Le héros de la famille
Métropole Films Distribution / Mongrel Media

Réalisateur: Thierry Klifa
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 103 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
29 décembre 2008

De grandes stars françaises très glamours cherchent à sauver un film de son scénario faible et parfois même futile. Malgré ses bonnes intentions, "Le héros de la famille" peine à trouver son rythme de croisière et à transcender ses nombreux clichés.

Les familles sont souvent dysfonctionnelles et les pépins deviennent apparents lors des enterrements. C'est un peu ce qui arrive après un suicide. Une ancienne star (Gérard Lanvin) qui travaille maintenant dans un cabaret doit composer avec le retour soudain dans le portrait de ses deux enfants (Michaël Cohen, Géraldine Paihas), les femmes de sa vie (Catherine Deneuve, Miou Miou) et l'héritage du défunt (Claude Brasseur). Dans ces sphères explosives où les engueulades pointent leur nez à chaque tournant gravitent également une chanteuse populaire (Emmanuelle Béart) et une fidèle collègue acharnée (Valérie Lemercier).

"Le héros de la famille" n'est pas réellement une œuvre chorale. Il s'agit plutôt d'une pâle copie de Un air de famille ou de Ceux qui m'aiment prendront le train. Un récit superficiel pas dénué d'intérêt qui préfère toutefois s'attarder à l'extravagant qu'à l'essentiel. Ainsi, il y a une belle brochette de comédiens savoureux qui jouent presque leur propre rôle, attendant tout le long-métrage que leur personnage prenne de la profondeur. En vain, car il n'y a rien pour nouer leurs relations, cimenter leur psychologie plus que limitée.

Au contraire, le réalisateur Thierry Klifa reprend les éléments de son précédent Une vie à t'attendre sans réellement changer la recette. Des désillusions sentimentales, le spleen de jours meilleurs, le dialogue avec l'outre-tombe : des éléments parfois hilarants (la blague sur le lapin par exemple) qui basculent trop souvent dans la légèreté, la facilité et le kitch pleinement assumé. De quoi passer le temps sans trop réfléchir... à condition d'accepter que la recette sente le réchauffé. Avec une distribution aussi étincelante (des acteurs et des actrices qui sont habitués à jouer ensemble) et de nombreux clins d'œil, le résultat se devait d'être plus convaincant que cette tiède escapade en famille.

La musique remonte toutefois un peu le moral. Il y a plusieurs pièces populaires chantées par des femmes en or (la palme revient à la lumineuse Emmanuelle Béart et ses six tubes imparables) et des airs plus descriptifs pour lier quelques séquences entre elles. La piste sonore francophone est honnête avec son utilisation de vent, de vagues et d'applaudissements, alors que les voix s'entendent parfaitement. Il n'y a également aucun problème du côté des sous-titres anglophones blancs qui se lisent aisément.

Une façon de rendre palpable cet univers glamour est de dorer les atmosphères et d'utiliser le maximum de reflets. Une mission accomplie avec brio. Les couleurs sont généralement vives et la définition des contours est sans tache. Les contrastes demeurent intéressants, quoiqu'ils soient loin d'être parfaits. Et il y a ce blocage qui réapparaît périodiquement sur des barreaux ou des vêtements.

La pochette ne casse rien. Une pléiade de noms et de visages connus apparaissent sur un fond noir étoilé. Le menu principal du DVD reprend cette thématique sans y apporter le moindre mouvement ni la seule mélodie. Entre accéder au film, sélectionner un chapitre et insérer des sous-titres, la navigation est brève et limitée. Il n'y a même pas de suppléments ou la moindre piste de commentaires pour donner une nouvelle profondeur au récit.

"Le héros de la famille" est tiraillé entre la méchanceté du verbe façon Klapisch, la mélancolie d'un Chéreau et la chronique désuète d'un Lelouch. Sauf que le film provient de Thierry Klifa, un cinéaste à la réalisation souvent anonyme qui se fonde sur ses comédiens pour faire avaler la pilule. Il faut pourtant plus qu'une distribution quatre étoiles pour intéresser pleinement. Le meilleur ami du metteur en scène n'est-il pas le scénario?


Cotes

Film5
Présentation2
Suppléments-
Vidéo7
Audio7