Film le plus dispendieux jamais réalisé en Corée du Sud et champion du box-office en 2007, il aura fallu cinq ans pour que "Dragon Wars" atterrisse finalement sur leurs et sur nos écrans. En tournant son film majoritairement en anglais avec des acteurs hollywoodiens, l'acteur comique devenu réalisateur Shim Hyung-rae n'avait d'ailleurs jamais caché son intention de vouloir conquérir le marché américain. En réussissant à obtenir l'accès à plus de 2000 salles pour la sortie de son film, il a plus ou moins réussi son pari, pendant une semaine... Malheureusement, il a accouché d'un film sans âme qui vous matraque d'effets spéciaux et qui est à peu près aussi divertissant qu'une présentation Powerpoint.
"L'Imoogi" est une sorte de gigantesque serpent mythique sorti tout droit d'une légende coréenne. Incontournable lutte entre le bien et le mal oblige, il y a évidemment des bons et des mauvais "Imoogi ". Cette légende nous raconte qu'à tous les 500 ans, une jeune femme née avec un tatouage de serpent sur l'épaule et possédant un "esprit" nommé "Yuh Ui Joo" aidera un "Imoogi" à se transformer en dragon et à s'envoler dans les voûtes célestes. Dans le cas qui nous occupe, la plus récente incarnation de cette jeune femme se prénomme Sarah (Amanda Brooks) et vit à Los Angeles. Quand le méchant "Imoogi" se pointe avec toute une bande de vilains, Sarah peut heureusement compter sur un compagnon, Ethan (Jason Behr), un journaliste qui avait hérité du rôle de protecteur du "Yuh Ui Joo" après avoir mis les pieds dans un magasin d'antiquités quand il était petit. Alors que le méchant "Imoogi" et son armée détruisent la ville à la recherche de Sarah, Ethan tentera tant bien que mal de la protéger. Si vous n'y comprenez pas grand-chose, ce n'est pas grave, tout cela est expliqué deux fois dans le film...
La bonne nouvelle est que "Dragon Wars" ne fait que 90 minutes. La mauvaise est qu'il est complètement nul. Les acteurs médiocres, les dialogues insipides et le montage approximatif ne sont que quelques-uns des problèmes d'un film ou les effets spéciaux écrasent tout sur leur passage. Ceux-ci sont passablement réussis, en particulier lors de l'attaque de la ville de Los Angeles, mais leur impact est grandement diminué par le rythme déficient et le manque quasi total de cohérence. Alors qu'on devrait être impressionnés par autant de prouesses techniques, on en ressort abrutis et presque enragés devant l'incompétence qui les entoure. Il y a de quoi nous faire haïr les ordinateurs... Avec l'excellent The Host, le cinéaste Bong Joon-ho nous a prouvé qu'il était possible de réaliser un "film de monstre" intelligent et original avec un peu d'imagination, du talent, un scénario solide et un certain équilibre entre les effets spéciaux et la réalité. Il n'y a rien de tout cela dans "Dragon Wars".
Le transfert anamorphosé est agréable bien qu'inégal. L'image est propre et le niveau des contrastes et des détails est excellent, mais l'intégration des effets numériques aux éléments tournés dans les décors naturels et en studio est souvent déficiente. La piste audio est adéquate, mais manque de dynamisme, et les enceintes arrière sont sous-utilisée. On aurait souhaité un environnement sonore plus immersif où l'utilisation des effets ambiophoniques n'est pas limitée aux scènes d'action. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard et le boîtier simple est inséré dans une jaquette cartonnée qui ne fait que reproduire les éléments du boîtier. Le design des menus animés est intéressant et la navigation s'effectue aisément. Avant d'accéder au menu principal, on nous propose le choix entre la version plein écran et la version panoramique.
Quelques suppléments sont offerts, en débutant par la revuette "5,000 Years in the Making", où le réalisateur et ses fans font essentiellement la promotion du film. Le segment "Dragon Wars Animatics: From Storyboard to Screen" est plus intéressant, puisqu'il nous permet de comparer la vision du réalisateur avec le résultat final. Pour terminer, on retrouve une galerie photo.
Le réalisateur Shim Hyung-rae nous raconte avoir pleuré lorsqu'il a vu, pour la première fois, le personnage interprété par Robert Forster raconter au jeune Ethan que le "Imoogi" est une créature provenant d'une légende de son pays. On serait touché par autant de sensiblerie si le film de M. Shim n'était pas aussi mal foutu et s'il avait réussi à lui insuffler une seule once du sens de l'honneur et de la dignité humaine propres à sa culture. Et puisque pour les gros machins pas trop subtils qui divertissent sans trop se prendre au sérieux on a déjà Michael Bay, M. Shim ferait peut-être mieux de se remettre à la comédie.
| Film | 3 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |