Lucio Fulci est considéré par plusieurs comme le maître incontesté du cinéma gore. Il fit sa marque dans ce genre en réalisant une supposée suite au film Dawn of the Dead de George A. Romero, intitulé Zombie 2 (en Italie, le film de Romero avait pour titre "Zombies"). Bien malgré lui, le succès qu'il remporta avec ce film le condamna à ne réaliser pratiquement que des films de ce genre, rivalisant même avec un autre grand maître, Dario Argento. Le film dont le DVD est ici critiqué s'inscrit dans cette lignée; bien que le thème principal s'apparente davantage à celui de Conan the Barbarian, la touche de Fulci y est bien présente.
L'histoire du film est assez simple. Dans des temps primitifs où les barbares font la loi, Ilias, un jeune guerrier inexpérimenté, se voit confier la mission d'éliminer la méchante Ocron, reine guerrière du mal. Pour mener à bien sa mission, il est armé d'un arc magique. Chemin faisant, Ilias rencontre Mace, un guerrier solitaire qui n'a d'autres amis que les animaux. Ce dernier, intrigué par l'arc d'Ilias, accepte de l'accompagner dans son épopée, en refusant toutefois de l'aider à accomplir son ultime mission. De son côté, Ocron est la proie constante de rêves prémonitoires de sa mort aux mains d'un archer sans visage; pour contrer le destin, elle lance ses troupes à la rencontre des deux amis. Les bêtes envoyées auront raison d'Ilias; mais Mace voudra venger son ami, et se lancera donc seul aux trousses d'Ocron.
Comme prévu, le film n'est que prétexte aux scènes sanglantes de combats. Malheureusement, les fanatiques de "gore" y seront déçus puisque ce fameux sang est réparti très inégalement le long du film (les premières scènes laissaient cependant présager qu'il y en aurait une bonne dose...). L'histoire est quant à elle insignifiante, étant une suite de rencontres avec des monstres aussi invraisemblables qu'absurdes. La relation entre les deux hommes est aussi ambiguë; on y voit d'ailleurs quelques parallèles avec la relation qu'entretenait Xena avec Gabrielle dans Xena: Warrior Princess. Bref, puisque c'était la mode, on comprend que Fulci ait voulu essayer le genre; de toute évidence, il a aussi compris que ce n'était pas pour lui...
Bien que l'image soit d'une qualité numérique sans faille, elle n'en demeure pas moins pénible à regarder. Le film étant au complet tourné devant un brouillard (ce qui complexifie encore plus la compression numérique), les couleurs sont délavées, avec une nette absence de précision. Aussi, plusieurs scènes, et ce, d'une façon très inégale tout le long du film, présentent une quantité massive de grain de pellicule, au point où l'on jurerait qu'en plus du brouillard, il pleut en permanence. Les couleurs sont aussi fades, avec une perpétuelle teinte rougeâtre ou bleuâtre. On ne remarque par contre pas de problème au niveau des noirs. Puisque les défauts mentionnés sont fort probablement causés par un matériel source désuet, Blue Underground nous offre donc un produit remarquable.
Pour ce qui est du son, il est dommage qu'on ne nous offre pas la possibilité d'écouter le film dans sa version originale italienne. Cependant, les dialogues étant plutôt minimalistes et franchement mauvais, la faute est vite pardonnée. On nous présente donc une piste stéréo ambiophonique de bon niveau pour un film du genre. Malgré la musique presque présente en permanence, on ne perd aucune parole. La piste souffre par contre de coupures de fréquence aux deux extrémités du spectre: le caisson d'extrême-grave n'entre jamais en fonction et on note régulièrement de la distorsion lors des cris aigus. L'ambiophonie est bien exploitée pour ce qui est des scènes d'action et de rêve. Par contre, le choix d'avoir placé de la musique dans le canal arrière est douteux par endroits.
Au niveau des suppléments, on nous présente pour commencer deux bandes-annonces du film; la version américaine et la version internationale. On nous propose ensuite une galerie d'images reliées au film: les affiches, les cartes à collectionner, un livret et les pochettes des cassettes VHS. Finalement, on nous présente une biographie de Lucio Fulci, sous forme d'un texte. Le menu principal du DVD est simple, mais efficace, nous présentant une image du film sous fond musical. On note aussi la présence de quelques animations entre les menus.
Bref, compte tenu de la nature et de la qualité du film, Blue Underground nous livre un excellent produit du côté technique. Des extras plus substantiels auraient par contre grandement été appréciés.
| Film | 4 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 6 |