Diamant 13
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Gilles Béhat
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 100 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)
Code barres (CUP): 629159035901

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 août 2009

Une jolie distribution comprenant Gérard Depardieu, Asia Argento, Olivier Marchal et Aurélien Recoing n'arrive pas à élever "Diamant 13" au-delà du marasme dans lequel il est enfoncé. Un autre long-métrage de flics qui ressassent continuellement les mêmes chemins déjà arpentés.

Mat (Depardieu) est un policier qui en a marre de son boulot. En décidant de suivre les plans de son copain Franck (Marchal), il est plongé dans une histoire qui le dépasse, jonchée de cadavres et de secrets. Du jour au lendemain, un peu tout le monde est à ses trousses, que ce soit une jolie inspecteur (Argento) ou un dangereux malfrat (Recoing). Pour y voir plus clair, il devra plonger tête baissée dans cet univers sombre où la suspicion a généralement le dernier mot.

Le film noir mettant en vedette des représentants de l'ordre est un des genres les plus usés du septième art. Il est généralement question de trahison et de corruption, de ressentiment, de regrets et de règlements de compte. Pour un excellent Le petit lieutenant et un intéressant 36 Quai des Orfèvres, il y a des dizaines de récits conventionnels et sans aucune originalité qui ne font qu'appliquer à la lettre une recette éprouvée. "Diamant 13" fait partie du lot.

Mécaniquement mis en scène par Gilles Béat, ce téléfilm qui manque parfois de dynamisme et de rebondissements ne surprend pratiquement jamais. Au contraire, l'intrigue est routinière au possible, la très grande violence répétitive se veut affligeante et les dialogues limités manquent de fraîcheur, de profondeur. La prémisse, prévisible et sans envergure, ne semble qu'un prétexte pour assister à des duels - qui n'ont jamais lieu - entre les comédiens. Depardieu est sur le pilote automatique et au contraire d'un Bellamy, il n'offre pas l'étincelle souhaitée qui surprend positivement. L'acteur prend cependant tellement de place qu'il ne laisse aucune latitude aux autres personnages. Marchal n'a pratiquement que deux scènes pour se faire valoir, Recoing fronce les sourcils avec plaisir et Argento ne sert absolument à rien.

L'ambiance sombre et oppressante est toutefois bien campée par une photographie appropriée, des images précises, des couleurs discrètes, une prédominance de teintes ombragées et des contrastes inégaux qui amènent une atmosphère trouble à l'ensemble. Rien d'éclatant, mais tout est dans le ton voulu. La musique alerte côtoie des airs jazz plus langoureux. La piste sonore francophone, honnête dans son exploitation des différentes enceintes (il y a des bruits de sirènes, de klaxons, de sonneries de téléphone, de cris d'oiseaux, etc.), offrent des dialogues très compréhensibles qui peuvent être soutenus par d'intéressants sous-titres blancs en anglais.

La pochette est sans attrait, et elle ressemble à n'importe quel suspense français ou américain. Il n'y a que les visages de Depardieu et d'Argento devant un fond noir. Le menu principal du DVD reprend ce tiède concept en demeurant statique. Une mélodie dramatique se fait entendre, ne compensant jamais pour l'absence totale de supplément.

"Diamant 13" est une production routinière qui laissait présager tellement plus. La progression se regarde peut-être aisément, mais elle s'oublie à la vitesse de l'éclair tant il n'y a aucun élément pour marquer les esprits. Peut-être c'est finalement pour ça que le tout n'a jamais pris l'affiche dans les salles québécoises. Pour une fois, c'était une bonne idée de distribuer le tout directement en DVD.


Cotes

Film4
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio7