In a Better World [Blu-ray]
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Susanne Bier
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 118 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Danois (DTSHDMA51), Français (DTSHDMA51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 043396387614

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
26 août 2011

Méchante production danoise qui a battu Incendies dans la catégorie du meilleur film étranger lors de la dernière cérémonie des Oscars, "Un monde meilleur" ("In a Better World" en version anglaise) a principalement remporté les grands honneurs pour récompenser la carrière de sa cinéaste Susanne Bier. Le récit, bien orchestré, mais extrêmement mélodramatique, est loin de trôner au sommet de sa filmographie.

Suite au décès de son épouse, Claus (Ulrich Thomsen) a déménagé ses pénates au Danemark où son fils Christian (William Johnk Juels Nielsen) a beaucoup de difficulté à s'acclimater. Il se lie toutefois d'amitié avec Elias (Markus Rygaard), le souffre-douleur de l'école. L'adolescent décide de défendre l'honneur du père de son nouveau camarade, Anton (Mikael Persbrandt), qui a tendance à tourner la joue droite lorsqu'il se fait gifler sur la gauche.

Depuis au moins une décennie, la réalisatrice Susanne Bier construit tous ses films de la même façon. Deux histoires qui se croisent laissent des marques indélébiles qui ébranleront à jamais la dynamique familiale. Après ses récits sur l'amour (Open Hearts,Frères) et sur le deuil (Après la noce, Things We Lost in Fire), la voici poursuivre dans la foulée en explorant la colère et le pardon.

Aux premiers abords, "Un monde meilleur" semble être l'oeuvre de la pleine maturité. Le Dogme 95 étant abandonné depuis belle lurette, la metteure en scène se plaît à soigner son esthétisme graphique. Jamais sa photographie aura été aussi impressionnante. Sa direction d'acteurs est également impeccable. Les comédiens semblent prendre un malin plaisir à se poignarder de mots incendiaires. C'est celui qui aura le venin le plus incisif qui remportera la partie. Une démonstration qui peut donner froid dans le dos (William Johnk Juels Nielsen est particulièrement inquiétant), et dont le jeu sensible et intériorisé de la distribution passe beaucoup par les visages et les non-dits.

Dommage que cette subtilité ne se retrouve pas toujours dans le scénario. Les dialogues parfois moralisateurs ne font pas bon ménage avec la musique larmoyante et appuyée. Comme dans le Biutiful d'Inarritu, Bier est consciente qu'elle navigue dans les eaux du mélodrame. Elle se sent pourtant obligée de forcer la dose et de souligner les situations, rappelant comment la violence finit par tout détruire sur son passage. Sa façon de jouer avec les comparaisons et les symboles procure des lourdeurs supplémentaires que le récit aurait pu se passer. Dès l'introduction qui semble plagiée sur celle d'Après la noce, les parallèles entre l'Afrique pauvre, mais noble et le Danemark riche, mais aveugle se tissent, rappelant que la souffrance n'épargne personne. Un procédé qui, arrivé à l'étape de la conclusion, multiplie les ralentis sur ces "bienfaits de l'enfance", de cette période où l'éducation des enfants et la présence des parents seront primordiales afin d'éviter des troubles futurs.

Le soin apporté à l'image est vertigineux. Les couleurs sont splendides, tout comme les teintes extrêmement détaillées et les contrastes qui sont une véritable référence en la matière. Hormis les quelques traces de blocage, cette édition frôle la perfection. Les pistes sonores sont également de bonne facture. Les voix sont claires et les enceintes grouillent sous les bourrasques de vent, les explosions et les cris d'enfants. Bien qu'il existe un doublage francophone, la version originale danoise est bien évidemment supérieure. À condition d'insérer de potables sous-titres blancs en anglais ou en français qui peuvent parfois se perdre à l'écran.

Le boîtier contient un disque Blu-ray et un disque DVD. Une excellente idée en cas d'accident. La pochette ne convainc pas totalement. Elle montre tout simplement le visage de quatre personnages. Le menu principal est beaucoup plus éloquent, faisant défiler un harmonieux montage de scènes sur une mélodie envoûtante. Les suppléments, généralement très intéressants, comportent des bandes-annonces, des séquences retranchées qui permettent d'encore mieux cerner les motivations des individus, une entrevue de la cinéaste sur les thèmes en place, une piste de commentaires de Susanne Bier et de la monteuse Pernille Bech Christensen qui repassent en revue les différents aspects politiques, sociaux et humains de la production, analysant ce qui se retrouve derrière les images. Un onglet BD-Live vient compléter le tout.

Après la noce et même Open Hearts sont possiblement des films plus aboutis, car beaucoup moins manipulateurs dans leur quête d'émotions à tout prix. "Un monde meilleur" possédait déjà toutes ces qualités : celles de faire pleurer et de faire réfléchir tout à la fois. Le dosage n'est peut-être pas au point, mais le long-métrage mérite tout de même le détour.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments7
Vidéo9
Audio7