Avec le vent de politique de gauche soufflant sur l'Amérique latine depuis plusieurs années vient aussi un vent de documentaires sur ces politiciens aux tendances socialistes. Après Lula au Brésil, Ortega au Nicaragua, Michèle Bachelet au Chili et Hugo Chavez au Venezuela, avec "Cocalero" on a maintenant un regard intime sur le nouveau président bolivien Evo Morales.
En suivant Morales dans sa campagne pour la présidence, le réalisateur Alejandro Landes nous trace un portrait personnel et idéologique de cet homme simple qui, par convictions humaines, entreprit une lutte contre les injustices dont souffrent les paysans autochtones de Bolivie. Ayant eu la chance de suivre de près le candidat pendant les mois avant les élections, le réalisateur présente de façon assez positive le combat que mènent Morales et son parti, le MAS, contre les politiques néolibérales dictées par les Américains et adoptées par la classe riche dirigeant le pays depuis longtemps. La proximité de la caméra avec le candidat (l'équipe est avec lui tant dans ses déplacements que dans ses réunions de parti ou privées) laisse ainsi peu de place à l'imagination et nous permet donc d'avoir un point de vue assez réel de l'homme qui deviendra chef du pays à la fin du film.
Premier président d'origine autochtone (Aymara) de l'histoire de ce petit pays d'Amérique du Sud qui pourtant compte plus de 80% d'Indiens, Evo Morales est arrivé au pouvoir lors des élections de 2005. Ancien chef syndicaliste de l'union des planteurs de coca d'El Chapate, sa région natale, il a fait campagne contre les mesures américaines adoptées par le précédent gouvernement (évincé du pouvoir suite à une révolte populaire il y a quelques années) visant à enrayer la culture de la feuille de coca.
On suit donc le candidat Morales dans des rallies politiques, des campagnes de financement, des entrevues dans les médias, mais aussi dans des moments plus privés comme une visite sur sa ferme abandonnée (depuis qu'il milite, il n'a effectivement plus le temps de la cultiver), chez des amis, jouant au racquetball, ou même chez sa coiffeuse. Ça nous permet de voir clairement la personnalité de ce planteur de coca, tant dans les moments de détente que dans sa gestion de crise. Il y a aussi quelques moments cocasses comme de voir Morales pompette la veille des élections, ou des moments plus graves comme son discours devant une salle remplie de haut-gradés de l'armée inquiets de ses politiques socialistes (il est un grand admirateur de Che Guevara, qui, on se le rappelle, fut capturé et exécuté par l'armée bolivienne dans les années soixante alors qu'il tentait d'implanter une révolution socialiste dans le pays!) ou sa visite dans la région de Santa Cruz, centre économique du pays et bastion des riches propriétaires terriens opposés à toutes réformes agraires ou progressistes pouvant nuire à leurs affaires.
La qualité vidéo du documentaire est globalement assez bonne. Une définition et une précision correctes pour ce genre de document et compte tenu de l'équipement utilisé. On retrouve des couleurs vives et continues, sauf peut-être dans les séquences sous-éclairées. Ces dernières qui souffrent aussi d'un manque de précision et qui auraient eu besoin d'un petit coup de main technique en post-production.
Pour l'audio, le son est généralement bon, même si par moments, dans le feu de l'action, on perd un peu des dialogues. Il faut toutefois savoir qu'il y a très peu d'entrevues à proprement parler et que la majorité du tournage est faite en conditions de son direct et improvisé. De plus comme le documentaire est en espagnol et quechua (sous-titré anglais), les francophones ne seront pas embêtés par ces quelques petits défauts sonores. Il n'y a pas de suppléments sur ce DVD.
| Film | 8 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |