The Coast Guard
Tartan Video

Réalisateur: Kim Ki-duk
Année: 2002
Classification: R
Durée: 94 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Coréen (DD51, DTS51)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 14
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Robert Bélanger
18 septembre 2005

Dernier film tourné par Kim Ki-duk avant le changement de cap amorcé par Spring, Summer, Fall, Winter, and... Spring, "The Coast Guard" combine tous les éléments qui ont marqué ses films précédents: un personnage marginal et tordu, la violence extrême, les abus physiques et psychologiques envers les femmes, et une maîtrise visuelle peu commune. Malheureusement, le controversé réalisateur coréen ne parvient pas à intégrer tous ces excès dans une critique cohérente du contexte socio-politique tourmenté de son pays d'origine. "The Coast Guard" est, sans contredit, son film le moins réussi.

Le soldat Kang (Jang Dong-gun) est affecté à une unité chargée de surveiller une section isolée de la côte est coréenne. Il devient obsédé par l'idée de tuer un espion nord-coréen et de récolter la récompense qui s'y rattache. Alors que Kang est en fonction, il aperçoit des ombres bouger sur la plage et tire dans leur direction. Il s'agit malheureusement d'un couple qui s'était aventuré dans une zone interdite à la recherche d'un peu d'intimité. L'homme est tué et le choc plongera la jeune femme (Park Ji-ah) dans la folie. Elle hantera la plage jour et nuit, les yeux hagards, espérant le retour de son amoureux. Kang sera décoré pour avoir accompli son devoir en dépit des protestations de la population locale. Mais Kang, rongé par les remords et de plus en plus instable, devient incontrôlable et entraînera son entourage dans une spirale de démence et de violence.

On peut voir la folie de Kang comme une allégorie sur les tensions nord-sud qui divisent la Corée depuis les années 1950. Mais la tentative d'utiliser les pathologies sexuelles et les obsessions psychologiques des personnages pour représenter les conflits idéologiques tombent à plat, surtout quant on compare "The Coast Guard" à l'excellent Joint Security Area de Park Chan-wook. La subtilité est absente d'un scénario qui fait de Kang un personnage unidimensionnel qui n'a aucune place pour évoluer. De déséquilibré à fou furieux, la ligne est mince et l'interprétation de Jang Don-gun n'est pas du tout convaincante. On a donc droit à un film bordélique, où tout le monde se tape dessus allègrement et où la protagoniste principale se voit réduite au rôle de nymphomane et d'esclave sexuelle des soldats. Malgré l'excellence de la cinématographie qui met toute cette cruauté en image de façon presque poétique, "The Coast Guard" laissera le spectateur au mieux, frustré, et au pire, choqué et dégouté.

Le transfert vidéo est respectable. L'image est claire, même si parfois granuleuse, mais les couleurs paraissent un peu délavées. Les contrastes et le rendu des noirs sont adéquats, mais on note une perte de détail lors des scènes les plus sombres. Pas de problèmes de compression, mais un léger phénomène d'accentuation des contours est visible à l'occasion. La piste audio coréenne en Dolby Digital 5.1 est dynamique et tous les canaux sont mis à contribution. Les enceintes arrière s'activent pour supporter l'ambiance générale et le haut-parleur des graves apporte ce qu'il faut de punch lors des scènes d'action. Les dialogues sont clairs et les sous-titres sont faciles à lire et exempts d'erreurs typographiques. On a droit à la présentation standard de Tartan avec un boîtier simple inséré dans une jaquette cartonnée. Un encart de quatre pages avec le chapitrage et de la publicité pour quelques films à paraître chez l'éditeur est inclus. Les menus, qui reproduisent l'image du boîtier en y intégrant des extraits du film, sont de navigation aisée et accompagnés de musique.

Comme suppléments, on retrouve tout d'abord une introduction au film par le réalisateur qui nous parle de la difficulté pour les Coréens de vivre dans un pays divisé et du service militaire obligatoire. Kim Ki-duk nous revient par la suite sur une piste audio commentaire fort intéressante où il aborde les aspects politiques du film, ainsi que ses thèmes de prédilection. Il explore également certains aspects techniques et nous offre plusieurs anecdotes sur le tournage. Il y va même d'une auto-critique de son travail et du résultat! Par la suite, une courte entrevue avec le réalisateur nous propose des informations supplémentaires sur le tournage de "The Coast Guard". Une galerie photo, un vidéoclip et quelques bandes-annonces viennent compléter les suppléments.

Après avoir visionné de nombreux films coréens mettant en scène des militaires souvent traités comme des chiens, il paraît évident que la vie de soldat dans ce pays n'est pas de tout repos. On peut donc féliciter le réalisateur pour le réalisme avec lequel il traite du sujet (il a lui-même servi cinq ans dans l'armée), mais pour en arriver à une critique positive de son film, il faudrait le voir comme un documentaire et oublier tout le reste. Le talentueux cinéaste coréen nous a déjà offert beaucoup mieux.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio8