Chrysalis
TVA Films

Réalisateur: Julien Leclercq
Année: 2007
Classification: 14A
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 824255005258

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
16 mars 2009

Plus agréable à regarder qu'à écouter, "Chrysalis" souffre d'un scénario faiblard que ne parvient pas à racheter un soin esthétique de tous les instants. À la fois magnifique, superficiel et ennuyeux.

Dans un avenir rapproché, une machine qui est capable d'effacer les souvenirs des gens fait l'envie de plusieurs individus. À tel point que le pouvoir en place et une horde de malfrats se disputent cette technologie tant désirée. Cette situation n'empêche pas le policier David Hoffmann (Albert Dupontel) de rechercher insatiablement le meurtrier de sa femme qui est toujours actif dans l'ombre.

Cette idée novatrice, qui n'est pas tellement éloignée de celle du génial Dark City d'Alex Proyas, est le meilleur et le pire élément de cette luxueuse production. D'un côté, les possibilités créatrices sont infinies. De l'autre, elles sont peu ou pas exploitées au sein de ce pseudo suspense prétentieux et maniéré au possible. Après un début prometteur, le rythme s'alourdit, avant de se vautrer dans des dialogues peu inspirés et des combats incroyablement répétitifs.

La mise en scène glaciale, si elle sert bien le sujet, n'est certainement pas au service des protagonistes. Les jolies femmes à la psychologie mal développée se suivent à un rythme effarant. Même Albert Dupontel, généralement complexe et fascinant, s'affiche ici sur le pilote automatique, livrant une prestation plus physique qu'émotionnelle. Son jeu est à l'image de ces nombreux enjeux qui fondent comme neige au soleil devant tant d'invraisemblances.

Ce problème au niveau du fond ne se répercute pourtant pas sur le plan de la forme. Pour son premier film, le réalisateur Julien Leclercq affiche beaucoup d'assurance, créant un climat clinique d'étrangeté qui peut rappeler ceux de Renaissance et de Minority Report. Son univers drabe et robotique affiche des couleurs sombres précises dominées par le blanc, le gris, le bleu et le noir. Ces images ravissantes sont accompagnées d'incroyables contrastes. Mis à part quelques traces de blocage, le reste frôle la perfection.

Un soin sonore considérable a également été apporté à la musique. Parfois atmosphériques, rythmées ou métalliques, les mélodies sont généralement dramatiques, avec ce piano qui semble provenir du grandiose Shawshank Redemption. Les différents haut-parleurs ne sont pas en reste avec une multitude de balles, de cris et de sonneries qui proposent une immersion plus qu'appréciable. Les dialogues francophones instantanément compréhensibles peuvent être accompagnés de très jolis sous-titres blancs en français.

Sur la jolie pochette blanche figure un visage lumineux qui ressemble presque à celui d'un ange. Plus musclé est le menu principal du DVD qui offre un rapide montage de scènes et un élégant chant féminin. Cet envoûtement n'est cependant pas assez ensorcelant pour faire oublier l'absence totale de suppléments.

"Chrysalis" est un film français qui ressemble à des dizaines de longs-métrages américains. Tout est dans l'apparence et la beauté visuelle et rien n'est dans le développement des personnages et le scénario qui, malgré des idées fortes, ne peut que se complaire dans une enquête policière très peu mémorable.


Cotes

Film4
Présentation6
Suppléments-
Vidéo9
Audio8