"City Hunter" est une des plus populaires manga de l'histoire du Japon. Le personnage principal, Ryo Saeba, a même été voté le deuxième meilleur héros de tous les temps. Créée par Tsukasa Hôjô de 1983 à 1991, la série de bandes dessinées comporte 35 volumes qui ont été traduits partout à travers le monde, et même souvent de façon non autorisée. Il est important de comprendre que, tel qu'abondamment discuté dans les suppléments du DVD de Animatrix, la manga est autant respectée au Japon que tous les autres médiums; livres, films, etc. Bref, la notoriété atteinte par "City Hunter" est encore plus impressionnante. Au fil des ans, plusieurs films d'animation ont été réalisés sur le personnage. C'est inspiré par l'énorme succès remporté par Batman au Box-Office que des producteurs de Hong Kong ont décidé que le moment était opportun pour porter ce héros au grand écran. Et qui de mieux que Jackie pour incarner l'intrépide superhéros.
Telle que mentionnée par le réalisateur dans les suppléments, l'histoire est loin d'être l'élément important dans ce style de film. "City Hunter" ne fait pas exception. On retrouve donc l'intrépide City Hunter avec mission de retrouver la fille d'un riche financier. Après diverses péripéties, il se retrouve ainsi sur un bateau de croisière. Soudainement, des terroristes tentent de dérober les passagers. De spectaculaires combats s'en suivent, et City Hunter en sort vainqueur. Tout est bien qui finit bien: les plans des terroristes sont anéantis, et la fille du financier est saine et sauve.
Avant de faire une critique du film, il est important de mettre les choses en contexte. "City Hunter" est une manga, et le film a été réalisé de façon à imiter la bande dessinée. Avec ceci en tête, on explique facilement le gros maillet, les décors, et les exagérations de toutes sortes. Néanmoins, le film est décevant, surtout avec les hautes attentes causées par la popularité de la manga. Pour commencer, le scénario est totalement ridicule, dénué d'intrigue digne de ce nom; de plus, les dialogues sont risibles, en plus d'être on ne peut plus clichés. Et, en plus de tout cela, les comédiens sont mauvais, accentuant encore plus l'effet de fausseté. Les décors en sont réduits au strict minimum, souvent, ils ne consistent qu'en de simples murs unicolores. Par contre, ce "choix" donne un ton plus "manga" au film, ce qui n'est pas nécessairement mauvais. Néanmoins, on note tout de même une certaine négligence esthétique: dans certaines scènes, on voit même les câbles auxquels les acteurs sont attachés (pas dans le cas de Jackie Chang, bien sûr...). Le même degré de subtilité est appliqué aux cascadeurs; les perruques sont mal faites, et dans plusieurs cas, la doublure n'est même pas du même gabarit que l'acteur. Néanmoins, tel que mentionné plus haut, le but des films de Jackie Chan n'est pas l'histoire, ni le son, ni les dialogues, ni l'image; c'est tout simplement les scènes de combat spectaculaires. Par contre, dans ce film, on reste un peu sur notre faim. Un seul combat est réellement digne de mention: celui de la scène finale, contre le chef des terroristes. Deux hommages sont aussi à souligner. Le premier en est un à Bruce Lee (à qui Jackie Chan servait de chair à canon dans quelques films...), alors qu'on assiste à une reprise du célèbre combat avec Kareem Abdul-Jabbar dans "Games of Death". Le second est une parodie très réussie des combats du populaire jeu vidéo "Street Fighter". Tout y est; les costumes, les coups, les coups spéciaux, les cris, et même les danses de victoire! Tout cela ensemble, le film est somme toute assez agréable à écouter.
Comme pistes sonores, on offre le choix entre une traduction anglaise, ou la version dite originale cantonaise. Il est important de noter que les deux pistes ont été enregistrées en studio, puisque lors du tournage, les acteurs américains s'exprimaient en anglais et les acteurs de Hong Kong en cantonais. Ainsi, peu importe le choix, les voix sont presque toujours désynchronisées, avec un son studio. Les deux pistes sont encodées en Dolby Digital 5.1, et, mise à part les voix, sont identiques (puisque qu'aucun son n'a été capté sur le plateau). L'ambiophonie est surprenante pour un film de cette époque, les effets fusant de toute part lors des combats; mais en général, rien de bien particulier. La musique est aussi souvent redirigée dans ces haut-parleurs, peut-être même à outrance. Les basses fréquences sont très peu présentes, ce qui n'aide pas au côté artificiel du film. Les dialogues, même si inutiles et redondants, sont toujours parfaitement intelligibles.
Du côté de l'image, on a droit à un transfert tout au plus correct. Encore une fois, spécifions que la qualité de l'image est loin d'être le souci du réalisateur. Ainsi, on remarque énormément de grains en arrière-plans, et ainsi beaucoup de fourmillements. Les couleurs semblent aussi sursaturées (peut-être est-ce voulu, pour accentuer le côté manga..). On voit aussi des artefacts de compressions apparaître de temps en temps: des points blancs, ainsi que quelques accentuations des contrastes. Somme toute, à bien y penser, cette édition DVD est peut-être la meilleure version côté vidéo que le film ait eue...
Pour ce qui est des suppléments, on nous présente pour commencer deux bandes-annonces du film: l'originale cantonaise, et celle présentée aux États-Unis. On peut ensuite voir un segment avec une série de bloopers du film, dont certains se recoupent avec ceux du générique (tradition des films de Jackie Chan). Vient ensuite une section consacrée aux photos de production. On nous présente aussi une série d'interviews. La première est avec Jackie Chan; il nous parle de plusieurs sujets, dont, évidemment, le film. Ce qui est par contre le plus intéressant est sa description de ses expériences avec le cinéma américain. Les deux autres interviews sont avec le réalisateur et le responsable des cascades, respectivement. On y apprend non seulement sur City Hunter, mais aussi sur ce type de film. La section des suppléments continue avec des photos et une courte biographie de Jackie Chan. On retrouve ensuite une série d'images montrant le matériel promotionnel du film: principalement des affiches et des cartes à collectionner. Finalement, on nous propose des notes de production, c'est-à-dire un résumé du film et de courtes biographies des acteurs et artisans. Aussi, à partir du menu principal, on peut visionner les bandes-annonces des autres films de Fox d'un genre apparent: Magnificient Butcher, Hong Kong 1941, Kiss of the Dragon et The Transporter. Somme toute une section de suppléments bien garnie. Un seul petit détail assez déplaisant: lors du visionnement des suppléments présentés sous forme de diapositives (les photos, par exemple), il aurait été moins désagréable de ne pas mettre de musique du tout. Ceci aurait évité de nous faire réentendre les mêmes trois secondes de la chanson thème à chaque image...
Les menus du DVD sont assez réussis. Ils ont tous la chanson thème en fond. Le menu principal comporte des animations du film. Ils sont en général clairs, efficaces et bien définis. Une police un peu plus grosse aurait peut-être été plus adéquate.
Bref, les complétistes voudront sûrement se procurer ce DVD, mais même les fans seront déçus du film. Par contre, côté extras, tous seront servis à souhait. Le plus dommage avec tout cela est qu'un personnage aussi célèbre et aimé que City Hunter n'ait pas eu droit à un meilleur film; il aurait peut-être même suffi d'un scénario un peu plus recherché...
| Film | 4 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |