Petit film français sans conséquence qui aurait été oublié sans la présence au générique de ses interprètes (Michel Simon, Arletty), "La chaleur du sein" affiche en 2009 ses 81 bougies. Pas mal pour une œuvre déjà datée depuis huit décennies qui fait sourire lors de quelques rares scènes.
Gilbert (Jean Pâqui) a essayé de s'enlever la vie et il est à l'hôpital. Tour à tour, les trois anciennes femmes (Arletty, Gabrielle Dorziat, Jeanne Lion) de son père (Michel Simon) décident de lui rendre visite. Au fil des évènements, elles découvrent que le garçon avait le béguin pour une chanteuse de cabaret, et qu'il a commis un ennuyant larcin.
Des années 1930 aux années 1960, Jean Boyer a réalisé plusieurs longs-métrages, dont "La chaleur du sein" en 1938 qui n'a laissé aucun souvenir impérissable. Cette comédie exploite pendant 74 minutes (et non les 85 minutes marquées sur le boîtier) une seule bonne idée: la présence de trois mères auprès d'un jeune homme. De quoi étirer inutilement un propos qui manque sévèrement de nouveauté, de dialogues phares et de séquences réellement intéressantes. Surtout que le découpage ne bénéficie d'aucun polissage, donnant au final au montage assez brut qui fait immédiatement réagir.
Ce type de récit, prévisible de A à Z jusqu'à sa finale incroyablement moralisatrice, existait pour confronter des comédiens talentueux qui ont marqué leur génération. Arletty apparaît au sommet de sa beauté et de sa grâce, et sa modernité amène un vent de fraîcheur. Le jeu tout en finesse de Michel Simon en fait un des personnages les plus rigolos de l'ensemble. Voilà des interprètes qui sont malheureusement enfermés dans un scénario un peu mince qui n'a que faire des ressorts dramatiques.
L'image présentée n'est pas particulièrement jolie. Il y a continuellement du grain et des égratignures - ce qui est normal pour l'époque - qui gâchent la qualité du visionnement. Le noir et blanc, élégant par moments, perd de sa consistance avec cette imparfaite définition des contours et ces contrastes pas toujours au point. La piste sonore francophone privilégie les dialogues, qui s'entendent aisément. En revanche, il n'y a aucun sous-titre afin de rejoindre un plus large public. La musique, harmonieuse et délicate, accompagne quelques pièces de music-hall et des numéros chantés.
La pochette fade reprend deux scènes de l'ouvrage. Le banal menu principal du DVD consiste en un seul extrait accompagné d'une agréable mélodie. Il n'est même pas possible de sélectionner une scène, mais seulement de regarder le tout! Aucun supplément n'est disponible, ce qui n'est pas surprenant pour un "classique" (au terme de l'âge, et non des qualités cinématographiques) offert à un prix dérisoire.
"La chaleur du sein" est loin d'être un opus majeur. Il s'agit même du contraire, une banalité mineure qui souffre atrocement du poids des années. Reste une curiosité pour les nostalgiques qui ne se lassent pas de revoir Arletty et Michel Simon.
| Film | 4 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 3 |
| Audio | 6 |