La chambre
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Giles Daoust
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 90 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20), Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
10 décembre 2006

Depuis les belles années du film d'horreur européen où l'Italien Dario Argento et l'Espagnol Jesus Franco régnaient en maîtres sur les nerfs des spectateurs des salles de cinéma, il est rare que le vieux continent produise des films du genre qui réussissent à traverser l'océan pour se rendre sur nos écrans. Il est vrai qu'avec la quantité phénoménale de films de peur produits par nos voisins du sud, et le parti pris des distributeurs locaux pour le divertissement "made in USA", la compétition est maintenant plutôt inégale. Et puis comme bon an mal an, et ce peu importe la qualité (et dieu sait s'il est un genre où la qualité laisse souvent à désirer!), les salles se remplissent d'adolescents en manque de sensations fortes, et les clubs vidéos ne fournissent pas à la demande, pourquoi se compliquerait-on la vie à aller débusquer des films aussi loin qu'en Europe?

Ces pourquoi quand un petit film d'horreur belge réussit à se glisser parmi la masse des nouveautés américaines, on ne peut que se réjouir. On attendait donc le film ""La Chambre"" de Giles Daoust avec une certaine impatience. Malheureusement, l'attente crée parfois des espoirs qui virent en désillusion le grand moment arrivé, comme c'est le cas ici. Là où on espérait un film original et se démarquant des produits américains, on se retrouve avec un ramassis de clichés du genre, un scénario déjà tourné quatre mille fois, et des comédiens surjouant et mal dirigés, à l'exception peut-être de Pascal Duquenne, le comédien trisomique de l'excellent Le huitième jour de Jaco Van Dormael, qui malgré un rôle assez passif s'en sort plutôt bien.

Un des grands défauts de tous ces jeunes réalisateurs (qui sont aussi souvent scénaristes) de films d'horreur c'est qu'étant des amateurs finis du genre ils ont justement trop vu de films et n'ont pas assez de recul pour se sortir de l'impasse hommage vs pastiche. Ou encore c'est peut-être que le genre est assez limité et qu'entre le diable, le fou meurtrier et l'épidémie transformant les gens en zombies, on en a vite fait le tour... Toujours est-il qu'ici on sent le manque d'inspiration à plein nez. Le film commence d'ailleurs avec une citation de The Shining de Stanley Kubrick("All work and no play make Jack a dull boy") puis se poursuit avec le personnage principal, Alex (Duquenne), regardant à la télé une version dessin animé de ce même film de Kubrick, où Nicholson et sa famille sont remplacés par des lapins! Vient ensuite le classique plan-séquence à la steadycam traversant toute la maison et nous présentant chaque membre de la famille. Puis quelques plans léchés et classiques (grand angle déformant, bref flash forward de quelque acte de démence à venir, fille nue dans la douche, etc.) dont un du long couloir à l'étage avec la porte du fond - celle de "La Chambre" du titre - parfaitement centrée au point de fuite. Ha oui, j'oubliais, il y a aussi le père qui saute les plombs et menace sa famille avec une hache et le plan aérien de la maison! Et ainsi de suite jusqu'à la fin. Stanley doit se retourner dans sa tombe...

L'histoire, classique elle aussi, est assez simple. Une famille belge tranquille dont le fils est trisomique et la fille enceinte malgré elle se retrouve enfermée dans sa maison et coupée du monde extérieur suite à l'apparition d'une porte bizarre menant à une chambre inexistante auparavant. Un par un les membres de la famille sont happés par cette porte et se retrouvent dans "La Chambre". La sœur (Caroline Veyt) doit ensuite percer le mystère de "La Chambre" et s'aperçoit que son frère Alex n'est pas aussi handicapé qu'il n'y paraît...

Au niveau visuel, on a affaire ici à des esthètes. Une direction photo superbe, beaucoup de travail sur l'image et utilisation d'effets intéressants comme saturation ou découpage de certaines couleurs, surexposition de zones précises pour détacher le sujet, utilisation ponctuelle du noir et blanc et même de négatif "colorié". Chaque plan un Rembrandt comme disait l'autre! C'est d'ailleurs peut-être ce qui sauve le film du désastre. Le tout étant fidèlement rendu par un transfert DVD de qualité, on a donc un film visuellement intéressant. Au niveau de l'audio, comme pour l'image, on a fait beaucoup de travail pour ponctuer certains bruits et en amplifier d'autres pour aider au climat de tension ayant court dans la famille après l'apparition de "La Chambre". La musique, très présente dans la deuxième partie du film, ajoute aussi beaucoup à l'ambiance. La qualité audio aide certainement à créer le climat recherché par le réalisateur. Encore une fois dommage que le scénario n'ait pas été à la hauteur. Il n'y a malheureusement (ou heureusement?) pas de supplément d'inclus sur le disque.


Cotes

Film5
Présentation5
Suppléments-
Vidéo8
Audio7