Ce film mettant en vedette Godzilla était très attendu par le public. Non seulement le budget était un des plus gros attribué à un film, mais le réalisateur et scénariste, Shuusuke Kaneko, est un maître du genre, en plus d'être un inconditionnel du monstre éponyme. D'ailleurs, ses films les plus acclamés, la trilogie "Gamera", sont des références du genre. La sortie de "Gojira, Mosura, Kingu Gidora: Daikaijû soukougeki" au Japon a généralement été très appréciée, mais plusieurs l'ont aussi détestée. La raison de cette ambivalence est que pour cet opus, Kaneko a choisi de retourner au mythe original, sans faire référence aux autres films (mis à part la subtile référence au fiasco du Godzilla américain, mais c'est plutôt pour ridiculiser...). Le monstre a aussi été redessiné pour mieux se rapprocher de l'incarnation originale et, pour la première fois, on a donné une explication philosophique et sociale à son existence. Comme principaux antagonistes, on retrouve des monstres célèbres du studio Toho. En fait, le scénario original prévoyait d'autres monstres (Varan et Angilas), mais le studio, craignant que ces monstres ne soient pas assez "vendeurs", en a imposé des plus populaires. Le choix de ces derniers est toutefois contestable; par exemple, King Ghidorah est habituellement dépeint comme un monstre plutôt méchant. Le seul des trois qui ait résisté aux modifications du studio est Baragon. Étrangement, son nom n'est pas présent dans le titre du film...
L'histoire de "Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack" est donc, encore une fois, celle des habitants du Japon craignant le retour de Godzilla. D'ailleurs, son retour est prédit par un vieux fou, que personne ne prend au sérieux. Et, comme de fait, le monstre revient. Mais cette fois, on comprend ce qu'il représente: il est l'incarnation des âmes de tous ceux qui ont souffert aux mains des Japonais depuis le début du siècle. Le retour de Godzilla a donc pour but de s'assurer que ces injustices ne tombent pas dans l'oubli. Comme ce l'était la première fois que le monstre a attaqué le Japon, les humains sont incapables de faire quoi que ce soit pour l'arrêter. Par contre, cette fois, d'autres monstres se portent au secours du Japon (non pas le Japon en tant que pays, mais en temps que territoire). Pour commencer, c'est Baragon qui se lance à l'attaque, mais Godzilla s'en défait aisément. Suivront Mothra, puis Ghidorah, qui eux aussi ne pourront le vaincre. Il faudra donc la présence de King Ghidorah (entité formée de Mothra et Ghidorah) ainsi que la bravoure d'un amiral de l'armée pour vaincre le monstre une fois pour tout. Mais est-il vraiment mort?
Contrairement à certains autres films mettant en vedette Godzilla, celui-ci comporte une certaine philosophie mythique. On y apprend que Godzilla est en fait formé des âmes tourmentées de tous ceux qui ont souffert aux mains des Japonais, ce qui explique les constantes attaques du monstre contre le Japon (on peut aussi y voir une certaine analogie avec le nucléaire...). Les principaux opposants à Godzilla sont des monstres mythiques (présentés comme authentiques) protecteurs du Japon. Ces monstres sont d'ailleurs beaucoup plus jolis et mignons que Godzilla. Pour ce qui est des effets spéciaux, même si ce n'est nullement comparable aux productions américaines, ils sont toutefois de meilleure qualité de ce à quoi on est en droit de s'attendre. Les costumes des monstres apparaissent plus réels, et les images de synthèse sont un peu plus travaillées. Les dialogues sont aussi plus étoffés qu'à l'habitude, avec beaucoup de références subtiles et sous-entendus. En général, les acteurs humains sont aussi crédibles. Bref, malgré ce que les détracteurs peuvent avancer, "Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack" est un film de qualité.
La piste sonore est d'une bonne qualité. Que ce soit pour l'originale japonaise ou la traduction anglaise, on nous offre une piste Dolby Digital 5.1. L'ambiophonie est utilisée efficacement et avec modération. La piste sonore est donc enveloppante et bien balancée, avec quelques fois des effets dans les canaux latéraux. Le canal d'extrême-grave est lui aussi employé d'une façon tout à fait correcte; par contre, il aurait peut-être été mieux d'en mettre un peu plus lors des multiples destructions d'édifices et tremblements de terre. Les dialogues sont toujours bien positionnés, et parfaitement audibles. Les sous-titres sont cadencés et les durées d'affichage sont adéquates. Notons que la traduction américaine, comme beaucoup de films de ce genre, est de loin inférieure au standard de traduction habituel; encore une fois, on jurerait que seulement trois acteurs faisaient toutes les voix...
Du point de vue visuel, la piste vidéo est d'une très haute qualité. Le transfert est tout à fait décent, sans problèmes majeurs. Les couleurs sont vives, quoique peut-être un peu trop saturées. Au niveau de la compression, on constate quelquefois un certain blocage dans les zones plus sombres. On remarque aussi par endroits des points blancs, sans que ce soit trop problématique. Compte tenu du fait que la sortie DVD de ce film n'est pas l'événement du mois, on peut aisément dire que, toute proportion gardée, la piste est excellente.
Comme suppléments, on ne nous offre que des bandes-annonces d'autres films du même genre. Entre autres, on y retrouve celle du film de Godzilla américain. Il est dommage qu'on n'ait rien inclus de plus; une mise en contexte des autres monstres aurait été grandement appréciée. Les menus sont tous statiques, sans aucune transition animée, ni même de musique.
Bref, ce nouveau chapitre s'ajoute d'une façon originale à la longue lignée des films de Godzilla, en y apportant des éléments nouveaux. De plus, étant donné l'approche du réalisateur, il constitue un excellent film pour les néophytes, puisque Godzilla y est dépeint d'une façon qui est fidèle à l'incarnation originale.
| Film | 7 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |