Né Fernand Joseph Désiré Contandin en 1903, Fernandel (Pseudonyme donné par sa belle mère quand elle le voyait arriver avec sa fille, elle disait "Voici le Fernand d'elle") allait devenir un comédien phare du cinéma français. Il tournera près de 150 films en 40 ans de carrière, tournant notamment pour Jean Becker (Ali Baba et les quarante voleurs). Infatigable bourreau de travail, il mènera parallèlement une carrière de chanteur. La consécration arrivera dans les années 1950 sous la direction de Julien Duvivier alors que le petit monde de Don Camillo est porté à l'écran. La même décennie l'amène à tourner beaucoup de comédies pour le cinéaste Henri Verneuil dont le mémorable La vache et le prisonnier en 1959. Deux autres comédies émanant de ce duo viennent d'apparaître sur support DVD dans un coffret de deux disques très minimaliste.
"Le Boulanger de Valorgue" (1952) : Valorgue, petit village sans âge situé dans le sud de la France près de la frontière italienne vit des moments troubles alors que Félicien (Fernandel), le boulanger du village refuse de croire que son fils parti faire son service militaire serait le père d'un nouveau-né, dont la mère est la fille de l'épicière. Voulant faire valoir son point, ce dernier refusera de vendre son pain à quiconque prend le parti de l'épicière. Cette dernière n'aura le choix que de faire le même stratagème, poussant par le fait même le village à s'affamer.
"Le boulanger de Valorgue" se déguste tel un grand pain artisanal tellement il est frais et savoureux. Élaboré à partir d'un scénario fort simple rappelant l'œuvre de Marcel Pagnol, auquel des réparties hautement humoristiques mettant en valeur le talent indéniable de Fernandel se greffent, ce film nous rappelle combien il est agréable de renouer avec le cinéma d'autrefois, celui qui reposait sur un travail d'écriture subtil amalgamé à des performances d'acteurs talentueux. Henri Verneuil signe ici une réalisation sobre, mais efficace d'une truculente comédie dont le mérite revient, en large partie, aux scénaristes Pierre Lozach et Yves Favier. Quant à Fernandel, on le sent fort aise dans la peau de ce boulanger bourru au cœur d'or, et ce, pour notre plus grand bonheur.
"L'ennemi public numéro 1" (1953) : Joe Calvet (Fernandel) vit à New York ce qui est son rêve américain, jusqu'au jour où ses patrons l'obligent à retirer ses lunettes pour augmenter sa crédibilité de vendeur. Malheureusement, sa vue de taupe l'amènera à revêtir un imperméable qui n'est pas sien, mais plutôt celui de Slim, tueur à gages opérant dans un gang que la police de New York tente de coffrer désespérément. Fouillant dans les poches de son nouveau paletot, il en sortira un objet mystérieux qui se trouve à être le flingue du tueur à gages. II sera arrêté puis emprisonné étant perçu comme le chef de cette bande de lascars.
Cette comédie de situation ne réinvente rien et on nous sert une série de clichés dans lesquels Fernandel ne trouve pas ses marques. À part pour quelques moments sympathiques, en l'occurrence celui de l'interrogatoire, le scénario linéaire et prévisible ne nous réserve aucune surprise et on s'en lasse assez rapidement.
Ces deux films n'ont pas été rematricé et on se réjouit de voir que la qualité de l'image est passablement bonne pour des productions qui ont plus de 50 ans au compteur. Dans les deux cas, l'image que l'on nous propose réside des contrastes assez profonds et une bonne palette de tons de gris en émane. Cependant, des égratignures et autres impuretés sont visibles de temps à autre tout au long des projections. L'aspect audio souffre également de vieillissement, mais le tout est tout de même acceptable. Les voix demeurent perceptibles en tout temps, malgré une certaine fluctuation au niveau du débit sonore de temps à autre. Seule, la trame originale de format monaural est au menu et aucune piste de sous-titres n'est présente.
Cette édition DVD est une des plus dégarnies qu'il m'ait été donné de voir. Les menus sont rudimentaires, voire dépassés alors que seule l'amorce du film nous est proposée et aucune forme de suppléments n'est présente. Il est dommage de constater qu'encore aujourd'hui, une telle pratique existe. Je ne vous conseille pas de vous procurer ce petit coffret de Fernandel, mais j'invite les curieux à passer par leur club vidéo pour faire la location du film Le boulanger de Valorgue, la pièce maîtresse de ce boîtier qui est également disponible individuellement à l'achat.
| Film | 8/5 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |