Après Leila et The Cow, First Run Features continue de nous présenter les meilleurs films de Dariush Mehrjui, en nous en proposant un de ses plus populaires: "Hamoun". Le réalisateur est certainement le plus influent d'Iran; un de ses tout premiers films, The Cow, a d'ailleurs remporté le prix de la critique iranienne à trois reprises. Ce même honneur a aussi été décerné à "Hamoun". Le film, très controversé à sa sortie en 1990, est généralement considéré comme le meilleur film par le peuple iranien. Ce qui en fait le charme est certainement qu'il a la particularité d'être une comédie, ce qui n'est pas ce à quoi on s'attend d'un film iranien. Il est aussi à noter que le film, souvent comparé au 8 ½ de Fellini, est fortement autobiographique.
Le film nous présente vingt-quatre heures dans la vie d'un intellectuel iranien en grande période de remises en question. Son mariage va très mal, au point où sa femme veut le quitter; mais, lui, refuse de lui accorder le divorce puisqu'il pense en être encore follement amoureux. De plus, sa thèse de doctorat piétine; son sujet est d'ailleurs d'actualité: l'amour au travers la religion. Le problème n'est pas la thèse elle-même, mais bien la conclusion qu'il n'arrive pas à établir. C'est donc au travers rêves et "flashbacks" qu'on nous présente la vie tourmentée de Hamid Hamoun.
Comme le souligne Godfrey Cheshire dans son introduction, "Hamoun" ne ressemble pas uniquement aux films de Fellini. En plus de son côté autobiographique, le film comporte plusieurs ressemblances avec les films de Woody Allen; le personnage principal est un écrivain, il vit des difficultés matrimoniales, il est au milieu de la quarantaine, il est névrosé, consulte un psychiatre, etc. Même une critique de la religion y est présente! Bref, contrairement aux films précédents de Mehrjui, ce film s'attarde bien plus aux dialogues qu'à l'histoire, et le résultat n'en est pas moins intéressant.
Malgré le fait que "Hamoun" soit plus récent d'une vingtaine d'années que The Cow, il comporte les mêmes problèmes du côté visuel: on note une quantité impressionnante de débris sur le matériel utilisé pour le transfert. Parfois, les taches et égratignures sont telles que le visionnement en devient fortement désagréable. Aussi, l'image tremble et saute lors de certaines coupures (problème lors du montage?). Au niveau de la compression, on ne note pas de réels problèmes, à part le manque de profondeur des noirs. Bref, un minimum de restauration aurait été nécessaire.
Pour ce qui est du volet sonore, la piste mono est somme toute satisfaisante. On note une bonne amplitude en fréquence, mais très peu en intensité. Certains dialogues sont d'ailleurs un peu étouffés par la musique. Comme pour The Cow, les sous-titres sont brûlés dans l'image, ce qui peut aliéner ceux qui comprennent le farsi. Il est encore dommage que le blanc ait été choisi comme couleur; ils sont parfois difficiles à lire, étant donné qu'il semble qu'en Iran, les murs et les habits sont très souvent blancs. Le problème est d'autant plus majeur que ce sont les dialogues qui sont l'intérêt du film.
Comme supplément, on retrouve pour commencer une introduction au film faite par Godfrey Cheshire, qui replace le film en contexte. On nous offre ensuite la possibilité de visionner des photos du film, de lire une courte biographie du réalisateur et de visionner les bandes-annonces d'autres films iraniens distribués par FRF. Les menus du DVD sont fixes, avec des photos en arrière-plan. Le menu principal est aussi flanqué d'un extrait de la musique du film.
First Run Features nous donne encore une fois accès à des films qui seraient difficiles de se procurer autrement. Par contre, puisque le film est en piètre état et que les sous-titres sont souvent indéchiffrables, ce DVD est moins attrayant. Aussi, des suppléments plus en profondeur auraient grandement été appréciés, d'autant plus que "Hamoun" est relativement récent.
| Film | 8 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 3 |
| Audio | 6 |