Les Dalton
Christal Films

Réalisateur: Philippe Haïm
Année: 2004
Classification:
Durée: 89 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
26 décembre 2005

Vous connaissez Lucky Luke? Vous connaissez les Dalton? Vous connaissez Morris et Goscinny? Si oui, il va falloir en oublier un peu ce que vous en savez. Sinon, alors, plongez dans un univers de BD porté à l'écran, avec ses situations improbables, ses dialogues pas toujours académiques et ses couleurs renforcées. Bienvenue dans l'univers des "Dalton" avec aussi, de temps en temps, Lucky Luke.

Christal Films nous propose donc de découvrir cette coproduction franco-hispano-allemande mettant en vedette les quatre célèbres frères qui se croyaient les plus grands malfaiteurs de l'ouest, sous l'œil protecteur de leur mère, "Ma' Dalton" mais sous celui plus respectueux de la loi de Lucky Luke, sans oublier, au passage, ce bon Rantanplan, toujours aussi stupide comme chien. Le réalisateur Philippe Haim a mis en images une des plus célèbres bandes dessinées francophones (belge, pour être plus précis) de cette seconde moitié du vingtième siècle. Et que penser de ce passage du papier au grand écran? Les avis sont très partagés et tirent beaucoup vers le bas. Personnellement, je pense qu'il faut voir le film comme on lirait une bande dessinée et par conséquent ne pas s'arrêter sur les invraisemblances (voulues), les jeux de mots bancals (voulus aussi) et les situations burlesques, voire idiotes.

Les Dalton (dont le duo comique Éric Judor (Joe Dalton) et Ramzy Bedia (Averell Dalton)) doivent démontrer à leur mère qu'ils sont bien les plus méchants bandits de l'ouest. Cette dernière y tient, surtout pour ne pas perdre la face devant ses amies qui sont toutes fières de leurs enfants respectifs. Mais nos quatre pauvres gars ne sont pas les plus intelligents de cette partie du monde, et quoi qu'en pense Joe, le plus petit, mais le plus manipulateur des quatre frères, il y a encore beaucoup de chemin à faire jusqu'à ce qu'ils soient enfin les plus recherchés. C'est alors que lors d'un séjour en prison, ils apprennent l'existence d'un sombrero magique, quelque part, dans un petit village du Mexique. Le plan de Joe est alors simple: aller au Mexique, récupérer le chapeau et revenir au Texas pour voler la banque. Sauf que de l'idée à sa réalisation, il y a un grand pas, que des esprits aussi tordus que les Dalton ne sont pas prêts de faire. Quelque part, alors qu'on ne l'attend pas, il y a Lucky Luke qui veille.

Sur une idée finalement pas si mauvaise, il y a un élément qui effectivement rend le film hors de l'idée de base de la BD: le chapeau magique. Et c'est en grande partie l'élément qui a donné de si mauvaises critiques au film. Mais il faut bien avouer que ce n'est pas plus mauvais que de mettre Astérix et Obélix aux prises avec des extraterrestres (voir leur dernier album, Le ciel lui tombe sur la tête). Mis à part cette partie de l'histoire complètement hors sujet, avouons que le reste est assez digeste, voire même intéressant et parfois proche des personnages originaux: Joe est vraiment méchant et colérique, Averell est gentil et a toujours faim, Jack et William sont bien souvent inexistants et Lucky Luke est toujours tiré à quatre épingles. Le film est aussi un regroupement de vedettes françaises et les connaisseurs seront heureux de revoir quatre grandes actrices de second plan, Ginette Garcin, Marie-Pierre Casey (il faut être Français pour se rappeler sa publicité pour un produit nettoyant qui l'a rendu célèbre), Sylvie Joly (que l'on ne voit plus beaucoup) et finalement Marthe Villalonga qui joue ici une Ma' Dalton très crédible, à part pour son accent marseillais. Dans de petits rôles, on aperçoit aussi Jean Dujardin (Le "gars" de la version française d'"Un Gars, Une Fille"), Élie Semoun, Michel Muller et un vieillissant, mais encore reconnaissable Darry Cowl, pour ne citer que ceux-là. Bref, un film de divertissement qu'il faut absolument prendre au second degré et qu'il faut presque déconseiller aux amateurs purs de la BD originale.

La qualité de l'image est par contre très belle. Difficile de trouver des mauvais points de ce côté-là. Les plans sont souvent recherchés et les prises de vues originales. Outre une netteté franche, on retrouve aussi une saturation des couleurs très poussée pour justement accentuer l'effet BD. Il s'agit souvent d'effets spéciaux, comme la délimitation de la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Secondaire peut-être, mais astucieux pour le type de film que nous avons là. Deux pistes sonores disponibles, avec bien entendu une préférence à la 5.1 pour une ambiance sonore bien équilibrée, surtout lors des nombreuses scènes d'actions. On ne manquera pas les clins d'œils aux westerns spaghetti avec des plages musicales reconnaissables et des gros plans de visages significatifs. La page de menu principale est simple, mais illustrée d'un extrait du film et sonore. Les pages secondaires sont statiques, mais sonores.

En guise de suppléments, on retrouve la bande-annonce originale et surtout un "making of" (en français dans le texte) de près de 45 minutes, qui se veut plus un vidéo d'accompagnement d'Éric et Ramzy durant les différentes étapes du tournage en Allemagne et en Espagne. Malgré le côté parfois amateur de ce petit tournage, on lui trouvera un certain intérêt pour donner un véritable aperçu de ce qu'est réellement un tournage avec les séances de maquillages, l'arrière (réel) des décors, les attentes interminables et aussi, ça arrive, les incidents (ici, incendie) de plateau. Un documentaire bon enfant qui se regarde avec plaisir après avoir vu le film.

J'avoue que malgré leurs mauvaises critiques, je ne suis pas aussi méchant envers ce duo d'humoristes qu'est Éric et Ramzy et de leur travail, certes facile et désordonné, mais qui est fidèle à leur image. Leur jeu ne vole pas haut, mais ils s'amusent et nous avec, n'est-ce pas le principal? Ici, la mise en image d'une BD aussi célèbre que Lucky Luke et les Dalton n'est pas la plus réussie, il est vrai. Mais le film est intéressant, techniquement à la hauteur, utilisant visiblement des moyens financiers et humains en grand nombre, le tout rendant le résultat final plaisant et divertissant. Ce n'est pas un grand film, mais certainement pas une œuvre sur laquelle on doit cracher, comme l'ont fait trop de monde qui peut-être ne connaît même pas la BD originale. Il y a des produits plus chers bien pires que ça.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments4
Vidéo8
Audio8