Une autre des nombreuses œuvres de l'Espagnol Jess Franco vient de revoir le jour chez Blue Underground. Il s'agit ici de "Cecilia" (parfois connu sous son titre original d'"Aberrations sexuelles d'une femme mariée"!!!) un film pseudo-érotique de 1982. Genre de copie d'Emmanuelle sans la classe ni l'originalité de ce dernier, ce film titilla peut-être les esprits espagnols de l'époque, fraîchement délivrés de la dictature morale du franquisme, mais au vingt-et-unième siècle, plus personne (ou presque...) n'en sera amusé.
Le film relate l'histoire d'une jeune bourgeoise correcte qui s'amuse à aguicher ses serviteurs en se promenant nue dans sa maison et qui paiera ses jeux en se faisant violer par un groupe d'entre eux. Bien entendu, au lieu d'être traumatisée à vie par cette expérience, elle découvrira plutôt la vraie jouissance et le plaisir sexuel brut et partira donc dans une croisade de libéralisation de son corps. Orgies sophistiquées, amour en plein air, viols barbares, saphisme (relations entre deux femmes pour ceux et celles qui auraient raté leurs cours d'éducation sexuelle au CEGEP!) , exhibitionnisme, échangisme, voyeurisme et sado-masochie sont donc au rendez-vous pour cette jeune fille de bonne famille qui s'ouvre littéralement sur le monde! Malheureusement l'amour de son mari survivra-t-il à ces épisodes adultères? S'en soucie-t-on vraiment de toute façon?
Mettant en vedette Muriel Montossé et d'autres poulains de l'écurie Franco (comme sa femme Lina Romay, toujours aussi nue que dans ses autres prestations!), Cecilia se veut par trop philosophique ou initiatique, sans aucune profondeur à la réflexion dois-je ajouter, et est ma foi trop prude pour être intéressant pour quiconque sauf les fans du réalisateur culte dont c'est (c'était) un des films les plus difficiles à trouver. Même ce bon vieux Jess lui-même avoue en entrevue qu'il le trouve long et inutile! C'est tout vous dire...
Au niveau visuel, comme toujours avec Blue Underground, on a pris soin d'obtenir une belle copie pour le transfert (à partir des négatifs de tournage originaux dans ce cas-ci) et de bien la nettoyer. Peu de travail a été fait pour en améliorer la facture originale un peu terne et délavée, ce qui rend les splendides paysages verdoyants de la région portugaise de Sintra, là où la totalité du film fût tournée, moins percutants et éblouissants qu'ils le devraient. La surutilisation de filtres de diffusion au moment du tournage ne rend bien entendu pas la tâche facile aux techniciens contemporains.
Au niveau sonore, on a enfin inclus une piste française qui se révèle plus mauvaise que celle anglaise. On aurait aimé la trame de dialogues espagnole originale pour comparer, mais elle n'est pas présente. Les deux pistes doublées sonnent comme un travail de studio bâclé avec une grande présence d'écho et de voix étouffées, même en plein air dans des endroits grandioses comme des parcs nationaux ou sur le bord d'une plage paradisiaque. Bien entendu le transfert ne peut non plus corriger (tous) les défauts de l'époque sans en altérer la qualité artistique et on doit donc se contenter d'un son global assez lourd et sans subtilité. La musique mielleuse est aussi trop présente, mais au point ou on en est...
En supplément, une courte entrevue de Franco qui parle à peine du tournage de "Cecilia" et se penche plutôt sur ses souvenirs de soirées branchées où la drogue voltait à flots, et autres anecdotes de Sergio Leone sur le LSD!!! Comme toujours, cigarette au bec et petite veste de laine à l'appui, le réalisateur parle vertement et humblement de sa profession et de ses expériences. Ça change du flash, de l'hypocrisie et de l'ego des entrevues de réalisateurs hollywoodiens...
| Film | 5 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |