Immortel (ad vitam)
RemStar / Alliance Atlantis

Réalisateur: Enki Bilal
Année: 2004
Classification: 14A
Durée: 103 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Albert
26 juillet 2005

Basé sur le roman graphique d'Enki Bilal La trilogie Nikopol (La Foire aux immortels, La Femme piège et Froid équateur), "Immortel Ad Vitam" nous amène en 2095 dans un New York (contrairement à Paris dans le livre) très différent de ce qu'il est aujourd'hui. Tout est gris, les voitures volent et les édifices sont de plus en plus hauts et étranges (même l'un d'entre eux ressemble à un chat tombé sur le dos). Dans le décor, il y a aussi Eugenics, une firme médicale sans scrupule qui se spécialise (et monopole) dans la transplantation d'organes clonés et synthétiques. Cette firme a une plus grande influence sur la société que le gouvernement lui-même. Un matin, une étrange pyramide apparaît dans le ciel et les policiers stupéfaits ne peuvent rien y faire. Ce que les humains ne savent pas, c'est qu'à l'intérieur les dieux de l'ancienne Égypte ont condamné à mort Horus, dieu du ciel, et lui donnent sept jours pour visiter la Terre pour une dernière fois.

Horus a ses yeux sur une femme aux cheveux bleus, Jill Bioskop (Linda Hardy), qu'il veut enfanter pour conserver son immortalité. Pour ce faire, il doit prendre le corps d'un humain compatible, mais les humains de 2095, avec leurs modifications génétiques et leurs composants artificiels sont loin de lui offrir un vaisseau de qualité. Voilà qu'entre en jeu Alcide Nikopol (Thomas Kretschmann), un prisonnier politique en cryoconservation depuis trente ans parce qu'il en savait un peu trop sur l'apartheid new-yorkais. Pour sa part, Jill n'est pas très humaine et a des pouvoirs spéciaux, mais ne sait très bien d'où elle vient. Selon le docteur Elma Turner (Charlotte Rampling), qui travaille pour Eugenics, les étranges pilules qu'elle consomme en grande quantité lui font oublier son passé et réorganise ses organes internes pour ressembler de plus en plus aux humains. Tout cela est relié à quelque chose de plus grand. Pendant ce temps, un tueur en série non humain se promène dans les rues de New York au désespoir de la police et des politiciens.

"Immortel" est un des premiers films, avec Sky Captain and the World of Tomorrow (de Kerry Conran), Sin City (de Robert Rodriguez) et Casshern (de Kazuaki Kiriya), à être tourné complètement devant écran bleu et vert, où les décors ont été ajoutés à la post production, une technique utilisée dans les jeux vidéo et les séries télévisées depuis bien des années. On ignore cependant qui est vraiment le premier à l'avoir fait. Comme tous films de ce genre que j'ai vus jusqu'à maintenant, les acteurs ne semblent pas trop savoir quoi faire et ne sont pas aussi bons qu'à leur habitude. De plus, l'ajout de personnages numériques (certains complètement numériques et d'autre qui semblent être de vrais acteurs repeints numériquement) n'aide pas au jeu des vrais acteurs. Les décors numériques sont tout à fait parfaits, mais ce sont les personnages numériques qui déçoivent beaucoup. Nous avons l'impression qu'ils sortent d'un vieux jeu vidéo (nous sommes loin du film Final Fantasy). Enki Bilal réalise son propre roman graphique sur grand écran, alors sa vision est vraiment ce que nous voyons. Certaines scènes, dont la première rencontre entre Horus et Nikopol, sont absolument identiques à ce que nous pouvons lire dans sa version dessinée. L'utilisation justement de personnages numériques permet d'avoir le look des personnages du roman graphique. La musique de Ralph Rainger et Goran Vejvoda reste dans notre tête bien longtemps après le visionnement tant elle est mystérieuse et surréelle.

La version RemStar / Alliance Atlantis du film contient la piste sonore originale en langue anglaise (de plus en plus courant pour des films français) qui sonne toutefois doublée à bien des occasions, ainsi qu'une piste sonore doublée en français. Nous avons droit à une piste très ambiophonique (je ne parle pas seulement de la musique, mais de beaucoup de petits effets sonores ici et là pour donner une très bonne ambiance) avec une utilisation d'appoint, sans exagération, du haut-parleur d'extrême grave. Sur une installation avec seulement deux haut-parleurs, les pistes sonores sonnent plutôt cacanne. L'image du film lui-même est de qualité assez bien. Les couleurs sont bien définies à travers tout l'univers gris sale du film. Le seul problème visible, c'est que l'horizon des scènes numériques est très profond et vient rencontrer la limite de résolution du format DVD, causant un lissage des détails dans le fond des scènes. Aussi, la compression MPEG accentue dans certaines scènes le contour des personnages faisant paraître énormément que nous sommes en situation de tournage sur écran vert. Le choix des menus complètement en anglais ou français nous est offert à l'insertion du disque, après les logos des compagnies, ce qui est encore une rareté de nos jours.

Il y a des gens qui vont être bien contents de savoir que les suppléments sur ce DVD sont tous et uniquement en français. Cependant, il y a un bémol quant au langage utilisé, les Français aimant beaucoup utiliser des anglicismes et des abréviations. Il y a d'abord un documentaire sur la production où l'on parle de l'équipe mise en place, les scénarimages de Bilal, le "modeling" des véhicules, des décors et des personnages, le "shooting 35" (le tournage des personnages réels) avec des scènes avant et après, l'animation, la rotoscopie (la peinture animée sur personnages réels - je le savais!), le "lighting", le "composting" et plein d'autres items avec noms anglicisés. Il y a ensuite un autre documentaire se concentrant plus particulièrement sur les effets visuels, mais répétant en détail ce qui a été dit et vu dans la premier documentaire.

Bien qu'il ne soit pas le film du siècle, "Immortel Ad Vitam" est une belle expérience en animation, car il ne faut pas se le cacher que c'est bien plus un film d'animation avec quelques personnages réels intégrés que le contraire. J'ai été attiré à ce film par sa ressemblance à première vue avec The Fifth Element, mais on est loin de cela alors que l'action se résume à une chasse en voiture et que le déroulement du reste du film est plutôt très lent.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments6
Vidéo7
Audio8