Les diables
Christal Films

Réalisateur: Christophe Ruggia
Année: 2002
Classification: 16+ (QC)
Durée: 105 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51, DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 15
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
3 février 2005

Christophe Ruggia est un jeune cinéaste français, né à Paris en 1965 d'un père algérien et d'une mère française. Après avoir grandi dans le sud de la France, il revient à Paris pour y étudier au "Conservatoire Libre du Cinéma Français" et y fonde peu après "Cristal Inn", sa compagnie de production. Il fait de l'enfance et du virage adolescent, son centre d'intérêt principal et il signe en 1993 un percutant court métrage intitulé L'enfance égarée. Suivra Le gone du Chaâba, son premier long métrage et premier volet d'une œuvre triptyque portant également sur l'enfance, film qui relate l'histoire d'un jeune algérien dont les parents viennent d'immigrer dans un bidonville en périphérie de Paris. Le deuxième volet vient tout juste d'arriver à nos portes sur support DVD et s'intitule "Les Diables".

Réalisé en 2002, ce film raconte l'histoire de Joseph (Vincent Rottiers) et Chloé (Adèle Haenel), deux jeunes enfants d'environ douze ans, frère et sœur, qui ont été abandonnés par leurs parents alors qu'ils étaient encore des bambins. Après maintes années passées dans des foyers pour orphelins, ils sont maintenant en cavale, désespérément à la recherche de leurs parents alors que les services sociaux sont à leur trousse. Ils seront interceptés par les autorités et puis transférés dans un nouvel orphelinat. Alors qu'un psycho éducateur s'intéresse à Chloé et a son univers du silence (elle est autiste), Joseph cherche par tous les moyens de fuir cet endroit avec sa sœur pour continuer sa quête vers le domicile familial étant sur qu'elle y guérira. Le seul indice qu'il a du genre de maison où il habitait tout petit est le casse-tête de cette demeure que Chloé construit à partir de tessons de verres.

Christophe Ruggia s'inspire de sa propre enfance, celle de Joseph, un ami intime qui était un enfant battu ainsi que celle d'un autre ami qu'il a rencontré dans un orphelinat pour calquer certains personnages du film. Ce collage d'enfances brisées nous entraîne dans un tourbillon de violence vu, non pas comme un phénomène social, mais comme une manifestation individuelle. Les images qu'il nous montre sont crues et parfois choquantes, mais son message est entendu haut et clair. Rarement une œuvre abordant l'enfance sabordée est traitée de façon aussi incisive et malgré quelques zones grises dans l'intrigue où certains développements ne sont pas conclus, le cinéaste signe un cri du cœur qui cogne dur et dans lequel l'amour s'exprime de façon bien spéciale.

L'image de ce film est de qualité comparable aux parutions récentes et propose de splendides couleurs naturelles et vives. Cependant, la compression du transfert cause certains collatéraux qui sont perceptibles lors des pauses et des accélérés. Les contours ont alors tendance à se dédoubler, mais en mode d'écoute normale, je n'ai rien vu de perceptible. L'aspect audio répond également aux normes du moment. Étant donné le caractère loquace du film, les canaux avant sont surtout sollicités, mais, les bruits ambiants et la belle musique viennent exploiter les enceintes arrière et nous plonger dans une belle ambiophonie par moment. Un menu statique, simpliste et sans musique nous accueille alors qu'aucun supplément ou encart ne sont présents sur cette très dépouillée édition DVD.

Christophe Ruggia continue d'exorciser les démons de son enfance en accouchant d'une œuvre légèrement incomplète, mais vraie, troublante et bouleversante sur les tourments d'une adolescence sans port d'attache qui dérive sur la désillusion sociale. Il s'est d'ailleurs mérité de nombreux prix, dont le "Grand prix Cannes Junior" pour ce film que je recommande tout spécialement aux amateurs de films de répertoire.


Cotes

Film8
Menu1
Suppléments-
Vidéo7
Audio7