Entre Adultes
Métropole Films Distribution

Réalisateur: Stéphane Brizé
Année: 2006
Classification: 13+ (QC)
Durée: 80 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
2 mars 2008

Stéphane Brizé est un cinéaste talentueux. En 2005, il signait Je ne suis pas là pour être aimé, une œuvre tendre et maîtrisée qui a rencontré de beaux succès critiques sur son passage. Afin de profiter de cette vitrine, des producteurs ont ressorti son deuxième essai, "Entre adultes", un film plus confidentiel tourné en quatre jours qui manque parfois d'ambition.

La trame narrative, d'une simplicité déconcertante, ressemble à du théâtre filmé. Elle suit les relations entre six hommes et six femmes qui, deux à deux, cherchent à vivre une existence, simple ou compliquée. Il y a donc des couples et des amants, des amis et des clients, et même une femme qui aimerait décrocher un nouvel emploi. En l'espace de 80 petites minutes, ce sont les relations interpersonnelles qui sont analysées et scrutées à la loupe, avec leurs joies, leurs déceptions, leurs mensonges et leurs tromperies. Des éléments qui composent la vie, réelle ou cinématographique.

Le deuxième long-métrage du réalisateur de Le bleu des villes risque d'alimenter les vieux clichés comme quoi les films français sont bavards, lents, sans action et portés sur le sexe. En effet, tous ces éléments sont présents au sein d'une mise en scène épurée qui multiplie les longs plans fixes. L'idée de base, aussi originale soit-elle, ne peut que devenir répétitive à la longue, et les gens qui cherchent un deuxième Le déclin de l'empire américain sont peut-être mieux de passer leur chemin tant les univers ne sont pas les mêmes.

Les curieux pourront toutefois rester, car l'ouvrage abonde de dialogues plus vrais que nature, reflétant l'être humain dans sa plus simple expression, explorant des thèmes aussi variés que l'amour, la confiance en soi, la séduction, l'autorité, le pouvoir, l'argent, le besoin d'aimer et d'être rassuré et les pratiques sexuelles. Tout pour que les questions sur le couple abondent. Surtout que la réalisation sépare les multiples histoires en segments distincts, mettant l'emphase sur ces comédiens inconnus qui sont criants de vérité.

Avec un traitement porté sur la parole et non l'action, les voix se devaient d'être impeccables et elles le sont. Tout s'entend parfaitement et il y a même des sous-titres blancs en anglais pour rejoindre un public encore plus large. La musique, enjôleuse à souhait, sépare les séquences, apparaissant parfois directement à l'écran lorsque les personnages écoutent la radio. Il n'est toutefois pas surprenant que la piste sonore francophone en Dolby Digital 2.0 laisse échapper peu d'effet des haut-parleurs situés sur le côté.

En revanche, les images auraient mérité à être un peu plus éclatantes. Les couleurs sont parfois ternes, du blocage peut apparaître sur les objets rayés et il y a même la présence de grain en quelques occasions. Néanmoins, des effets lumineux surprennent par endroits, la définition des contours est tout à fait recommandable et l'intensité des contrastes sépare habilement les zones sombres de celles qui sont plus blanches.

La pochette donne réellement le goût de visionner le tout. Elle montre un chemisier tassé par des mains pour mettre l'emphase sur les seins. Un regard coquin à l'effigie d'une des scènes les plus révoltantes du long-métrage. Le menu principal du DVD est beaucoup plus sage. Il n'y a que des pieds qui apparaissent sur un drap blanc. Une très belle mélodie musicale en arrière-plan cherche à faire oublier l'absence totale de mouvement et de supplément... et elle n'y arrive guère.

"Entre adultes" est loin d'être un grand film. Pourtant, derrière ce désir de simplicité se trouve des dialogues et des situations éclairantes sur le genre humain, à mi-chemin entre le drame et la comédie. Un sujet universel traité avec un savoir-faire indéniable, et présenté par un Claude Lelouch qui trouve en Stéphane Brizé un émule contemporain (et moins kitch!). En espérant qu'il ne le demeure pas trop longtemps.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments-
Vidéo6
Audio6