Caterina In The Big City
Empire Pictures

Réalisateur: Paolo Virzì
Année: 2005
Classification:
Durée: 106 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Italien (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
4 août 2007

Plus cinglante que les comédies américaines pour adolescentes et plus pertinente que le récent populaire Mean Girls est la gentille fable "Catherina in the Big City" ("Caterina va in citta" en version originale) qui arrive tout droit de l'Italie. Au pays de Benigni et d'Antonioni, place aux nouvelles aventures plus qu'attrayantes de Paolo Virzi.

À treize ans, Catherina (Alice Teghil) délaisse la campagne pour la grande ville de Rome. Protégée par une mère plutôt mystérieuse (Margherita Buy) et un père extraverti qui n'a pas la langue dans sa poche (Sergio Castellitto), elle cherche à construire son identité à travers ses amies. Entre une fille d'écrivaine plus révoltée et la progéniture un peu greluche d'un important ministre, le choix est difficile à faire. Pourtant, ni l'une ni l'autre ne semble lui procurer le bonheur absolu et cette quiétude tant espérée.

Les récits pour adolescents se divisent en trois catégories importantes. Il y a la pseudo comédie vulgaire à la American Pie, la romance plus quétaine popularisée par John Hughes et les tribulations entre copains et copines qui peuvent prendre une tangente extrêmement superficielle comme ce Bratz : The Movie. C'est de ce côté que se situe "Catherina in the Big City". Bien entendu, tout y est tellement plus pertinent et subtil. L'héroïne avance dans sa destinée en se cognant le nez un peu partout. Elle doit composer avec des cliques qui la mettent immédiatement dans des cases. Les essais et les erreurs l'amèneront à déterminer ce qui la motive réellement, faisait fi des opinions et de la mode.

Malgré les limites propres au genre, Virzi ne s'intéresse pas uniquement à cette jolie demoiselle incarnée avec fougue par la lumineuse Alice Teghil. Il dresse un portrait implacable de l'Italie toujours divisée dans des strates fascistes et communistes. Cette filiation de la notion de la politique n'est jamais appuyée. Sauf qu'elle guide les classes sociales jusque dans la sphère privée, divisant la famille au passage. Justement, les parents demeurent aussi importants que leur enfant. En intellectuel qui ne l'est pas vraiment, Sergio Castellitto ne peut que voler la vedette. Ses discours sont caustiques et sa façon de questionner la société force la réflexion. À ses côtés, Margherita Buy est plus effacée, introvertie, explosant aux endroits les plus insoupçonnés. Le reste de la distribution, joliment caricaturale, est tout à fait à l'aise et il y a quelques têtes que reconnaîtront les adeptes de Nanni Moretti.

La musique est versatile à souhait. La protagoniste a une préférence pour des cantiques et des pièces classiques, saufs que les airs vont de l'atmosphérique à la pop en passant par le rock, le punk, le techno et même un succès de Nick Cave. La piste sonore italienne demeure toujours claire, les haut-parleurs soutiennent l'intérêt sans voler la vedette (à l'aide de rire et d'échos) et la langue s'avère très vivante. Pour bien suivre l'histoire, il est toutefois conseillé d'opter pour les honnêtes sous-titres jaunes en anglais. Les images offrent une belle palette de couleurs. Au départ, le filtre se veut successivement bleu et orangé, pour finalement devenir plus réaliste. L'atmosphère un peu blanchâtre et les contrastes qui manquent de précision ne peuvent annuler ces détails somptueux et ces éclairages qui donnent parfois une nouvelle dimension aux évènements.

En voyant la pochette, la première impression peut être faussée. En effet, ce minois perdu superposé sur un plan flou dans des tons blancs et roses est loin d'être exquis. Heureusement, le menu principal du DVD se veut plus attrayant. Il y a plusieurs scènes qui se déroulent au ralenti sur une mélodie légèrement datée. Le long-métrage semble se suffire à lui-même, car il n'y a aucun supplément significatif pour accompagner cette édition. Entre la bande-annonce originale, six publicités de prochaines productions de la compagnie Empire Pictures, 15 photographies statiques, une biographie du cinéaste, sa filmographie et ses prix remportés, le tout se visionne en seulement quelques minutes.

À la fois tendre, mignon et légèrement politisé, "Catherina in the Big City" remporte haut la main les combats avec ses homologues américains qui ne pensent qu'à montrer des filles magasiner et se chamailler dans des guerres de bouffe. Au contraire, le réalisateur de Napoléon (et moi) alterne avec succès entre le rire et l'émotion en respectant continuellement l'intelligence de son public. Ce qui donne un petit film agréable, en apparence convenu, qui sort des sentiers battus en plus d'une occasion.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments3
Vidéo7
Audio7