Il y a des films qui restent longtemps sur nos tablettes. On retarde tout le temps le visionnement, car la pochette ou le synopsis ne nous dit plus rien. Lorsqu'on se décide de passer à l'acte et qu'on découvre un petit bijou sans vraiment s'y attendre, c'est franchement excitant. On se rend compte que nos réticences sont très superficielles. C'est ce qui m'est arrivé avec "Chaos", un film que je vous invite fortement à découvrir.
Hélène (Catherine Frot) et Paul (Vincent Lindon) forment un couple bourgeois sans passion. Ils vivent leur vie aisée de façon mécanique et sans vraiment se poser de question sur leur couple. Un soir, alors qu'ils se promènent en voiture, ils se font aborder par une femme en crise qui leur demande de l'aider en la faisant embarquer dans la voiture. Le couple ne réagit pas et garde les portières verrouillées. La femme se fait battre devant leurs yeux par trois hommes qui la poursuivaient. La seule réaction de Paul sera d'aller faire laver la voiture couverte de sang avant que les policiers ne s'en aperçoivent.
Si Paul reste insensible, Hélène se sent très mal devant cette situation et tente de retrouver la jeune femme (Rachida Brakni). C'est aux soins intensifs qu'elle la retrouve : paralysée et incapable de parler. Hélène décide de se racheter en restant au côté d'elle pour l'aider à récupérer. Elle délaisse son mari, son fils, son travail et ses amies pour rester jour et nuit à l'hôpital.
Lentement et sûrement, la jeune prostituée Malika reprend le dessus grâce aux soins attentionnés d'Hélène. Toutefois, elle n'est pas au bout de ses peines, car les proxénètes pour qui elle travaillait tentent de la retrouver pour lui faire signer une procuration d'une haute importance. C'est pour cette raison qu'elle se fait poursuivre et se fait tabasser. Toute cette situation provoque le chaos dans la famille d'Hélène. Son mari Paul se rattache à des simplicités : il demande à sa femme de revenir pour faire le repassage, la bouffe ou lire son courrier. Jamais il ne lui demande de revenir par amour. Complètement désorganisé, il doit aussi subir les aventures de son fils Fabrice (Aurélien Wiik) qui joue au grand séducteur avec plus d'une fille.
La partie où Malika explique son cheminement de vie et son "entraînement" pour devenir prostituée est vraiment captivante. Cette explication prend une grande place dans le film et nous donne quelques explications sur ses agissements du début. La vengeance sera douce pour Malika. Elle veut faire payer ses proxénètes, sa famille et Paul, celui qu'elle appelle "l'homme qui se cache dans la voiture verrouillée".
Le menu est assez bien. Du côté gauche, on retrouve la scène d'ouverture du film, la scène qui déclenche le chaos. De l'autre, on aperçoit le visage du personnage de Malika. La musique de St-Germain (présente également dans tout le film) accompagne le menu. L'index des chapitres contient des vignettes animées pour représenter les chapitres.
Le film a été tourné en format DV plutôt que 35 mm, ce qui peut expliquer la très bonne qualité de l'image. Il n'y a aucune poussière et l'image est très claire. Les couleurs semblent un peu ternes, mais c'est peut-être un traitement voulu pour ce film. Côté sonore, la piste Dolby Digital 5.1 est un peu trop discrète à mon goût. Il y a de nombreuses scènes où un peu plus de dynamisme aurait été souhaité. Les haut-parleurs arrière sont très peu sollicités. Le caisson extrême-grave, quant à lui, y trouve son compte avec la musique de St-Germain.
Pour les suppléments, cette édition zone 1 n'est pas beaucoup garnie. Il y a un documentaire de production de près de 25 minutes, mais qui semble plus à être un ramassis d'images tournées sur le plateau. On traite entre autres du format DV et de l'impact sur le différent corps de métiers. C'est un peu le fouillis et l'intérêt est de ce documentaire n'est pas énorme. Quatre bandes-annonces du film sont également présentes.
Un film drôlement intéressant. Dans la première heure, il est possible de se sentir étourdi par la réalisation. En effet, la réalisatrice Colinne Serreau préfère utiliser de très courts plans-séquences. On se promène donc rapidement entre plusieurs endroits, ce qui peut sembler donner un rythme fou au film. Par après, le film revient à des techniques un peu plus conventionnelles. N'hésitez pas à visionner cette découverte qui vous fera passer une bonne soirée.
| Film | 8.5 |
| Menu | 6.5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |