Le réalisateur français Pierre Granier-Deferre ne passera sûrement pas à l'histoire comme un des grands réalisateurs du septième art. Plutôt bon artisan que grand artiste, son palmarès est somme toute assez correct avec toutefois quelques remous intéressants. Jouant souvent dans le genre du polar, il préférait de loin se mêler des émotions de ses criminels et de ses inspecteurs que de développer l'histoire à proprement dit. Ce qui fait que ses films sont autant des drames psychologiques que des policiers à proprement dit.
Autre caractéristique qu'on retrouve souvent dans son œuvre, un rythme narratif lent et une ambiance étrange. Comme si le temps s'était arrêté le temps de raconter l'histoire et que les personnages pouvaient manoeuvrer à leur rythme, se cherchant des poux à loisir, sans se soucier de la réalité extérieure à leur intrigue. C'est parfois efficace, comme dans l'excellent "Le chat" avec Simone Signoret et Jean Gabin, mais c'est souvent inefficace (ou du moins trop artificiel et agaçant) comme c'est ici le cas avec "L'homme aux yeux d'argent".
Tourné en 1986 et mettant en vedette Alain Souchon, Jean-Louis Trintignant et Lambert Wilson, ce polar raconte l'histoire d'un voleur de banque (Souchon) qui revient dans son village natal après quinze ans passés en prison suite à un braquage ayant mal tourné. Comme le paysage a changé suite à de nouveaux développements résidentiels, et que la ferme de ses parents a disparue, il peine à retrouver le magot qu ‘il y avait enterré avant de se faire prendre. Tout pourrait s'arranger grâce à l'aide de la bibliothécaire paumée, sauf que deux policiers - l'inspecteur Mayenne (Trintignant) et son stagiaire (Wilson) - ont suivi l'ex-détenu pour se venger de la mort de l'un des leurs lors du vol de banque. Le terrain est tracé pour le duel...
Au niveau de la qualité vidéo,le film étant assez vieux, on se retrouve avec quelques petits problèmes techniques qui auraient pu être réglés avec un peu de travail de nettoyage. Des couleurs parfois délavées, quelques rayures et une image somme toute terne n'aident en rien ce scénario ordinaire. La bande son aurait aussi eue besoin de modernisation pour ramener les niveaux dialogues-bruits à de meilleures proportions et aussi mieux balancer les aiguës et les basses. Il n'y a aucun supplément sur ce DVD.
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |