Guillermo Del Toro roule sa bosse dans le cinéma depuis le milieu des années 80. On le connaît surtout comme réalisateur et scénariste, mais il est également un expert du maquillage d'effets spéciaux. "Cronos" est le film qui l'a fait connaître au monde entier. Gagnant d'un prix à Cannes et de plusieurs autres "Mexican Academy Awards", Hollywood lui a donc ouvert grandes les portes. Entre la réalisation de Mimic et Blade II, Del Toro n'oublie pas ses racines et réalise El Espinazo del diablo (The Devil's Backbone ) en 2001. Avec cette édition spéciale dixième anniversaire de "Cronos", on peut découvrir les premiers pas de ce réalisateur.
Au 14e siècle, un alchimiste met au point un engin, le Cronos, permettant de rester immortel et même retrouver sa jeunesse. Malgré ce nouveau pouvoir, il meurt dans un tremblement de terre ayant frappé Mexico plus de 400 ans plus tard. Jesus Gris (Federico Luppi), antiquaire de profession, découvre le Cronos dans une statue de sa boutique. Intrigué par les mécanismes de celui-ci, il l'actionne malencontreusement, à sa plus grande surprise. L'engin lui saisit la main en plus de lui sucer le sang. Étonné, il ne cède pas à la panique et se rend à la maison pour obtenir des soins. Sa petite fille, Aurora, assiste à la scène stupéfaite. Malgré la douleur qu'a pu engendrer le Cronos, Gris est obsédé par cette petite machine. Son corps se transforme chaque fois que le Cronos y laisse sa trace. Son état ressemble à celui d'un vampire.
Malgré qu'il possède le Cronos, Gris ne sait pas trop à quoi cet engin sert réellement. Il va l'apprendre de la bouche de Dieter de la Guardia (Claudio Brook), un entrepreneur très malade dont ses jours sont comptés. Celui-ci a entre ses mains le manuel pour bien utiliser le Cronos et il est à la recherche de cet engin depuis de nombreuses années. Le Cronos pourrait lui donner la vie éternelle qu'il recherche tant. Gris et de la Guardia ne s'entendent pas. Les deux veulent obtenir le manuel et le Cronos. Pas question de partager. Une guerre sans merci se développera entre les deux. Dieter peut compter sur son neveu sadique, Angel (Ron Perlman), pour l'aider.
Le menu du DVD est très représentatif du film. On retrouve un livre avec la photo de Jesus Gris qui change d'apparence. Derrière, le mécanisme du Cronos roule à une vitesse d'enfer. En avant plan, l'objet de désir, le Cronos. La musique du film accompagne le menu. À noter que le menu de sélection de chapitre est animé par des vignettes du film. La qualité vidéo est généralement bonne. Considérant l'âge du film, il faut toutefois s'attendre à quelques petits problèmes. Le grain du film est assez visible et quelques artéfacts viennent se montrer de temps en temps. Toutefois, un aspect important des films de del Toro, ce sont les couleurs et celles-ci sont très bien représentées. La piste audio Dolby Digital 5.1 n'utilise pas efficacement l'ensemble des haut-parleurs. La majorité du son provient des enceintes avant. J'ai trouvé la musique un peu stridente, mais je crois que c'est voulu pour donner un effet de peur au film. Les dialogues sont très clairs. À noter que seule la piste espagnole est disponible.
Guillermo Del Toro anime une piste de commentaires intéressante. Celui-ci est très généreux de son temps et donne des explications précises sur le film. Il explique son cheminement religieux et l'adoration des symboles autour desquels le film tourne. L'autre piste est moins intéressante. Elle est animée par les producteurs Alejandro Springall, Bertha Navarro et Arthur Gorson. Vu que cette piste est majoritairement en espagnol, les sous-titres anglais sont de mise.
Dans le documentaire "Director's Perspective", Guillermo Del Toro explique un peu son chemin l'ayant mené à faire le film "Cronos". De ses petits films en Super 8, à son expérience dans le maquillage d'effets spéciaux (par besoin), on en apprend beaucoup sur celui-ci et on voit qu'il a travaillé fort pour se rendre où il est. Faire des films au Mexique dans les années 80-90, ce n'était pas évident. Bien intéressant comme documentaire. On a droit ensuite à un documentaire "Making-of". Ce terme n'indique pas vraiment le contenu de ce documentaire. En fait, Federico Luppi donne son impression sur le tournage, sur l'histoire, sur le film, etc. On voit quelques scènes derrière les caméras, mais très peu. Des galeries de photos et d'illustrations complètent les suppléments.
J'aime bien le travail de Guillermo Del Toro. L'univers dans lequel il baigne est assez spécial. Son film The Devil's Backbone m'avait baigné dans cette ambiance macabre que l'on retrouve aussi dans le film "Cronos". Le DVD est d'une très bonne qualité. Il ne faudrait pas vous empêcher de le voir malgré l'absence de pistes anglaise et française.
| Film | 7 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |