Film retraçant quelques années importantes dans la vie de Nicolas Sarkozy, "La conquête" séduit davantage par la qualité de ses dialogues et l'apport de ses comédiens que par sa mise en scène routinière et son manque flagrant de risques.
De sa nomination au poste de ministre de l'Intérieur en 2002 à son élection à la tête de la France en 2007, Nicolas Sarkozy (Denis Podalydès) a toujours été un politicien ambitieux. Même si tout n'était pas au beau fixe avec sa femme Cécilia (Florence Pernel), il n'a pas hésité à résister aux affronts de Jacques Chirac (Bernard Le Coq) et à son principal adversaire Dominique de Villepin (Samuel Labathe) dans sa quête du pouvoir.
À l'instar du W. d'Oliver Stone, le cinéaste Xavier Durringer s'attaque au biopic politique avec cet essai en forme de comédie présidentielle. Le ton est bien souvent à la farce et il est renforcé par des dialogues mordants et truculents qui fondent dans la bouche. Si la réalisation s'apparente parfois à un simple téléfilm et que la construction dramatique est beaucoup plus intéressante dans la sphère publique que privée (la romance est particulièrement déficiente), la qualité de l'interprétation demeure de haut niveau. S'il ne ressemble pas tellement à son sujet, Denis Podalydès emprunte ses mimiques et sa force de caractère, campant un fascinant Nicolas Sarkozy. Il en va de soi du reste de la distribution, étincelante dans les moindres rôles secondaires (Hippolyte Girardot en Claude Guéant est tout simplement brillant).
La jolie musique de Nicola Piovani (le compositeur attitré de Benigni, de Moretti et de Lioret) renforce cette idée de satire burlesque, d'ironie suprême. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 demeure plus que satisfaisante, utilisant toutes les enceintes pour y faire ressortir des bruits d'appareils photographiques et de vagues. Les voix s'entendent parfaitement et il est possible d'insérer d'assez visibles sous-titres jaunes en français en et anglais. Les images sont plutôt détaillées, dominées par des tons de gris et de noirs qui composent cet univers au lustre défaillant. S'il y a parfois un peu de blocage, la précision des contrastes fait oublier ces légères imperfections.
La pochette d'une simplicité déconcertante superpose deux images du protagoniste. Le menu principal du DVD s'approprie ce concept statique et sans musique. En omettant les quelques bandes-annonces qui apparaissent une fois l'insertion du disque dans le lecteur, aucun supplément ne se retrouve sur cette édition.
S'il faut le moindrement connaître la politique française pour être captivé par "La conquête", l'ensemble n'est pas aussi aride qu'il le laisse paraître. Les enjeux sont bien vulgarisés et l'humour se retrouve pratiquement à chaque tournant. Bien entendu, son traitement feuilletonesque l'empêche de marquer les esprits et l'effort n'est pas à la hauteur de Pater et L'exercice de l'État qui ont tous les deux pris l'affiche en 2011. Sauf que la performance de Denis Podalydès mérite le détour. À quand un objet similaire sur Stephen Harper, Jean Charest ou Gérald Tremblay?
| Film | 6 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |