J'ai toujours aimé visionner les polars qui proviennent de l'Europe plus particulièrement ceux de la France, de par sa manière de calquer ses personnages et surtout pour ses dialogues qui ne donnent pas exclusivement dans l'almanach du macho dur à cuire. Malgré le fait que le genre fut quelque peu délaissé depuis des années, il semble présentement profiter d'un léger soubresaut de popularité avec la sortie récente du très attendu 36 Quai des Orfèvres et de quelques autres parutions moins gourmandes dont "Cette femme-là", petit film policier mettant en vedette la très talentueuse Josiane Balasko.
Écrit et réalisé par Nicolas Nicloux, un féru du genre policier, "Cette femme-là" raconte l'histoire de Michèle Varin, commissaire de police qui est en proie à un état dépressif quasi perpétuel suite à la mort de son fils, par un certain 29 février. Depuis ce moment fatidique, cette journée additionnelle de l'année bissextile se transforme en véritable cauchemar où le monde des rêves s'emboîte à celui de la réalité. Présentement, elle enquête sur le suicide mystérieux d'une femme âgée retrouvée pendue en pleine forêt, sur une série de vols perpétrés avec une extrême violence et sur divers petits délits commis ici et là. Nager en plein mystère, c'est sa vie et comme nous sommes de 22 février 2002, le mystère revêt bien des visages.
Ce film nous envoie plus dans l'univers du thriller que celui du polar proprement dit, car le spectateur est en proie aux mêmes hallucinations que la commissaire et on nous entraîne sur les sentiers nébuleux de l'imaginaire. Pour accentuer l'état dépressif du personnage central, le réalisateur y greffe un climat lourd qui n'est pas sans rappeler Seven avec ses pluies éternelles et ses plans sombres. Le film manque par contre de rythme et une fin quelque peu forcée vient égratigner notre plaisir. Côté interprétation, Josiane Balasko change radicalement de registre dans ce film, mais elle réussit fort bien à camper son personnage et lui donner l'aisance nécessaire pour le rendre crédible.
Le transfert vidéo est selon les normes du moment, mais sans plus. L'image se compose de couleurs très belles et naturelles. Certains passages plus sombres laissent cependant entrevoir une certaine granularité, mais rien pour avoir des haut-le-coeur. Le volet audio est par contre en recul par rapport aux standards actuels, car nous avons droit à une trame Dolby Digital 2.0. C'est bien dommage, car avec les nombreuses scènes d'extérieur où il pleut et celles qui prennent racine en forêt, il y avait de quoi reproduire une ambiophonie qui nous aurait pu nous faire frissonner. Les voix sont audibles et la très agréable musique d'accompagnement se colle bien à l'histoire et se fusionne parfaitement au mixage sonore.
Le menu est présenté telle une grille et nous montre certaines images du film qui font place à quelques segments vidéo. D'une facture sobre et très esthétique, il se veut une belle entrée en la matière. Quelques suppléments sont présents sur cette édition et la pièce de résistance est la sélection de huit scènes du film personnellement choisies par le réalisateur. En fait, il a filmé l'équipe de tournage pendant ces scènes et le résultat est vraiment très intéressant. On se sent impliqué dans le processus de tournage de film et on comprend mieux comment ce processus de créativité fonctionne. La bande-annonce du film complète le tout.
"Cette femme-là" ne redéfinit certes pas le genre, mais propose une approche intéressante à une histoire somme toute assez banale en nous faisant passer du réel à l'imaginaire et comme tout bon polar français, on ne reconnaît pas la signature de ce film au nombre de coups de revolver tirés, mais plutôt à ses dialogues intelligents. Les amateurs de films répertoire et étrangers apprécieront le moment passé en sa compagnie alors que les maniaques de films d'actions où tout explose et où l'hémoglobine coule à flot risquent de ronger leur frein.
| Film | 7 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |