Comme tout le monde
Les Films Séville Pictures

Réalisateur: Pierre-Paul Renders
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 93 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 18
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
4 mars 2007

La comédie peut être mondialisée. Coproduction entre le Canada, l'Allemagne, le Luxembourg, la France et la Belgique, "Comme tout le monde" (ou "Mr. Average" en anglais) s'avère un tendre moment d'humour et de joie... à condition de ne pas être trop exigeant.

Les opinions de Jalil (Khalid Maadour) représentent un échantillon de mille personnes. Afin de tester de nouveaux produits, une compagnie de sondages dépêche Claire (Caroline Dhavernas) dans sa vie pour l'espionner et le mettre à l'épreuve. Un rôle qui s'avérera de plus en plus lourd à supporter. Sur le point de partir, elle se laisse toutefois convaincre de continuer, car ses patrons ont promis au Président de la République (Thierry Lhermitte) d'améliorer son image en vue des prochaines élections. Lorsque le principal intéressé découvre comment son existence est préfabriquée et artificielle, il décide d'en profiter pleinement...

Le réalisateur Pierre-Paul Renders se spécialise dans le faux, la société à la dérive et la quête identitaire. Sur son précédent Thomas est amoureux, il filmait continuellement un homme qui préférait son ordinateur aux contacts physiques. Cette fois, il s'attaque au culte de l'image, à la tromperie et à la manipulation. La publicité est partout et elle pénètre la plupart des existences. Ces flashs fantaisistes sont souvent drôles et réussis, sans jamais verser dans la surenchère. Le plus révélateur est sans doute ce désir de prendre une chance et de visionner une œuvre étrangère au lieu de rester accroché à la banalité quotidienne... Assez rapidement, des connotations politiques entrent en jeu et la jubilation est atteinte. La consommation laisse la place à une lutte de pouvoir qui est tout aussi incisive.

Comme c'était le cas de son premier récit, Renders semble ignorer comment conclure un film. Ici, le rythme endiablé et la charge sentie se dégonflent avant la fin pour se terminer dans le mielleux et l'attendu. La dénonciation d'un milieu inquiétant est troquée afin que la banale histoire d'amour perdure. Encore et toujours, l'histoire se répète. Au moins, l'interprétation s'avère mignonne comme tout. Khalid Maadour a souvent tendance à en faire trop, mais il est le seul à verser dans les extrêmes. Une fois habitué à son accent, le spectateur pourra se concentrer sur le jeu délicat de Caroline Dhavernas. Quant à Thierry Lhermitte, il fait rire avec ses répliques et ses mimiques si irrésistibles.

Les aspects visuels lorgnent vers le clinquant. Les couleurs sont variées et distinctes. Les reflets volent de partout et le bleu, le vert et l'orange offrent des atmosphères énergiques. Lorsqu'une nouvelle caméra est utilisée, une surcharge de grains apparaît. Une variation normale qui est toujours appréciée. Le noir et le blanc ne font pourtant pas toujours bon ménage. Les contrastes manquent parfois de profondeur et il n'est pas rare que la luminosité prenne le dessus. C'est à l'introduction que les aspects sonores sont les plus présents. Des applaudissements, des cris et de la musique de qualité variable ressortent des différentes enceintes, recréant adroitement un jeu télévisé. Par la suite, les haut-parleurs se veulent plus discrets. Les voix, parfaitement calibrées, n'offrent aucun problème de compréhension et il y a des moyens sous-titres blancs en anglais pour les personnes qui le désirent.

La pochette du DVD est correcte, sans plus. Il y a trois images en forme de photographie montrant les principaux protagonistes. La couleur est vive, sauf que l'impact aurait pu être encore plus fort. Le menu principal du disque reprend cette idée en gardant le ton statique. Une chanson rythmée beaucoup trop courte se fait entendre, annonçant une danse frénétique. En guise de suppléments, il y a l'honnête bande-annonce originale et un documentaire sur le tournage. Pendant 22 minutes, le cinéaste parle de son sujet, des décors, des écrans bleus, de l'équipe technique et des situations parfois douloureuses de tournage. L'humour et les scènes ratées ne prennent pas toute la place. La caméra est souvent amenée derrière les prises où le réalisateur prépare son terrain de jeu. Intéressant et pas trop verbeux.

Sans doute moins marquant que Thomas est amoureux, "Comme tout le monde" se laisse néanmoins visionner avec plaisir et délectation. Même si la pâte ramollit à la fin, les thèmes évoqués font rire et l'interprétation s'avère généralement naturelle.


Cotes

Film7
Présentation5
Suppléments4
Vidéo7
Audio7