Depuis plusieurs années le cinéma français qui était devenu pratiquement totalement urbain semble redécouvrir les vertus bénéfiques de l'air de la campagne. Il n'est pas rare en effet de voir les nouvelles comédies dramatiques émergeant de l'Hexagone mettre en scène des citadins un peu perdus qui retrouvent goût à la vie en s'exilant en région. Qu'on pense au Peindre ou faire l'amour des frères Larrieu, à Western d'Emmanuel Poirier ou encore à La Piscine de François Ozon, le nouveau cinéma français semble idéaliser la campagne comme façon de se ressourcer arrivée la crise existentielle de la quarantaine ou de la cinquantaine. Le chouette petit film "Le fils de l'épicier" d'Éric Guirado s'inscrit aussi dans cette veine sauf qu'on a ici affaire à des personnages principaux plutôt dans la fin vingtaine ou la jeune trentaine. Comme quoi il n'y a pas d'âge pour le mal de vivre!
Le jeune Antoine (Nicolas Cazalé) vit perdu dans la grande ville. Amoureux de sa voisine Claire (Clotilde Hesme) il ne sait comment s'y prendre pour la charmer, étant plutôt bourru et renfrogné de nature. Lorsque son père (Daniel Duval), petit épicier d'un village de campagne, est immobilisé après une crise cardiaque, Antoine, qui est pourtant en conflit avec ce dernier, se sent obligé d'aller donner un coup de main à sa mère. Il décide alors d'inviter Claire pensant que l'air rural et les paysages bucoliques viendront à bout de sa résistance. Or, le jeune homme avait oublié ce pourquoi il avait claqué la porte à ce mode de vie dix ans plus tôt. La jeune Claire, elle, voit tout de suite le malaise familial et l'orage qui point à l'horizon...
Bien que le résumé du film laisse présager un film plutôt dramatique, le traitement assez chaleureux du réalisateur qui nous montre les personnages émotionnellement nus, avec leurs défauts et leurs qualités, sans chercher à nous manipuler pour qu'on les aime ou les déteste, fait que ce long-métrage est plutôt réjouissant et sympathique malgré son sujet difficile. L'idée d'insérer de petites scènes rigolotes et des personnages secondaires attendrissants lors de la tournée de l'épicerie volante (un camion chargé de produits qui fait le tour des petits villages et des fermes reculées de la région) aide souvent à dédramatiser le tout et permet au film de respirer. Le changement qui s'opère chez les personnages autour de cette épicerie ambulante déteint aussi chez le téléspectateur qui sortira du visionnement de ce film avec le sourire ... et une envie de retourner aux valeurs et bonheurs simples de la vie rurale française!
La qualité vidéo du DVD est plus que satisfaisante. Les couleurs saturées des paysages verdoyants du sud de la France sont superbement reproduites et la définition de l'image est généralement bonne. Certains décors plus sombres auraient eu besoin d'adoucir leurs contrastes, mais globalement la qualité visuelle est excellente. Au niveau audio, bien que tout soit aussi bien, les voix trop sourdes, comme celle de Nicolas Cazalé et du père, nécessiteraient un petit coup de main au niveau de la balance des fréquences pour les rendre plus compréhensibles. Souvent, en effet, les basses fréquences s'entrechoquent au point de devenir mêlées et inaudibles. Le reste est par contre plutôt bien rond et avec une belle balance spatiale. Il n'y a pas de supplément sur ce DVD.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |