Elle s'appelle Sabine
FunFilm

Réalisateur: Sandrine Bonnaire
Année: 2007
Classification: G
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres: Français
Nombre de chapitres: 8
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 777078916549

Ce DVD est disponible chez:

Selon Martin Gignac
28 janvier 2009

Documentaire poignant dénué de tout sensationnalisme, "Elle s'appelle Sabine" est à la fois une déclaration d'amour à la famille qu'un pensum sur la maladie et la difficulté de se faire soigner.Sandrine Bonnaire est une actrice passe-partout qui se glisse aisément dans la peau de tous ses personnages. Qu'elle soit tourmentée (La cérémonie) ou amoureuse en herbe (Mademoiselle), sa carrure de jeune première lui permet d'être toujours crédible. Après avoir longtemps joué l'actrice, elle a décidé de se tourner momentanément derrière la caméra pour aborder l'existence de sa sœur autiste Sabine.

Jusqu'à tout récemment, Sabine était une femme un peu différente, mais débordante d'énergie et qui aimait la vie. Diagnostiquée autiste, elle a passé cinq années en hôpital psychiatrique où elle en est ressortie transformée, affaiblie et altérée. Grâce à un foyer d'accueil, la santé revient peu à peu, au plus grand bonheur de ses proches.

Même si l'autisme est le nœud du récit, cet essai n'a strictement rien à voir avec la mise en scène spectaculaire de la fiction Ben X. Le documentaire transcrit fidèlement la réalité sans jamais vouloir faire pleurer le spectateur (et ce, même si la fin est bouleversante). Au contraire, la réalisation est simple et attentionnée, en phase avec les émotions de son héroïne. Cette dernière est montrée pendant ses loisirs, ses moments de bonheur et de crises. Tout simplement.

En filigrane est accusé le système de santé qui détruit parfois des individus et les difficultés de trouver une place dans un foyer d'accueil. Quelques charges qui demeurent discrètes, car Sandrine ne veut pas régler ses comptes. Elle préfère filmer sa sœur Sabine qui tente de mordre dans la vie à pleine dent. Le procédé, parfois lent et évasif, rompt fréquemment avec la traditionnelle chronologie pour faire des allers-retours entre le passé et le présent. Ces possibilités qui ont soudainement disparues en présence d'une main invisible qui était pourtant là pour régler la situation...

En multipliant les archives, Sandrine permet à Sabine d'exister autrement. On y voit une femme plus jeune et plus mince danser et se préparer pour son voyage en Amérique. Cette utilisation de souvenirs figés amène une profondeur insoupçonnée à l'entreprise. Parfois même au détriment de l'image, un plein écran sombre et imparfait, dont vient timidement relever de jolies couleurs. Même la piste sonore s'éclipse devant la pertinence de la démarche. Les enceintes sont utilisées au strict minimum. Ce sont plutôt les mots et les dialogues qui triomphent de l'adversité. La vibrante partition au piano de Nicola Piovani (compositeur de La vie est belle et La chambre du fils) agit comme un baume salvateur sur les plaies les plus douloureuses.

La splendide pochette à l'effigie de Sabine Bonnaire ressemble presque à une peinture. Pour sa part, le menu principal du disque est beaucoup moins convaincant. Sur un fond d'eau - statique et sans musique - figure une fille qui saute. Et contrairement à l'édition DVD que Film Movement a lancée en 2008, aucun supplément n'est perceptible à l'horizon.

"Elle s'appelle Sabine" est un documentaire poignant sur la famille qui doit vivre avec la maladie d'un des leurs. Filmé tendrement avec beaucoup de compassion, Sandrine Bonnaire est parvenue à transformer une cause personnelle en sujet universel tout en faisant découvrir le quotidien de sa sœur. Une belle réussite.


Cotes

Film7
Présentation3
Suppléments-
Vidéo6
Audio6