The Edgar Allan Poe Double Feature
MVD Entertainment Group / Independent Entertainment

Réalisateur: Ernest Morris / Rogelio A. González
Année: 1960 / 1972
Classification: NR
Durée: 78 / 68 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 15 / 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 878746010993

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
27 août 2011

Bien avant l'invention du cinématographe et des films d'horreur le meilleur moyen de se faire des peurs, de se titiller l'adrénaline, restait bien entendu la lecture. Et qui d'autre que ce bon vieil Edgar Allan Poe avec ses histoires morbides et étranges pouvait le faire avec autant de brio? Avec l'invention du film puis de la télévision, la lecture fut passablement reléguée à l'arrière-boutique et on recherche maintenant plutôt les scies mécaniques, les crochets de bouchers et les masques de gardien de but de hockey pour atteindre le même état.

Mais malgré tout cela, la terreur contenue dans les nouvelles de Poe traverse le temps puisque depuis longtemps on adapte régulièrement ses œuvres pour le grand et le petit écran. Roger Corman en a même fait toute une excellente série dans les années 60 avec de grands noms du genre comme Vincent Price ou Peter Cushing. Jean Epstein filma un brillant muet tiré de La Chute de la maison Usher. Lucio Fulci s'y est aussi attaqué avec son The Black Cat et une nouvelle génération y replonge avec des films récents comme The Pit and the Pendulum et The Fall of the House of Usher. Bref, Poe est mort, mais ses écrits sont bien vivants.

Independent Entertainment (distribué par MVD Entertainment ) ont récemment sorti sur DVD un programme double de longs-métrages basés sur deux nouvelles de l'auteur américain. "The Tell-Tale Heart" et "The Oval Portrait". Le premier, tourné en 1960 en Angleterre et scénarisé par Brian Clemens (un des créateurs de la série culte The Avengers) reste de loin le plus intéressant des deux. Bien mené et bien ficelé, cette histoire de vengeance qui tourne mal est agréable à regarder. Pas vraiment d'horreur ni de terreur ici - malgré l'avertissement au début nous conseillant de fermer les yeux si on a le cœur fragile lorsqu'on entend un certain bruit - mais plutôt une lente descente vers la folie du personnage principal. Et comme il s'appelle ici Edgar (ce qui n'est pas le cas dans le récit original) on peut y voir un clin d'œil des producteurs au vrai Poe.

Donc, ce Edgar (Laurence Payne), un libraire respecté d'une petite ville de province tombe amoureux de sa nouvelle voisine (Adrienne Corri). Chaque soir il l'emmène au restaurant ou au bal. Il la présente à son meilleur ami Karl. Mais un soir, lorsqu'il tente d'embrasser la belle, cette dernière résiste. Dépité et repentant, Edgar rentre chez lui pour finalement apercevoir sa voisine par la fenêtre de sa chambre en train de faire l'amour avec ce bon vieux Carl. Edgar planifie alors une terrible vengeance. Mais ce plan et son exécution le rendront lentement fou...

"The Oval Portrait" est un film américain de 1972. Bien que tourné en couleur, il est évident que l'on n'avait pas le budget nécessaire pour en faire une histoire de peur crédible. Les effets spéciaux sont terribles (du genre un fil invisible - qu'on voit - pour faire bouger une table ou une carafe), le décor unique simplet et les comédiens peu convaincants. Heureusement, l'histoire originale elle-même est assez prenante pour maintenir notre intérêt jusqu'à la fin de cet exercice pénible.

Dans une grande maison du sud des États-Unis, lors de la guerre civile, une jeune sudiste cache un prisonnier nordiste échappé. Ce dernier, un peintre de talent, fait le portrait de la demoiselle. Les deux amants vivent dans la peur et le danger. Puis un jour, le père de la jeune fille, un officier sudiste, découvre la vérité. Il meurt sous le choc. Ce qui rend la jeune fille morose et malade. Elle ne tarde pas à suivre son paternel dans la tombe. Le soldat, désespéré, déterre le corps et lui prodigue toutes sortes de soins et de caresses comme si sa bien-aimée vivait encore. Quelque temps plus tard, la famille arrive dans la demeure pour la lecture du testament. Mais le fantôme de la jeune Rébecca hante toujours les lieux via le portrait ovale et il tentera de s'emparer du corps d'une des nièces présentes.

Il est apparent que ces deux films sont du domaine public et que les distributeurs n'ont pas mis un sou pour améliorer la copie qu'ils avaient en main. Des rayures, des couleurs délavées, des égratignures, des poussières et des sauts d'image abondent. Le noir et blanc du premier film est sans nuances et assez terne. Les bandes son des deux films souffrent aussi d'une qualité médiocre. Ce qui est dommage, car au moins le premier film aurait mérité mieux. Il n'y a pas de supplément sur ce DVD.


Cotes

Film7/4
Présentation7
Suppléments-
Vidéo4
Audio5