Le hérison
Alliance Vivafilm / Pathé!

Réalisateur: Mona Achache
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 100 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935838647

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er août 2010

Adaptation consciencieuse, mais sans éclat du populaire livre L'élégance du hérisson de Muriel Barbery, "Le hérisson" mélange avec savoir-faire de beaux personnages, de bons comédiens et des thèmes universels. Il n'y manque peut-être qu'un éclat de folie.

Paloma (Garance Le Guillermic) a 11 ans et elle en a marre de son existence. Cynique et suicidaire, elle filme le quotidien morne de sa famille, et celui beaucoup plus relevé de ses voisins: la concierge Madame Michel (Josianne Balasko) qui semble cacher plusieurs choses, et le nouveau propriétaire Monsieur Ozu (Togo Igawa) qui n'est pas insensible à ses charmes.

Malgré son ton sérieux et désespéré, ce film s'avère plutôt une comédie douce-amère sur l'absurdité de la vie et la fatalité de la mort. L'héroïne se pose une multitude de questions et elle découvre les possibilités riches, infinies et tragiques du destin. Même si l'ouvrage se déroule sous les yeux de l'adolescente, ce n'est pas son personnage qui est le plus intéressant. Au contraire, Garance Le Guillermic assure peut-être avec beaucoup de naturel, sauf que sa Paloma semble trop clairvoyante pour le commun des mortels. C'est plutôt la relation entre la concierge et le milliardaire japonais qui mérite le détour. Josianne Balasko est touchante dans un rôle nettement plus sérieux qu'à l'accoutumée, alors que Togo Igawa fait preuve de classe, de tact et de sensibilité.

Bien que Mona Achache en soit à son premier long-métrage, cela ne paraît guère. Son assurance est certaine, elle n'hésite pas à matérialiser un désir en dessins et sa mise scène classique demeure tout de même très solide. Il ne faut toutefois pas s'attendre à une recréation parfaitement fidèle du roman. Il était sans doute impossible de tout transposer identiquement tant les idées de l'écrivaine (qui a participé au scénario) sont plus propices à la littérature qu'au septième art. En revanche, le récit tient parfaitement la route, et ce, même si le rythme aurait pu être resserré, et que cela prend un peu de temps avant de s'attacher aux personnages.

La jolie musique de Gabriel Yared utilise le piano et les cordes pour titiller l'émotion. Le tout se fait subtilement, sauf peut-être lors de la fin qui est plus relâchée. La piste sonore francophone en Dolby Digital 5.1 n'utilise guère les enceintes situées sur les côtés (pour y faire ressortir des bruits d'instruments, de vent et d'éclairs). Elle préfère se concentrer à l'avant afin de rendre distincts les dialogues. De très potables sous-titres en anglais et en français sont disponibles. Les images débutent en décevant (les contrastes sont trop sombres, les couleurs manquent d'éclat et le blocage n'est pas rare) avant de surprendre par la suite. En effet, la qualité des détails se relève peu à peu, tout comme le soin apporté aux teintes et à la définition des contours.

La pochette animée montre les deux héroïnes, un matou qui semble si confortable et une multitude de livres. Le menu principal reprend ce concept. Le tout est statique, mais une mélodie rythmée se fait entendre. Quelques bonus viennent enrichir l'effort. Le documentaire sur le tournage est un parfait complément à l'ouvrage. La jeune Garance Le Guillermic décrit son expérience en ne lésinant pas les anecdotes, présentant quelques entrevues, dont une qui cherche à entrer dans la tête de la cinéaste. Il y a ensuite plusieurs scènes inédites qui présentent quelques détails supplémentaires et des personnages périphériques qui ont, pour la plupart, été réduits au strict minimum lors du montage final. Le tout se termine sur une agréable galerie de photos de l'équipe, des décors en construction et des dessins des différentes esquisses utilisées.

En abordant une multitude de sujets universels (la vie, la mort, la famille, la curiosité intellectuelle, le délicat mélange des classes sociales, etc.), "Le hérisson" s'adresse à toute la famille sans faire trop de morale. Il y a suffisamment de profondeur pour rester accroché jusqu'à la fin, le plus difficile sera de s'investir au sein d'une entreprise dont les êtres sont, au demeurant, pas toujours sympathiques. Après une demi-heure plus rien n'y paraît.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments6
Vidéo6
Audio6