Il est toujours un peu inquiétant de revoir, trente ans plus tard, des films qui, à l'époque, avaient marqué notre enfance. Plus souvent qu'autrement, on ne peut qu'être déçu, car avec les années et avec tous les films ayant défilés devant nos yeux, notre innocence et notre émerveillement de petit enfant ont fait place à un sens critique plus aiguisé et à un cerveau plus exigeant.
J'appréhendais donc de revoir les films des Charlots qui m'avaient tant fait rire à l'époque. Surtout que "Les fous du stade" était jadis parmi mes préférés. Hors, surprise, je peux dire que le film a tout de même gardé un certain charme, presque quarante ans plus tard. Bien sûr il faut se remettre en mode petit garçon (ou petite fille) pour rire ou même sourire aux bouffonneries de ces quatre compères, mais si on y parvient, "Les fous du stade" se laisse bien regarder. C'est sûr qu'on est loin de l'humour cérébral de Woody Allen, des absurdités géniales de Monty Python ou même des pitreries de Pierre Richard, puisqu'il s'agit surtout d'une série interminable de gags visuels primaires, parfois même sans réel lien avec l'histoire. Un genre de Benny Hill sur la coke!
Le scénario de Claude Zidi (qui signe aussi la réalisation du film) semble plus être une toile de fond propice à une improvisation burlesque des quatre rigolos. L'histoire est totalement accessoire et même banale! Les Charlots quittent le petit village où ils passent leurs vacances pour se rendre à la ville où ont lieu des compétitions sportives internationales pour tenter de ramener une jeune demoiselle, promise de l'un d'entre eux, ayant fui avec un athlète participant aux jeux. Ils se retrouveront obligés de compétitionner eux-mêmes et tâcheront de faire tout en leur pouvoir pour gagner le cœur de la jeune fille et quelques médailles au passage...
Au niveau de la qualité vidéo, même si le film date de 1972, on a su mettre la main sur une copie bien préservée et assez propre. Donc, peu de rayures ou de sauts d'image qui sont pourtant souvent l'apanage des films de cette époque. Les couleurs sont aussi assez bien préservées même si les pellicules disponibles à cette époque (et les outils d'étalonnage) n'étaient pas aussi performantes que celles utilisées de nos jours. On a donc des couleurs moins vives et même souvent ternes et des contrastes plus accentués, donc moins de dégradés, entre les noirs et les blancs. Mais la copie utilisée pour le transfert étant uniformément "atteinte", ce n'est pas aussi dérangeant que lorsqu'on visionne des DVD de vieux films aux couleurs et aux teintes oscillantes.
Pour l'audio, encore là on perçoit certes les limitations techniques de l'époque, mais l'utilisation massive de la musique (composée par Les Charlots eux-mêmes qui, avant de faire du cinéma, étaient un groupe pop faisant des parodies musicales) mixée en avant-plan et prédominant la prise de son direct pour beaucoup des séquences de gags, rend le tout plus charmant qu'énervant. De plus, la copie de la bande son est assez belle et bien nettoyée, de sorte qu'on a peu d'accrocs ou de manques qui auraient pu nuire au plaisir de nos oreilles! Il n'y a malheureusement pas de suppléments sur ce DVD.
| Film | 7 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |