"Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère" écrivait Molière il y a bien longtemps. Des siècles plus tard cette remarque s'applique parfaitement bien à Jean Rochefort et Charlotte Rampling et à leur participation à ce foutoir qu'est "Désaccord parfait". Pas étonnant d'ailleurs que le film d'Antoine de Caunes n'ait pas eu de sortie en salle malgré sa distribution impressionnante. Outre les deux vedettes, on y retrouve aussi Charles Dance, Ian Richardson et Isabelle Nanty.
Cette coproduction France-Angleterre-Québec (on y retrouve Raymond Bouchard et Yves Jacques en Franco-Saskatchewains plus épais que nature!) souffre du symptôme inhérent à presque toutes les co-productions, c‘est-à-dire un manque de vision complet quant à la direction du projet. Trop de chefs gâtent la sauce dit-on? Dans le cas de tels films, la présence forcée d'acteurs d'horizons variés, de scénaristes de cultures différentes et de producteurs protégeant sa participation, résulte quasiment toujours en une œuvre édulcorée et sans âme. Comme si le seul but des co-productions était de tourner n'importe quoi pour avoir des crédits gouvernementaux spéciaux pour ce genre de projet! Avec ce désastre qu'est "Désaccord parfait", on ne peut que supposer que chaque producteur ou chaque artiste ayant voulu tirer la couverture de son bord, on a fini par se retrouver à découvert...
Même le grand acteur français Jean Rochefort semble perdu dans ce rôle faiblement scénarisé. Comme s'il avait accepté le rôle sans conviction et que le metteur en scène ait oublié de s'en occuper et de le diriger. Seule Charlotte Rampling est passablement correcte et tire assez bien son épingle du jeu. Il faut dire que le scénario qui se déroule à Londres a été écrit en anglais et en français par deux scénaristes, l'un britannique et l'autre français. On a donc ni l'esprit habituel de l'humour de nos cousins, ni l'absurdité pince-sans-rire traditionnelle dans les comédies anglaises. Cela explique peut-être le manque de vie et de direction dans l'histoire et le manque de profondeur psychologique des personnages.
Le film raconte l'histoire d'un vieux metteur en scène français (Rochefort), jadis coqueluche du cinéma européen des années 70 et de son ex-compagne, l'actrice britannique ayant joué dans ses cinq films les plus populaires (Charlotte Rampling). Séparés depuis trente ans, ils ne se sont ni revus ni reparlés depuis. Or, le réalisateur qui doit tourner un film à Londres recevra des mains de son ex-muse un prix honorifique, le BATAR (Ha ha ha! référence hilarante au BAFTA award, l'équivalent anglais des Césars ou des Jutras) pour l'ensemble de son œuvre. La cérémonie ne se déroule pas comme prévu et les vieilles amertumes reprennent vite le dessus. Mais malgré tout, sous la haine et la peine, se cache une flamme qui ne demande qu'à renaître...
La qualité vidéo du DVD est plus que satisfaisante. Les couleurs saturées des paysages verdoyants anglais sont superbement reproduites et la définition de l'image est généralement bonne. Certains décors plus sombres auraient eu besoin d'adoucir leurs contrastes, mais globalement la qualité visuelle est excellente. Au niveau audio, bien que tout soit aussi bien, les voix trop sourdes, comme celle de Rochefort, nécessiteraient un petit coup de main au niveau de la balance des fréquences pour les rendre plus compréhensibles. Souvent, en effet, les basses fréquences s'entrechoquent au point de devenir mêlées et inaudibles. Le reste est par contre plutôt bien rond et avec une belle balance spatiale. Il n'y a pas de suppléments sur ce DVD.
| Film | 5 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |