Les forces de l'ordre en ont plein le dos dans "Les insoumis", un polar gonflé d'adrénaline qui captive autant pour son sujet explosif que pour ses interprètes convaincus et ses hommages sincères au cinéma d'antan.
Une région du sud de la France baigne dans la violence. Un groupe criminel fait la loi et personne ne semble être capable de l'arrêter. Les policiers sont désillusionnés et il y a même des rumeurs que le poste central sera carrément aboli! C'est là que débarque Drieu (Richard Berry), un flic au passé trouble qui devient la bougie d'allumage de ses collègues.
Le scénario est loin d'être la qualité première de "Les insoumis". La trame narrative, classique et peu originale, ressasse les éternels thèmes policiers, se positionnant néanmoins avantageusement quelque part entre l'excellent Le petit lieutenant et le banal Un roman policier. C'est plutôt le traitement qui surprend. Après plusieurs récits musclés pour la télévision, Claude Michel Rome débarque en mettant le feu aux poudres. Il débute avec beaucoup d'action, continuant dans le suspense qui tient en haleine tout en prenant soin de soigner ses personnages. Et il termine le tout avec un incroyable affrontement digne de Rio Bravo et du Assault on Precinct 13 original!
La subtilité n'est pas toujours de mise, quelques scènes explosives semblent de trop et les invraisemblances sont de la partie. Pourtant, ce western moderne ne tarde pas à intéresser. La distribution étincelante est sans doute responsable de cette réussite qui plaira instantanément aux amateurs du genre. Richard Berry laisse parler son visage expressif et son jeu physique sied parfaitement à son personnage. Même constat pour Pascal Elbé et Gérald Laroche qui campent avec humour et énergie de délicieux seconds rôles. En patronne enceinte jusqu'aux yeux, Zabou Breitman s'acquitte convenablement de la tâche, sans toutefois autant étonner que dans des rôles plus dramatiques.
La musique lourde, lente et mélodique est parsemée de pièces plus dansantes. La piste sonore francophone, particulièrement efficace dans son utilisation des différentes enceintes, s'en donne à cœur joie au niveau des balles de fusils et de revolvers. Les dialogues demeurent clairs et les sous-titres anglophones blancs compréhensibles malgré la petitesse de l'écriture. Les images prometteuses ne se laissent pas démoraliser par ce blocage et ce grain intempestifs. Les couleurs peu éclatantes finissent par étonner grâce à d'élégants éclairages, et les contrastes surprennent lors de moments délicats. Même si cela ne semble pas toujours le cas, la qualité est au rendez-vous.
La très belle pochette en noir, blanc et rouge présente une ville parsemée de nuages qui donnent des ombres austères à cinq membres des services policiers. Le menu principal du DVD reprend cette photographie malheureusement statique en y arborant une mélodie active. De quoi vouloir accéder immédiatement au projet, car aucun supplément n'est disponible sur cette édition.
"Les insoumis" ne sera jamais un candidat aux Césars. Tant mieux, il a d'autres aspirations. Au lieu de plagier mécaniquement les grosses fantaisies hollywoodiennes comme le fait depuis si longtemps Luc Besson à titre de producteur, le récit préfère payer des hommages à des classiques du genre. Bonne idée! Surtout qu'en terme de films d'action français, il s'en fait rarement de si efficaces.
| Film | 6 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |