyager tout en changeant d'identité, jouant avec la patience des hommes qui étaient à ses trousses en continuant de commettre des actions musclées.

Présenté à Cannes en mai dernier, ayant reçu le Golden Globe de la meilleure série et le César du meilleur comédien, "Carlos" est un événement cinématographique. Dans sa forme courte, il s'agit d'un divertissement supérieur à la moyenne qui passe cependant trop rapidement sur une importante légende de son époque, surtout lors de cette conclusion aussi rapide que sentimentale qui ne fait pas toujours de sens. Une accumulation de dates et d'évènements qui laisse un peu sur sa faim.

C'est dans sa forme originale (la longue qui est séparée en trois volets) que le récit possède la latitude pour prendre son envol. Les enjeux politiques et historiques sont explorés abondamment, et le reflet de ces années folles en devient alors encore plus palpable. Soif des idéaux de changement de la société pendant les années 1970, le personnage principal a muté vers quelque chose de plus cynique, étant davantage porté sur l'argent que les causes. Un prisme brillant des années 1980. Le tout est agrémenté d'une bonne dose d'humour, d'une tension de tous les instants et d'une interprétation admirable, dominée par le jeu incandescent d'Edgar Ramirez.

Les images vieillies et sans éclat ressemblent aux opus hollywoodiens des années 1970. Les couleurs neutres demeurent cependant dans le ton, et bien que les contrastes soient un peu sombres et qu'il puisse exister du blocage, les teintes surprennent lors de moments plus délicats. La rare musique se veut très entraînante, dont ce superbe tube de New Order. Les pistes sonores exploitent suffisamment les différentes enceintes pour y faire ressortir des bruits de balles, d'avions, de sirènes et de pluie. Les voix sont claires, les dialogues s'entendent parfaitement. Entre opter pour la version originale qui comprend une multitude de sous-titres (car on y parle notamment en français, en anglais, en espagnol et en allemand) et le terrible doublage francophone, mieux vaut opter pour le premier choix.

La pochette est spectaculaire à souhait. Il y a un édifice en feu et le visage de Carlos en relief. Le menu principal du disque opte plutôt pour un mouvementé montage de scènes fortes qui est rythmé sur une chanson qui donne seulement le goût d'aller se déhancher sur une discothèque. Les quelques suppléments méritent l'attention. Il y a tout d'abord un intéressant documentaire de 21 minutes qui expose l'attentat principal qui est développé dans la seconde partie. Le réalisateur est montré dans le feu de l'action, dirigeant ses troupes afin d'obtenir le meilleur d'eux. Il y a ensuite une entrevue de 20 minutes avec le cinéaste qui discute de l'origine du projet, de sa recherche exhaustive et de la nécessité de traiter en profondeur de cette thématique. Une autre entrevue un peu plus superficielle avec le principal protagoniste permet d'en savoir davantage sur sa vision du personnage. Des bandes-annonces en français et en anglais complètent les bonus.

Éclairant autant sur sa fascinante époque et son sujet contradictoire plutôt que de tout inonder sous des effets stylistiques, Olivier Assayas est parvenu à pondre un effort impressionnant - romancé, mais à saveur objective - sur "Carlos", un des criminels les plus importants du siècle dernier. Un exploit encore plus probant que sur les récents Che de Steven Soderbergh et les deux Mesrine de Jean-François Richet. Le cinéphile qui a le choix devrait toutefois choisir haut la main pour la version longue, beaucoup plus complète, haletante et, au final, recommandable.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments7
Vidéo7
Audio7