Richard Lowenstein est un obscur réalisateur australien qui a beaucoup travaillé dans le monde du vidéoclip, en l'occurrence pour des groupes tels U2 et INXS. D'ailleurs, il était l'ami intime de Michael Hutchence, leader et chanteur du groupe INXS qui se suicida en 1997. En 2001, le cinéaste réalisa son premier long métrage en huit ans, œuvre intellectuelle et marginale intitulée "He Died With a Felafel in His Hand", film qu'il dédia à son grand ami disparu.
Danny (Noah Taylor) est un écrivain dans la vingtaine qui vit en maison partagée avec quelques désadaptés sociaux et autres phénomènes étranges du panorama australien qui lui sont très cher. Le film débute alors que Danny, toujours en réflexion sur le sens de la vie et de l'amour habite la résidence de la 47e rue à Brisbane avec Sam (Emily Hamilton), sa meilleure amie qui se cherche autant que lui. Lorsqu'une nouvelle locataire cultivant des rites païens (Romane Bohringer) se pointera, une étrange cérémonie impliquant des skinheads et des gothiques entraînera la maison dans un chaos sans retour. Ensuite, nous retrouvons Danny à Melbourne, puis à Sydney, toujours à la recherche de l'amour et du bonheur alors que d'étranges détectives sont à sa recherche. C'est dans la mort d'un ami cher que Danny donnera un sens à sa vie.
S'inspirant du roman de John Birmingham du même nom, Richard Lowenstein n'y a pigé que certains personnages, quelques mises en situation et les lieux géographiques. Il y a ajouté un personnage central (Danny) pour tout faire tenir ça en place et il a décidé de faire un film qui ne se base pas sur une trame narrative conventionnelle, choisissant plutôt de faire avancer son film par les évènements. Nous avons droit à une réflexion de premier plan sur les thèmes de la vie et de la mort avec tout ce qu'il y a entre les deux. Si certaines réflexions sont amusantes, d'autres sont très arides et font référence à plusieurs auteurs. Une chance que l'absurdité de certaines scènes allège le propos et qu'une trame musicale d'enfer mettant en vedette Nick Cave, Moby, The Stranglers et j'en passe vient aussi égayer quelques moments.
Le rendu visuel que nous propose Mongrel Média est des plus convenables. Les couleurs sont naturelles et le contraste est excellent. Quelques artefacts de digitalisation ont été décelés sous forme de renforcement de contours, mais le tout est vraiment léger. La trame sonore est strictement une affaire d'enceintes avant, mais étant donné le caractère verbeux du film, le tout demeure acceptable. Les dialogues sont audibles, mais l'absence totale de sous titres rend l'écoute de ce film exigeante surtout quand nous ne sommes pas habitués à l'accent australien. À souligner la présence d'une trame musicale endiablée et savoureuse qui s'ouvre et se termine par "Golden Brown" du groupe "The Stranglers", personnellement une des meilleures chansons faites dans les années 1980.
Quelques suppléments ornent cette édition DVD. Une trame de commentaires animée par Richard Lowenstein et par le directeur de la photographie Andrew De Groot se veut académique et peu entraînante. On y parle des endroits de tournage, du fait que le tournage a dû se faire en deux temps, car le comédien Noah Taylor tournait le film Almost Famous, le choix du casting et de l'approche artistique préconisée par le cinéaste. De brèves biographies écrites du cinéaste ainsi que des comédiens Noah Taylor, Romane Bohringer et Emily Hamilton sont également à l'index. L'amusant court métrage "Time Out", récipiendaire de quelques prix, met en vedette deux adultes personnifiant deux enfants dans une garderie. C'est le genre de suppléments qui devrait se retrouver plus souvent sur nos éditions DVD. La bande-annonce du film ainsi que celle du film "Ali Zaoua" complètent le tout.
"He Died With a Felafel in His Hand" est une expérience de cinéma unique. Intellectuelle, dadaïste et humoristique, cette réflexion sur la vie, la mort, l'amour et la société nous entraîne dans une douce folie dont j'invite les amateurs de films d'auteur à croquer, ne serait-ce qu'une fois. Il est juste dommage que Mongrel Média n'ait pas pensé à ajouter une piste de sous-titres à cette édition DVD, ce qui aurait grandement augmenté mon plaisir et ma compréhension de certaines scènes.
| Film | 7 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |