L'entrée dans une nouvelle décennie en a inspiré plus d'un à faire un retour sur le passé dans un désir pressant de réparer les erreurs et de faire hommage avec charme aux époques plus malheureuses d'antan. Sorte de pendant féminin au tout récent The Help, tout en bénéficiant de circonstances et d'un contexte toutefois fort différent, ce sympathique film de Philippe Le Guay, tout en douceur, parle d'une période relativement peu reluisante, en livrant des thèmes qu'on a vu plus d'une fois, soit, le changement de vie, la remise en question de ses habitudes, l'abandon des exigences, etc., mais avec une certaine fraîcheur non-négligeable.
La richesse principale du film se trouve sous les traits du protagoniste, émerveillé comme un jeune premier, aussi innocent et docile que possible, présentant un Fabrice Luchini comme on ne le voit que rarement, à mille lieues du rôle acerbe et exigeant que Potiche lui demandait récemment. Sous les traits d'un "coming-of-era", alors que des excentriques chamboulent lentement, mais sûrement les conventions de l'instant, le film montre que par le biais d'un homme qui aura osé sous toutes audaces, que cela peut faire évoluer la pensée.
Certes, on ne cachera pas que le film ne sera pas le plus subtil dans ses messages, lançant à l'aveuglette des phrases et des gestes par moment carrément plaquées, tout en demeurant un peu en retrait quant à la prise de position de bien des sujets, mais c'est d'un autre côté cette légèreté qui lui permettra d'être un film aussi agréable et lumineux.
Doté d'une distribution à tout casser, autant chez les Espagnoles que les autres, dont la radieuse Sandrine Kiberlain, emplie de soupirs et de désespoir, fait face avec rêverie à son partenaire, on se laisse dériver dans cette petite fantaisie qui profite de remettre les pendules à l'heure sans trop en blesser le souvenir. Ajoutez à cela une très belle reconstitution d'époque et une mise en scène plutôt anonyme et vous êtes certains d'être choyés.
Après tout, le visuel profite beaucoup de la lumière, s'assurant constamment de laisser entrer le soleil dans ces maisonnées et ses coeurs, sorte de métaphore plus ou moins évidente, dépendant des moments, alors que la piste audio profite bien de ce qui se dit en français ou en espagnol (par moment sous-titré lorsque nécessaire), alors que le thème musical complètement hantant de Jorge Arriagada marque l'esprit.
Pour la présentation, rien d'extraordinaire, bien qu'efficace. La pochette reprend l'affiche dans un montage approximatif alors que l'endos dans un style tapisserie expose quelques photos cocasses, un long synopsis dans les deux langues qui optent pour des aspects différents, ainsi que des citations élogieuses de critique. Les menus fixes du DVD font le boulot.
Ainsi, on saluera le film de ne jamais s'attarder trop longtemps dans ses réflexions, à défaut de par moment trop insister sur certains aspects vus comme majoritaire, laissant toujours prétendre que le tout n'est qu'une belle comédie aux accents dramatiques sans plus. On retiendra la candeur des situations et le naturel chaleureux de l'ensemble en acceptant le tout comme d'un séduisant divertissement qui aura certainement ses moments de franche rigolade tout en agissant avec une grande efficacité, à défaut d'un "happy ending" plus ou moins utile.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |